Les civils sont les premières victimes de la prolifération des armes légères [en]

Madame la Présidente,

Je souhaite ici remercier la mission lituanienne d’avoir préparé ce projet de résolution sur le trafic illicite et l’accumulation déstabilisatrice d’armes légères et de petit calibre et saluer vos efforts inlassables et ceux de vos collaborateurs pour aboutir à un texte à la fois ambitieux et pragmatique.

Nous nous félicitons que ce texte ait été adopté, et ce avec le coparrainage de plus de cinquante Etats membres, ce qui démontre le soutien de la communauté internationale à cette cause essentielle.

La France a voté en faveur de cette résolution pour plusieurs raisons :
Cette résolution poursuit une réflexion importante engagée il y a deux ans par l’Australie au Conseil de sécurité sur la menace posée par le trafic et la dissémination d’armes légères. Pour la première fois, nous avions engagé une réflexion sur ce fléau au Conseil de sécurité de manière transversale, qui a abouti à l’adoption de la résolution 2117, texte de référence en la matière depuis lors.

Cette nouvelle résolution place les civils et leur protection au cœur de ses dispositions. Car ce sont bien les populations civiles, et en particulier les femmes et les enfants, qui sont les premières victimes de la prolifération de ces armes. Responsables de près d’un demi-million de morts par an, ces armes demeurent – et de loin –les plus meurtrières au monde.

Cette résolution met également en avant le rôle des Nations Unies dans la mise en œuvre du traité sur le commerce des armes. Ce traité, qui marque une avancée historique, participera à renforcer la paix et la sécurité internationales. L’action de l’ONU ne pouvait rester en retrait.

Cette résolution s’attaque également aux flux d’armes légères bénéficiant aux groupes armés, aux réseaux criminels et aux groupes terroristes, qui tirent ainsi profit de l’absence de régulation pour poursuivre leurs activités barbares et déstabilisatrices partout dans le monde, et en particulier en Afrique.

Enfin cette résolution prévoit d’intégrer la lutte contre les trafics illicites d’armes légères dans tous les volets de l’action onusienne : il fallait en effet mobiliser non seulement les Comités de sanctions et les groupes d’experts chargés de la surveillance des embargos, mais également – lorsque cela est nécessaire et pertinent les opérations de maintien de la paix et les missions politiques spéciales.

L’architecture de la lutte contre le terrorisme de l’ONU a, bien entendu, également un rôle à jouer. Nous espérons que la problématique des trafics d’armes légères sera systématiquement prise en compte dans les analyses de la Direction exécutive de lutte contre le terrorisme et de l’Equipe de surveillance du Comité de lutte contre Al-Qaïda.

Au cours des négociations, vous avez, Madame la présidente, pris le temps d’entendre les vues de tous les membres du Conseil. Je souhaite à nouveau vous rendre hommage, ainsi qu’à votre équipe, pour tous vos efforts.

Nous aurions bien sûr préféré que le texte soit plus ambitieux sur certains aspects, comme sur la protection des civils, ou encore sur la prise en compte des acquis du traité sur le commerce des armes. Une résolution, toutefois, est nécessairement le fruit d’un compromis. Et cette résolution constitue in fine un texte exigeant, qui fera – nous en sommes persuadés - progresser l’action de notre organisation pour lutter contre le fléau meurtrier du trafic illicite d’armes légères.

Je vous remercie.

Dernière modification : 20/06/2016

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