Impératif absolu : lutter contre les abus sexuels en OMP [en]

OMP - Abus sexuels - Explication de vote prononcée par M. François Delattre, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies Conseil de sécurité - 11 Mars 2016

Monsieur le Président,

La France salue l’adoption de la résolution 2272 préparée par la Mission des Etats-Unis, qui renforce la lutte contre les abus sexuels dans les opérations de maintien de la paix.

Nous considérons, en effet, que la lutte contre les abus sexuels est un impératif absolu, moral et politique, qui mérite l’engagement résolu du Conseil, en complément et en articulation avec le travail que mène l’Assemblée générale sur ces questions. Il en va en effet de nos valeurs les plus fondamentales, mais aussi de l’efficacité et de la réputation des personnels au sein des opérations de maintien de la paix.

Les abus sexuels ne peuvent et ne doivent plus être traités comme un simple problème de discipline ou de conduite, et dans une logique administrative. Les Nations unies se devaient d’apporter aux allégations ou aux faits une réponse politique et opérationnelle, avec des directives claires pour les commandants et le personnel déployés sur le terrain. Il s’agit bien de renforcer la lutte contre les abus sexuels au sein des opérations de maintien de la paix, mais aussi des forces qui, sans être sous le commandement des Nations unies, contribuent à ces opérations.

Car malheureusement, aujourd’hui, les opérations de maintien de la paix représentent 70% des allégations d’abus sexuels au sein du système des Nations unies. Au moment où le Secrétaire général mène une action déterminée, l’appui de ce Conseil est donc indispensable.

Rappelons-le encore une fois : les abus sexuels sont inadmissibles indépendamment de l’auteur et de l’origine de ses actes : militaires, policiers, personnel civil, onusiens ou non-onusiens, la couleur du casque ou de l’uniforme importe peu aux victimes. Cette résolution permet justement d’adresser un message clair à tous les acteurs : casques bleus, policiers, personnel civil et forces internationales, nous devons faire le maximum de ce qui est possible pour mettre en œuvre dans les faits l’objectif de tolérance zéro qui doit être plus que jamais notre boussole et notre obligation partagée.

La France, qui contribue, pour sa part, aux opérations de maintien de la paix, a toujours, au cours du processus de négociation, soutenu cette approche large, qui adresse un message exigeant à tous les acteurs. Ce faisant, il n’est pas question d’infliger un blâme collectif aux soldats qui portent courageusement les idéaux de notre organisation. Ce n’est pas là, et cela ne sera pas, notre état d’esprit.

Cette question est trop importante pour que la mobilisation ne soit pas générale, les bonnes volontés rassemblées, et que chacun se sente écouté. C’est pourquoi un dialogue approfondi et inclusif avec les pays contributeurs de troupes est si important, au nom même de l’efficacité, pour aboutir au résultat que nous souhaitons tous. Il est essentiel en effet que chacun s’approprie l’objectif de tolérance zéro que j’évoquais. Nous avons le devoir de nous montrer à la hauteur, et c’est notre action collective qui apportera en définitive la meilleure réponse à l’appel du Secrétaire général, et surtout, bien sûr, aux victimes.

Soyez-en assurés, la détermination de la France est totale, tant à titre national que dans le cadre des Nations unies. La France ne ménagera donc aucun effort pour appuyer les efforts du Secrétaire général visant à renforcer notre politique de tolérance zéro face aux abus sexuels. Je souhaiterais conclure en rendant à nouveau un hommage appuyé à tous les soldats engagés en faveur du maintien de la paix, et à leur inestimable contribution.

Je vous remercie.

Dernière modification : 11/03/2016

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