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Un contingent de casques bleus népalais arrive au Soudan du Sud
4 février 2014 - Photo UNMISS /Isaac Billy



Les OMP aujourd’hui : 16 opérations, près de 100 000 personnels en uniforme, 7,85 milliards de dollars, des mandats complexes.

Les opérations de maintien de la paix

Retrouver le tableau des 16 opérations de maintien de la paix ici.


Les opérations de maintien de la paix de l’ONU se sont considérablement développées ces dernières années.

Développement des opérations de maintien de la paix sur le plan quantitatif

Le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) et le Département d’appui aux missions (DAM) soutiennent 16 opérations de maintien de la paix et une mission politique spéciale (Afghanistan). Il existe également 12 autres missions politiques et de consolidation de la paix gérées par le département des Affaires politiques, dont fait partie la mission déployée en Irak. Le DAM a été créé en 2007 (par une résolution de l’Assemblée générale 61/279) à la suite de la proposition du Secrétaire général de restructurer le DOMP et d’établir un département distinct pour renforcer la capacité de l’organisation à assurer le soutien logistique pour un nombre croissant d’opérations de maintien de la paix.

S’agissant des effectifs des opérations, alors que les Casques bleus étaient 12 000 en 1996, et 20 000 en 2000, ils sont au nombre de 125 000 aujourd’hui : au 30 juin 2015, plus de 104 668 personnes en uniforme et plus de 17 092 civils étaient déployés.

Les plus importantes missions sont la MONUSCO (République démocratique du Congo) avec environ 19 784 personnels en uniforme, la MINUAD (mission hybride Nations unies - Union africaine au Darfour) avec plus de 17 754, la FINUL (Liban) avec environ 10 410, l’ONUCI (Côte d’Ivoire) avec près de 6 913, la MINUSTAH (Haïti) avec environ 4 577, la MINUL (Liberia) avec 5 934, la MINUSS (Soudan du Sud) avec 12 523, la MINUSMA (Mali) avec 10 207 et la MINUSCA (République Centrafricaine) avec 9 285.

Au 30 septembre 2015, 122 États membres contribuaient aux effectifs des OMP. 15 Etats fournissent chacun plus de 2 000 hommes. Parmi eux, le sous-continent indien, qui fournit plus de 30 000 casques bleus, soit le tiers du total, constitue de loin le premier contributeur de troupes. Le Bangladesh, le Pakistan, l’Inde et l’Ethiopie sont les quatre premiers contributeurs. Au 30 septembre 2015, la France se plaçait au 30ème rang des pays contributeurs de contingents (deuxième contributeur européen et deuxième contributeur parmi les membres permanents du Conseil de sécurité derrière la Chine) avec un total de 912 hommes déployés dans huit missions (essentiellement au Liban, FINUL). Six Etats francophones, la France, le Sénégal, le Maroc, le Burkina Faso, le Niger et le Bénin, figurent parmi les grands contributeurs. (Consultez sur le site de l’ONU le tableau des contributions des Etats membres aux OMP).

Développement des opérations de maintien de la paix sur le plan qualitatif

Parallèlement à ce développement quantitatif, on constate une complexité et une diversité croissantes des missions. La fin de la guerre froide a accéléré un changement considérable dans les opérations de maintien de la paix des Nations unies. Le Conseil de sécurité a mis en place des missions de maintien de la paix plus importantes et plus complexes, souvent en vue de faciliter la mise en œuvre d’accords de paix globaux entre des protagonistes intra-étatiques.

La plupart de ces missions sont multidimensionnelles, englobant la construction d’un Etat de droit, la protection des droits de l’Homme, le soutien au processus politique, l’assistance économique et humanitaire, les processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), la réforme des secteurs de la sécurité (RSS). Les missions dépassent donc bien souvent le strict cadre sécuritaire du maintien de la paix, et s’avancent sur le terrain de la consolidation de la paix, ce qui nécessite une synergie entre les deux processus. Les missions doivent également souvent s’articuler avec des organisations régionales intervenant avec l’ONU (c’est le cas de la plus grosse d’entre elles, la mission hybride Nations unies – Union africaine au Darfour).

Les conséquences financières des opérations de maintien de la paix

Cette double évolution a de lourdes implications financières, le budget total de l’ensemble des OMP passant de 840 M USD pour l’année budgétaire 1998-1999 (1er juillet au 30 juin) à 7,2 Md USD pour l’année budgétaire 2008-2009, 7,8 Md USD pour 2009-2010, 7,83 Md USD pour 2010-2011, 7,93 Md USD pour 2011-2012, 7,30 Md USD pour 2012-2013, 7,85 Md USD pour 2013-2014 et 8,25 Md USD pour 2015-2016.

La France contribue de manière significative au budget des opérations de maintien de la paix. En qualité de membre permanent du Conseil de sécurité, sa quote-part au budget des opérations de maintien de la paix est supérieure à sa quote-part au budget régulier. Elle s’établit à 7,21% (contre 6,12% pour le budget régulier). La contribution des pays de l’Union européenne s’élève à 36,69%.


La revue des opérations de maintien de la paix

La réflexion sur les opérations de maintien de la paix est ancienne à l’ONU. Un rapport, devenu célèbre, avait été commandité par le Secrétaire général Kofi Annan en 2000, le rapport Brahimi, à l’époque où les OMP représentaient 20.000 personnels (contre le quintuple aujourd’hui).

Lakhdar Brahimi, invité à l’Assemblée générale le 22 juin 2010 lors d’une réunion de réflexion sur les OMP (lors de laquelle la France a fait une déclaration), a rappelé combien la plupart des recommandations de son rapport restaient valables : les mandats devaient être clairs ; les OMP devaient bénéficier des moyens suffisants pour exécuter les tâches qui leur étaient confiées ; les OMP ne pouvaient pas tout faire et être déployées n’importe où ; elles ne devaient pas se substituer aux processus politiques ; les capacités d’analyse politique de secrétariat devaient être améliorées ; il fallait renforcer la qualité des troupes plutôt que leur quantité ; le Liban avait montré avec quelle rapidité des troupes pouvaient être déployées, cette pratique devait être généralisée ; le dialogue avec les principaux pays contributeurs de troupes, dont les hommes risquaient leur vie sur le terrain, devait être amélioré, de même que la collaboration avec les acteurs en dehors des Nations unies.

Quinze ans après la publication du rapport Brahimi, le Secrétaire général Ban Ki-moon a mandaté un panel d’experts dirigé par l’ancien président du Temor-Leste et prix Nobel de la paix, M. José Ramos-Horta, pour mener une réflexion sur "le futur dans les opérations de paix". Le rapport du groupe d’experts indépendants de haut niveau a été publié le 16 juin 2015. Il clarifie la doctrine du maintien de la paix onusien et correspond à une série de recommandations pratiques pour en améliorer l’efficacité.

Sur la doctrine, le rapport Ramos-Horta prévoit de replacer la recherche de solutions politiques au cœur du maintien de la paix ; la protection des civils est aussi reconnue comme une tâche prioritaire pouvant justifier le déploiement de casques bleus. L’emploi de la force, y compris armée, doit s’inscrire en appui de la recherche d’une solution politique de long terme et de l’impératif de protection des civils ; les opérations maintien de la paix des Nations unies ne devraient pas mener d’opérations anti-terroristes, même si elles peuvent être déployées dans les environnements hostiles. La coopération renforcée avec les organisations régionales, notamment l’Union africaine et l’Union européenne, est aussi un axe central du rapport.

Sur le plan pratique, le panel d’experts recommande de procéder à une "montée en gamme" du maintien de la paix onusien, des mandats plus clairs et séquencés par priorités, des troupes mieux formées et mieux équipées, une planification militaire renforcée par la création d’une cellule spécialisée auprès du secrétaire général des Nations unies, une responsabilité renforcée pour éviter et répondre sous délais aux cas d’abus (notamment sexuels). Une attention accrue apportée au rôle des femmes et à la prise en compte de questions logistiques sont également préconisées.

Dernière modification : 18/11/2015

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