Malgré les progrès, l’épidémie d’Ebola n’est pas terminée : nous devons rester mobilisés - 13 août 2015 [en]

Paix et sécurité en Afrique - Ebola - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint, chargé d’Affaires a.i. de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 13 août 2015

Madame la Présidente,

Je vous remercie d’avoir organisé ce débat du Conseil de sécurité près d’un an après la première réunion du Conseil consacrée à l’épidémie d’Ebola, en septembre 2014. Je remercie également les intervenants pour leurs présentations.

La France souhaite d’abord renouveler ses hommages aux victimes et aux personnels locaux et internationaux engagés au plus près des malades depuis le début de l’épidémie. Si la situation s’est nettement améliorée dans les trois pays les plus affectés, c’est le fruit de la mise en œuvre sur le terrain d’une stratégie solide, dotée de moyens humains et financiers importants. Nous saluons à cet égard le travail des Nations unies, dont les équipes concernées jouent un rôle crucial, tant au niveau stratégique qu’opérationnel. Nous saluons également la réponse exemplaire de l’Union africaine.

Malgré ces résultats encourageants, l’épidémie d’Ebola n’est pas terminée. La communauté internationale doit rester mobilisée pour vaincre le virus. Il est nécessaire de poursuivre nos efforts, en maintenant une surveillance épidémiologique renforcée, et une capacité de réaction au-delà de l’objectif « zéro Ebola ».

L’éradication totale du virus dans les trois pays touchés reste notre priorité.

Madame la Présidente,

Depuis le début de la crise Ebola, la France s’est pleinement engagée aux côtés des pays touchés, en particulier en appui à l’action des autorités guinéennes. Nous avons mobilisé plus de 220 M€, dont 160 M€ de contributions relevant du budget de l’Etat.

En Guinée, notre appui aux autorités inclut en particulier :

— La formation et la protection des acteurs engagés dans la crise à travers la mise en place de deux centres de formation en France et en Guinée ;

— La prise en charge médicale, grâce à la mise en place de 4 centres de traitement Ebola, d’un centre de traitement des soignants, et le financement de 4 laboratoires.

Outre ces efforts pour vaincre l’épidémie, nous devons d’ores et déjà porter notre attention sur le relèvement des pays touchés. De même qu’elle a été au premier rang de la réponse d’urgence à l’épidémie, la France participe activement à ces efforts de redressement, pour lesquels elle a mobilisé plus de 150 M€ supplémentaires.
Au total, la France aura donc mobilisé plus de 350 M€ pour répondre à l’épidémie et aider les pays touchés à s’en relever.

Madame la Présidente,

La crise Ebola a mis en évidence la fragilité des systèmes de santé des pays touchés. Le relèvement doit mettre l’accent sur ces systèmes, dans une perspective régionale. La France a déjà engagé plusieurs projets, avec ses partenaires africains et internationaux. Nous soutenons ainsi la mise en place d’équipes régionales d’alerte et de riposte aux épidémies en Guinée (projet PREPARE). Nous posons aussi les bases d’un réseau d’instituts de santé publique pour la surveillance des risques d’épidémies en Afrique de l’Ouest (projet RIPOST). Ce dispositif sera adossé à un réseau de laboratoires animé par les instituts Pasteur et Mérieux (projet LABNET), et sera soutenu par un renforcement de l’hygiène hospitalière au niveau régional (projet TWIN 2H).

Non seulement cette épidémie ne connait pas de frontières, mais elle a affecté tous les secteurs des sociétés des pays touchés. L’éducation, l’économie, et les processus politiques ont été perturbés. Le soutien de la France aux pays les plus affectés porte donc sur l’ensemble de ces domaines.

Nous entendons renforcer notre coopération dans la région avec nos partenaires locaux et internationaux : nous devons travailler ensemble, tant pour mettre fin à l’épidémie, que pour assurer la résilience des systèmes de santé et leur capacité à éviter de nouvelles crises sanitaires de ce type, et pour soutenir un développement durable dans la région.

Madame la Présidente,

Des réflexions plus larges sont nécessaires pour améliorer l’ensemble de la réponse du système international aux crises sanitaires, dans les enceintes multilatérales comme sur le terrain. Cette épidémie doit être l’occasion de renforcer nos capacités pour faire face à des crises sanitaires d’envergure. Elle nous rappelle à quel point nous avons besoin de dispositifs robustes d’alerte et de réponse à ces crises, et en particulier du Règlement sanitaire international de l’OMS.

Pour tirer toutes les leçons d’Ebola, la France organisera à Paris, le 29 octobre prochain, une réunion de haut niveau de retour d’expérience, avec la participation des nombreux acteurs impliqués dans la réponse en Afrique de l’Ouest.

Je vous remercie.

Dernière modification : 04/08/2016

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