Mali : pas de paix possible sans une réconciliation de tous les Maliens [en]

Mission du Conseil de sécurité en Afrique de l’Ouest (3 - 9 mars 2016) : segment Mali – Intervention de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 16 mars 2016

Merci Monsieur le Président,

Permettez-moi tout d’abord d’adresser mes chaleureux remerciements aux autorités maliennes, sénégalaises et bissau-guinéennes pour leur accueil et au Secrétariat des Nations unies, en particulier le secrétariat du Conseil de sécurité, le DOMP et la MINUSMA, pour avoir rendu possible et fort bien organisé la Mission du Conseil de sécurité, du 4 au 7 mars derniers. Nous souhaitons continuer à travailler avec le Secrétariat pour tirer tous les enseignements de cette importante mission.

Je tiens également à remercier vivement l’Angola et le Sénégal, avec qui nous avons formé une équipe soudée pour mener cette importante visite.

Vous me permettrez de centrer mes remarques sur l’étape au Mali où le Conseil de sécurité a rencontré un grand nombre d’acteurs : le Conseil a notamment rencontré le Président et le gouvernement malien et a pu rencontrer l’ensemble des groupes armés signataires de l’accord de paix. Nous avons pu également échanger avec les parlementaires, les représentants de l’Etat et les élus locaux à Tombouctou, les imams des mosquées de Tombouctou, ainsi que des associations de femmes. Nous avons eu en outre des échanges très utiles avec l’encadrement de la MINUSMA, ainsi que des représentants de l’opération Barkhane et de la mission EUTM Mali.

Deux ans après la première mission du Conseil de sécurité au Mali, cette mission a permis de porter trois messages principaux :

Premier message, il n’y aura pas de paix possible sans une réconciliation de tous les Maliens :

- Toutes les composantes de la société malienne, sur l’ensemble du territoire, doivent être réunies et se sentir incluses. C’est le message qu’a porté le Conseil en se rendant, pour la première fois, dans le Nord du pays, à Tombouctou. La réunion du Conseil de sécurité avec les principaux imams de Tombouctou, particulièrement émouvante et forte, nous a permis de mesurer combien les Maliens aspirent à la paix.

Deuxième message, les efforts de réconciliation et de mise en œuvre de l’Accord de Paix doivent être accélérés :

- Le Conseil a incité clairement l’ensemble des parties signataires à l’accord de paix à accélérer la mise en œuvre concrète de l’accord pour apporter les dividendes de la paix aux populations du Mali.

- Nous avons été frappés de constater que l’ensemble des acteurs maliens, gouvernement et groupes armés compris, se sont prononcés clairement en faveur de l’accord de paix. Nous avons pu également mesurer les enjeux qui se posent pour une pleine mise en œuvre de l’accord.

Troisième message, face à la menace persistante du terrorisme, notre détermination doit être totale :

- Le Conseil a apporté son soutien aux forces maliennes, qui sont en première ligne de ce combat contre le terrorisme. C’est en particulier vrai dans le Centre du Mali, une région qui est quelque peu déstabilisée par la multiplication des attaques terroristes depuis le début de l’année 2015. Et c’est l’une des raisons pour lesquelles le Conseil de sécurité a tenu à se rendre à Mopti.

- Cette mission a aussi permis de démontrer le soutien du Conseil aux Casques bleus de la MINUSMA, dont le courage et le dévouement pour protéger les populations civiles maliennes doivent être salué. Nous avons entendu l’ensemble des acteurs maliens, notamment le président IBK, appeler avec force à renforcer la MINUSMA pour faire face aux menaces asymétriques qu’elle doit affronter. C’est aussi le message que le président sénégalais nous a clairement adressé.

Voilà, en étant délibérément schématique et bref, ce que je retiens, s’agissant de notre visite au Mali, de cette mission particulièrement dense et utile.

Je vous remercie.

Dernière modification : 21/03/2016

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