Ne laissons pas Alep devenir le Guernica du 21ème siècle

Conférence de presse de Jean-Marc Ayrault, Ministre des Affaires étrangères et du Développement international - 23 septembre 2016

Merci Mesdames et Messieurs d’être là pour quelques instants,

Je vous avais indiqué lundi que je vous retrouverai vendredi pour faire le point de cette semaine. En ce qui me concerne, cette semaine n’est pas complètement terminée. Tout à l’heure, je participerai à la réunion du Quartet pour le Proche-Orient, puis à un événement autour du président Touadera pour la Centrafrique. Je rencontrerai cet après-midi des ONG et puis enfin je visiterai le siège d’une start-up française, qui réussit fort bien aux Etats-Unis, la société Datadog.

Et donc je ne vais pas reprendre le détail de mon programme, il est tellement intense qu’il ne m’a laissé pratiquement aucun moment de répit. J’allais dire que c’est une performance sportive, je ne sais pas, ça serait peut-être se vanter, mais ça ressemble un peu au marathon de New-York. Mais nous sommes là pour ça. Et c’est pourquoi j’ai pris le temps nécessaire mais en même temps, je vais me concentrer sur les priorités pour faire le bilan de cette semaine.

Bien sûr, je vais vous parler d’abord de la Syrie. J’ai participé à de nombreuses réunions, il y a eu la réunion du Conseil de Sécurité, je suis intervenu au nom de la France. Mais aussi à deux réunions du groupe international de soutien. Et puis j’avais, au préalable, organisé une réunion des pays dits affinitaires, qui avait été aussi l’occasion d’un échange avec le président du haut comité des négociations, qui représente l’opposition modérée, Riyad Hijab. Et j’ai multiplié autant que possible les rencontres bilatérales sur la situation en Syrie.

Alors, que peut-on retenir de cette intense activité diplomatique sur la Syrie ?

D’abord, ce que je voudrais dire à nouveau, c’est que la France ne se résigne pas à laisser la situation se dégrader chaque jour d’avantage. La France ne se résigne pas à voir ce conflit dériver vers une guerre totale qui risque d’ouvrir la voie à un face à face morbide entre le régime qui multiplie les provocations et les groupes terroristes, Daech et Al Nosra. Ma crainte, je l’ai souligné au Conseil de sécurité, les événements de ces dernières heures avec le bombardement délibéré d’Alep par le régime de Damas l’ont montré, c’est que le régime joue la carte d’une partition de la Syrie et que ses soutiens la laissent faire.

Aujourd’hui, l’urgence absolue, c’est la mise en place d’une véritable cessation des hostilités. Je n’ai cessé de le répéter chaque jour, chaque heure et on voit bien qu’il est difficile de rompre la spirale de la violence qui est à l’œuvre sur le terrain. Le régime syrien et ses alliés refusent de renoncer à leur fuite en avant militaire, comme je viens de le rappeler. C’est le cas à Alep.

Alors, dans cette situation, qui peut légitimement être légitimement qualifiée de désespérée, que fait la France ? Que peut faire la France ?

D’abord, nous soutenons et nous continuerons de soutenir tous les efforts pour convaincre toutes les parties, à commencer par la Russie, d’arrêter ce carnage. Ce qui est nécessaire pour que les armes se taisent, c’est que le régime soit mis hors d’état de nuire. Et le meilleur moyen d’y parvenir, c’est de clouer au sol son aviation. Ce que j’ai encore redit hier après-midi. Et on voit bien que les discussions ne cessent de se prolonger, on va dire c’est positif si elles se prolongent, mais elles semblent interminables entre les Russes et les Américains avec un sujet qui est, comment faire pour que l’aviation de Bachar El Assad ne sorte pas pendant une semaine, de manière à amorcer une véritable cessation des hostilités. C’est ça l’objet de la discussion et nous avons assisté en direct à une confrontation hier entre John Kerry et Sergey Lavrov dans le cadre de cette réunion du GISS.

Les Américains, qui ont négocié un accord avec les Russes, qui co-président le groupe international de soutien, ont une responsabilité particulière. Et au regard de la gravité de ce conflit, cette responsabilité prend une dimension historique. Alors, nous leur demandons d’être à la hauteur. Mais, nous voyons aussi les limites du fonctionnement du GISS. Il est temps de passer à une approche plus collective.

En ce qui nous concerne, la France, nous prenons nos responsabilités, nous parlons à tout le monde. Nous parlons aux Russes, nous parlons aux Iraniens. Le président de la République a vu son homologue Rohani mardi soir, j’ai moi-même eu un long entretien avec Javad Zarif. Et Vladimir Poutine sera à Paris prochainement. Mais il faut changer de méthode.

La France a présenté une proposition, que j’ai précisée au fur et à mesure, une proposition très concrète pour faire en sorte que la mise en œuvre de l’accord russo-américain, si elle devenait possible, s’inscrive dans la durée : avec un mécanisme de surveillance et de suivi qui soit crédible, et qui associerait tous les pays membres du GISS qui le souhaitent et qui donnerait donc une dimension collective, ce qui est nécessaire. Et cette proposition, je l’ai remarqué hier en particulier a été soutenue par la plupart des membres du groupe international de soutien qui se sont exprimés, car il est évident que, sans améliorer la surveillance de la trêve, il sera impossible de créer un climat de confiance. Et ce climat de confiance est indispensable car même autour de la table il y a de la défiance. Parce qu’il faut avoir une vue objective de la situation sur le terrain, incontestable. Sinon on va retomber dans les inévitables accusations mutuelles et une érosion progressive de la cessation des hostilités. Alors on repartira à nouveau vers un échec. J’ai encore insisté jusqu’à la fin pour que cette proposition soit prise en compte par John Kerry et Sergey Lavrov. Nous allons nous battre pour cela et nous allons avec nos partenaires travailler pour décider des modalités de la mise en œuvre de ces propositions. Quand on ne veut pas, on trouve toujours des raisons techniques, mais cela n’est pas compliqué. C’est une question de volonté politique, on peut y arriver.

Enfin, j’ai dit et je redis que la France n’acceptera pas que l’usage d’armes chimiques, qui a été incontestablement établi par le mécanisme d’enquête et d’attribution, le JIM, reste impuni. Nous souhaitons une résolution, sous chapitre VII, je l’ai redit plusieurs fois hier, avec des sanctions. Les consultations se poursuivent et je me réjouis que le mandat du JIM ait été prolongé hier, ce qui laisse le temps d’atteindre l’objectif que nous nous sommes fixés : réunir les conditions de cette résolution.

Je sais bien qu’il y du scepticisme, un sentiment d’impuissance, et qu’il y a une forme de lassitude qui s’installe dans l’opinion. Un conflit, puis un autre, des massacres, des explosions, des attentats, des réfugiés, des enfants. Oui, c’est ça la réalité. Est-ce qu’on va s’habituer ? Est-ce qu’on va fermer les yeux ? Je le dis franchement : ne laissons pas l’histoire se répéter. Nous sommes tous engagés par la Charte des Nations unies que j’ai évoquée au début de mon intervention. Plus de 300 000 morts, plus de 10 millions de personnes déplacées ou réfugiées. Ne laissons pas les crimes se répéter. Ne laissons pas Alep devenir le Guernica du 21ème siècle.

J’ai parlé de mes priorités, la deuxième, c’est le processus de paix au Proche-Orient.

La France a donc organisé en début de semaine une réunion de suivi de la conférence de Paris que j’ai ouverte. Et tout à l’heure je participerai, avec mon homologue égyptien, à la réunion du Quartet. Je constate qu’il y a une dynamique nouvelle qui est en train de se développer sur ce sujet. Plusieurs pays ont pris des initiatives : l’Egypte, la Russie. C’est une bonne chose. On verra ce que le Président Obama dira sur ce point avant de quitter ses fonctions.

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que tout au long de cette semaine, j’ai eu des contacts avec la plupart de mes collègues. J’ai rencontré le nouveau Secrétaire général de la Ligue arabe, j’ai participé à une réunion du conseil de coopération des Etats arabes du Golfe. Je constate que nos démarches, notre approche, notre méthode, sont comprises et appréciées.

Notre objectif reste toujours le même : l’organisation d’ici la fin de l’année d’une conférence internationale en présence des parties. Pendant cette Assemblée générale, j’ai écouté le discours de Mahmoud Abbas, j’ai écouté le discours de Benyamin Netanyahou, on ne peut pas dire que leurs points de vue se sont rapprochés. Mais justement, parce qu’il n’y a pas de dialogue, parce qu’il y a affrontement, via la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, c’est bien qu’il y a une incapacité à surmonter ces différends et qu’il y a nécessité de créer des conditions favorables pour remettre à l’agenda concrètement la perspective des deux Etats.

Si l’initiative française est comprise, si elle est citée, si elle est soutenue, c’est parce qu’elle correspond à une nécessité. Nous allons y travailler encore et encore. Je sais que la voie est étroite mais elle existe.

Là encore, La France ne se résigne pas à la politique du fait accompli, qui mènerait tout droit à la disparition de la perspective essentielle de deux États, et donc au désespoir et à la violence.

La troisième priorité, c’est la Libye. Là aussi, nous avons tenu une réunion avec les principaux pays engagés sur ce dossier, nous l’avons fait en présence du Premier Ministre Sarraj. J’ai eu aussi des contacts bilatéraux avec la plupart des pays de la région.

Le constat est partagé : l’unité de la Libye, qui est indispensable, passe par un compromis politique, sous l’autorité du Premier Ministre Sarraj. Cette réunion, à laquelle beaucoup de monde a participé, a pu être l’occasion de rappeler la reconnaissance par la communauté internationale du gouvernement de Monsieur Sarraj.

Nous l’avons encouragé à asseoir son autorité mais en faisant les gestes nécessaires, en engageant les négociations indispensables. C’est dans cette direction que nous souhaitons avancer. C’est pour cela d’ailleurs que nous recevrons la semaine prochaine le premier Ministre Sarraj à Paris. Nous l’avons encouragé à s’engager dans une approche inclusive, à l’égard de tous les acteurs, y compris ceux de l’est de la Libye. A l’évidence, c’est indispensable.

Et puis, il y a eu beaucoup d’autres sujets qui m’ont occupé cette semaine : l’Afrique, le Mali. J’ai participé ce matin avec le Secrétaire général des Nations unies et le président IBK à une réunion sur le Mali. J’ai évoqué tout à l’heure une réunion avec le Président Touadéra sur la République Centrafricaine. J’ai eu également beaucoup de contacts bilatéraux sur la situation préoccupante au Gabon, sur la République démocratique du Congo, sur la situation au Burundi. Donc l’Afrique, évidemment, est au cœur de la diplomatie française.

Et la Colombie aussi, à deux reprises : j’ai pu rencontrer le Président Santos, d’abord avec le Président de la République puis au début de la réunion du Conseil de sécurité. C’est quelqu’un pour qui j’ai beaucoup de respect et d’admiration. Le choix courageux qu’il a fait pour arriver à cet accord de paix a été salué par cet accord international.

Et puis bien sûr, aussi, le suivi du nucléaire iranien, la diplomatie économique et culturelle, sur laquelle j’ai pris plusieurs initiatives dont une encore cet après-midi.

Voilà, Mesdames, Messieurs Je suis à votre disposition pour répondre à vos questions.

Et avant de vous donner la parole je voudrais me féliciter de l’adoption il y a quelques instants par le Conseil de sécurité d’une résolution appelant à une universalisation du traité d’interdiction des essais nucléaires.

L’adoption de cette résolution est une bonne nouvelle au moment justement où la communauté internationale s’est saisie, et cela a été un sujet de beaucoup de réunions bilatérales, notamment avec la Chine, avec le Japon, la Corée, c’est-à-dire la question du nucléaire en Corée du Nord. La France a depuis de longue date ratifié ce traité et elle appelle tous les autres Etats à faire de même.

Questions/réponses

Q : Thank you very much Mr Foreign Minister. On behalf of the UN Correspondents Association I welcome you and thank you for giving us this press conference. My name is Edith Lederer and I’m from the Associated Press. You talked about your efforts to get a Middle East Peace conference before the end of the year, with both the Palestinians and the Israelis attending. Have you spoken to the leaders or the Foreign Ministers of either the Palestinians or the Israelis and gotten any green light that they are prepared to attend ? How do you assess the prospects for the conference after all of your meetings here at the United Nations ?

Il y a encore beaucoup de travail à faire Madame pour réussir cette conférence. Mon Envoyé spécial, Pierre Vimont, Ambassadeur de France, était présent à mes côtés et a multiplié les contacts tout au long de cette Assemblée générale. Il est d’ailleurs en relation permanente avec tous les pays qui peuvent nous aider dans cette perspective, et bien entendu en contact étroit avec les Palestiniens et les Israéliens. Moi-même je reprendrai la route pour convaincre que cette voie est indispensable. Pour l’heure je n’en vois pas d’autre. Aucune autre proposition n’a été faite. J’évoquais la confrontation verbale à la tribune de l’Assemblée générale entre les deux leaders israélien et palestinien, cela montre bien qu’il faut poursuivre nos efforts. Voilà ce que nous allons faire, sans résignation, sans fatalité.

Certains disent que ce n’est pas la priorité de s’occuper du dialogue israélo-palestinien qu’il y a mieux à faire : regardez la Syrie, regardez l’Irak, regardez la Libye, regardez les conflits en Afrique, regardez la lutte contre le terrorisme. Quand tout cela sera réglé, on pourra peut-être s’occuper de la Palestine et d’Israël. Mais non, c’est maintenant, parce que c’est un conflit qui dure depuis si longtemps et qui porte en soi tant de haine, tant d’affrontements et tant de violence que la communauté internationale, et c’est la position de la France, ne peut pas laisser cette situation se dégrader encore d’avantage.

Q : Sur la Syrie, vous avez dit tout à l’heure que la réunion d’hier du GISS portait essentiellement sur clouer l’aviation de Bachar el-Assad au sol pendant une semaine. Concrètement qu’est-ce que vous a répondu S. Lavrov, est-ce qu’il a refusé cette idée, est-ce qu’il a proposé des choses intermédiaires ?

Il s’en remet en permanence à un texte qu’il a négocié avec les Américains. Ce texte nous l’avons eu en séance, c’est pour cela que je dis que cette méthode ne convient pas. Cela créé de la méfiance pour les participants. Comment voulez-vous prendre connaissance d’un texte de dix pages en quelques minutes ? Les discussions entre Américains et Russes se poursuivent mais voyant l’impasse dans laquelle nous étions, j’ai réitéré ma proposition pour créer de la confiance entre tous les participants. C’est pourquoi la plupart de ceux qui sont intervenus sont allés dans le sens de la France. Maintenant, on va voir ce qui se passe dans les prochaines heures. Il ne faut pas se décourager, en tout cas la France ne se décourage pas.

Mais il y a une ambiguïté russe : j’ai évoqué la question des soldats russes présents sur le terrain, 5 000 soldats dit-on. Aussi des Iraniens. Il y a des milices qui viennent soutenir le régime de Bachar el-Assad. Donc il faut aussi qu’on parle franchement. Quand je disais qu’on parle avec les Russes, qu’on parle avec les Iraniens, ce n’est pas uniquement pour des bonnes paroles, c’est pour leur redemander : alors est-ce que vous êtes oui ou non pour la solution politique ? Ou est-ce que vous privilégiez la solution militaire ? A chaque fois on me répond : c’est la solution politique. Mais pour avoir confiance, il faut des actes. Pour l’instant, les actes sont militaires.

Q : Thank you Mister Minister. The Russian Deputy Foreign Minister has just said that there will be no agreement reached on Syria in New York today. So are you disappointed that you will be leaving New York with no concrete results in Syria while the bombardment in Aleppo continues ?

Je suis déçu mais je ne suis pas découragé, car, si ce n’est pas aujourd’hui, la nécessité d’y arriver est toujours là. Donc nous allons continuer à travailler. Je revois John Kerry demain, je lui dirai aussi un certain nombre de choses. C’est vrai qu’il était utile de parler. Nous avons multiplié, je l’ai dit, toutes ces réunions, tous ces échanges, y compris bilatéraux, et on voit l’immense difficulté de la tâche. Ce n’est pas parce que ce n’est pas conclu ici aujourd’hui à l’Assemblée générale qu’il ne se passera rien. Nous allons continuer ce combat.

Q : Que fait la France au Burundi ? A resolution was passed to send 228 police but it seems that since then none have been deployed and the government has said that it won’t accept that. As the penholder, what is France doing and are you concerned by this UN report that says that there is a risk of genocide in the country, what steps can be taken ?

C’est la France qui a pris cette initiative, et elle a bien fait, pour obtenir une résolution permettant de déployer une force de police pour assurer l’ordre public, pas une force militaire mais une force qui aide à pacifier et éviter les affrontements. Il y a eu des morts ces derniers jours, beaucoup trop de morts. Donc cette résolution est toujours d’actualité. Nous allons poursuivre notre politique, notre action pour qu’elle se concrétise sur le terrain. C’est vrai que le dialogue avec les autorités burundaises est très difficile, c’est un gouvernement qui ne joue pas toujours le jeu mais il faut continuer à faire pression. La France ne peut pas, là aussi, se résigner à une guerre civile car ça se passe dans une région qui est déjà très fragilisée ; il y a aussi la RDC qui peut se retrouver dans la même situation. Donc nous veillons par notre action à ce que ces situations ne soient pas oubliées.

Q : Following on President Hollande comments a few days ago and your allusion to your intended conference, he said he hoped to hold it in December, what form do you hope it to take, what exactly do you hope to accomplish by this particular effort ?

Nous ne sommes pas restés sans rien faire depuis le 3 juin : nous avons mis en place des groupes de travail, plusieurs pays se sont portés volontaires pour les animer : ils portent notamment sur les institutions du futur Etat palestinien, sur le dialogue entre les sociétés civiles israélienne et palestinienne et aussi sur les incitations économiques que nous pouvons offrir aux parties. Ce sont de vastes chantiers qui sont engagés, qui permettent à de nombreux pays d’apporter leur contribution. L’Union européenne est sollicitée aussi, elle pourra jouer un rôle prépondérant.

Mais c’est l’aspect politique qui nous mobilise en ce moment, faire émerger un consensus pour organiser cette conférence. C’est tout le travail que je viens de rappeler et que nous allons poursuivre.

Q : Vous avez évoqué le cas de la RDC, le Président François Hollande il y a deux jours a, ici, condamné l’attitude du gouvernement congolais qui a réprimé avec une violence inouïe les manifestations de l’opposition et la réaction du gouvernement congolais ne s’est pas fait attendre. Le gouvernement congolais, notamment par le biais de son Ministre de l’information, a condamné ces déclarations et a dit que le Congo n’était pas la France, qu’elle n’avait pas besoin d’ingérence. Y-a-t-il une réaction de votre part ?

Elle n’a pas besoin d’ingérence, mais il ne s’agit pas d’ingérence, il s’agit simplement de rappeler le droit. Nous sommes aux Nations unies, j’ai rappelé la Charte des Nations unies, nous nous battons pour la défense des droits et lorsqu’il y a une constitution dans un pays et que cette constitution n’est pas respectée, que le président ne respecte pas l’échéance électorale, nous ne faisons que rappeler le droit. Nous ne disons pas « vous devez voter pour telle personne ou telle personne », là ça serait de l’ingérence. Nous n’avons pas à choisir à la place du peuple de la RDC mais nous sommes dans notre responsabilité quand nous disons « vous avez une constitution, vous ne la respectez pas, et si vous ne respectez pas cette constitution, c’est une atteinte au droit démocratique de tout le peuple de la RDC dans sa diversité ».

Dernière modification : 23/09/2016

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