Il faut lancer un dialogue inclusif au Burundi [en]

Adoption de la résolution 2279 sur le Burundi - Explication de position de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 1er avril 2016

M. le Président, chers collègues,

Permettez-moi, avant que nous ne procédions au vote, de vous dire combien je suis heureux que nous nous retrouvions pour adopter ce projet de résolution sur le Burundi, marquant ainsi le lancement de la présidence chinoise du Conseil de sécurité - présidence à laquelle j’adresse mes vœux les plus chaleureux de succès. Je veux également remercier tous mes collègues et leurs équipes pour nos échanges constructifs, qui nous permettent de nous retrouver ici pour ce vote important.

Je voudrais rappeler brièvement les objectifs de notre projet de résolution. Ce projet a en effet cinq objectifs principaux :

Le premier et le principal objectif de notre projet de résolution est de soutenir les efforts africains en faveur d’une sortie de crise au Burundi, aussi bien de la part de la Communauté d’Afrique de l’Est que de l’Union africaine. En soutenant ces efforts, nous voulons contribuer à établir un dialogue inclusif et sincère entre Burundais, j’y reviendrai, et à trouver une solution pacifique à la crise.

Deuxième objectif : cette résolution permet d’accroître la présence des Nations Unies au Burundi et de renforcer l’équipe du Conseiller spécial du Secrétaire général, M. Jamal Benomar. C’est un acquis fondamental. Nous avons besoin que les Nations Unies soient davantage présentes sur le terrain. Il s’agit de nous permettre, en tant que Conseil de sécurité, de suivre de près la situation au Burundi, de nous alerter et, si la situation continuait de se dégrader, de réagir à temps pour éviter le pire.

Troisième objectif : cette résolution demande le lancement sans délai d’un véritable dialogue inclusif entre le gouvernement burundais et l’ensemble des acteurs engagés pour une solution pacifique, qu’ils soient présents ou non dans leur pays. C’est un message fondamental pour une réconciliation entre les Burundais.

Quatrième objectif : cette résolution demande au Secrétaire général de proposer au Conseil de sécurité des options pour une présence de police des Nations Unies au Burundi, et ce dans un délai maximum de 15 jours. Il s’agit là-aussi de soutenir les efforts de l’Union africaine, qui déploie elle-même des observateurs au Burundi.

Enfin, cinquième objectif : préserver et consolider les acquis des Accords d’Arusha en en respectant la lettre et l’esprit. Ces Accords constituent en effet plus que jamais la boussole qui doit guider les acteurs du Burundi et la communauté internationale.

M. le Président, chers collègues,

Je ne serai pas plus long. Permettez-moi simplement pour finir de souligner notre responsabilité collective. La France est persuadée que le Conseil de sécurité doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider les Burundais à retrouver le chemin de la paix et de la réconciliation.

C’est la responsabilité que nous avons en tant que Conseil de sécurité.

C’est la responsabilité que nous avons vis-à-vis du peuple burundais.

Et c’est le sens de notre projet de résolution.

Je vous remercie.

Dernière modification : 01/04/2016

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