La solution des deux Etats ne doit pas se déliter - 16 octobre 2015 [en]

PPPO / Israël- Palestine - Intervention de François Delattre, représentant de la France auprès des Nations unies - CSNU - 16 octobre 2015.

Monsieur le Président,

Je remercie la Jordanie d’avoir pris l’initiative de cette réunion, comme je remercie M. Tayé-Brook Zerihoun pour sa présentation.

Monsieur le Président, la France n’a eu de cesse de mettre en garde ces derniers mois contre les risques d’un nouvel embrasement au Proche-Orient. Nous y sommes. Face à l’accélération de la colonisation, illégale, qui obère jour après jour la viabilité d’un Etat palestinien, et en l’absence de processus de paix, nous nous sommes mobilisés pour faire valoir l’urgence d’apporter une solution politique durable au conflit, seule issue permettant d’éviter la reproduction ad vitam aeternam des mêmes cycles de violence.

L’explosion s’est bel et bien produite en Cisjordanie, à Jérusalem, à Gaza mais également en Israël, laissant planer la crainte d’une troisième intifada. Nous avons condamné les attaques. Toutes les attaques. Ceci confirme nos inquiétudes et conforte notre position. Et je voudrais aujourd’hui, au nom de la France, renouveler notre appel à une mobilisation accrue de la communauté internationale pour recréer un véritable horizon politique. La multiplication des crises dans la région ne doit pas nous détourner de l’urgence de relancer le processus de paix. C’est tout le contraire.

Ainsi que le Ministre Laurent Fabius l’a marqué hier auprès du Sénat français, nous devons relancer un processus politique crédible, qui permette d’avancer vers une paix juste et durable. De réellement avancer. Nous ne pouvons pas laisser la solution des deux Etats continuer à se déliter jour après jour. Cela est d’autant plus crucial qu’il existe un risque que Daech s’empare un jour de la cause palestinienne, avec les conséquences que l’on peut imaginer.

Dans cet esprit, nous avons plusieurs axes d’action :

Tout d’abord, parer à l’urgence. C’est la responsabilité de ce Conseil que de répondre à l’escalade en cours. La France a préparé un projet de déclaration qu’elle souhaite soumettre aux membres du Conseil de sécurité, afin d’appeler au calme, à la retenue de la part de toutes les parties mais aussi au maintien du statu quo sur l’esplanade des Mosquées.

Ensuite, nous devons travailler à apporter un horizon politique concret. Le but n’est pas de « gérer » la crise mais de lui apporter une réponse durable. A cet égard, la mise en place d’un groupe international de soutien est pleinement pertinente. Après avoir rassemblé ici à New-York les membres du Quartet, en élargissant pour la première fois le format aux acteurs arabes clés, aux partenaires européens et internationaux, comme la France l’a suggéré, nous pensons qu’ils convient d’approfondir ces efforts pour recréer encore une fois un horizon politique, à même d’encourager les parties à reprendre et à faire aboutir les discussions de paix. Un tel format de concertation permettrait notamment de travailler sur trois éléments : des mesures de confiance à objectif immédiat pour apaiser les tensions, un soutien collectif à la réconciliation palestinienne sous l’autorité du président Mahmoud Abbas ; l’élaboration de garanties et de compensations dont chacune des parties aura besoin pour signer l’accord. La France est en faveur de la tenue prochaine d’une nouvelle réunion dans ce format du Quartet élargi.

Monsieur le Président, nous ne pouvons pas baisser les bras et devons user des moyens à notre disposition pour apporter une réponse durable au conflit. Le Conseil de sécurité a tout son rôle à jouer pour appuyer ces efforts. Nous devons assumer nos responsabilités. En tant qu’amie, à la fois du peuple israélien et du peuple palestinien, la France est plus que jamais déterminée à assumer les siennes et à travailler sans relâche avec ses partenaires au service de la paix.

Je vous remercie.

Dernière modification : 04/08/2016

Haut de page