Nous avons un seul objectif : la tolérance zéro

Briefing sur les allégations d’abus sexuels mettant en cause des forces internationales - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies - Assemblée générale -13 mai 2016

Monsieur le Président,

Je vous remercie pour l’initiative de cette réunion sur un sujet auquel nous attachons la plus grande importance. Je remercie aussi le Secrétaire général adjoint, M. Atul Khare, ainsi que la Coordinatrice spéciale, Mme Jane Holl Lute, pour leur fort engagement personnel et leurs présentations sur les moyens de combattre les allégations d’abus sexuels et sur le chemin déjà parcouru.

Ces allégations, nombreuses et graves, ont touché plusieurs opérations de maintien de la paix de l’ONU et plusieurs forces nationales, en particulier en RCA. Mais comme nous l’avons déjà souligné, peu importe la couleur du casque ou de l’uniforme, nous avons tous un seul et même objectif : la tolérance zéro.

Au niveau des Nations unies, cette tolérance zéro se décline à travers une politique concrète du Secrétaire général, dont la France soutient le renforcement et la mise en œuvre. C’est pourquoi la France a décidé d’apporter une contribution financière au Bureau de la Coordinatrice spéciale et à identifier, en réponse à une demande formulée par le Secrétariat, un officier supérieur, juriste, ayant une expérience opérationnelle solide pour appuyer les efforts de Mme Lute.

A titre national, la France a déjà mis en œuvre de nombreuses recommandations du Secrétaire général :

-  En termes de transparence, la France a répondu aux sollicitations et demandes d’informations de l’ensemble des organes des Nations unies : Bureau des services de contrôle interne, comité indépendant présidé par Mme Deschamps, Haut-Commissariat aux droits de l’Homme, Bureau de la Coordinatrice spéciale….Nos échanges avec ces organes ont été multiples. Dans le même esprit, les Nations unies doivent, dans toutes leurs composantes, s’efforcer de nous transmettre des informations détaillées relatives aux allégations lorsqu’elles concernent la France.

-  En termes de prévention, la France a pris des mesures concrètes en matière de formation : chaque militaire appelé à être déployé en opération extérieure bénéficie d’une formation renforcée relative à la politique de l’ONU de lutte contre les abus sexuels, qui est aussi la nôtre.

-  Sur le plan des investigations, conformément à la résolution 2272 du Conseil de sécurité, le ministère de la Défense français met en œuvre les moyens nécessaires, à travers le déploiement d’officiers d’investigation nationaux, pour réduire les délais d’investigation. Parallèlement, la justice française multiplie les échanges avec les Nations unies dans le cadre de la coopération judiciaire. Comme l’a dit le Président de la République François Hollande : « La justice est saisie et rien ne sera caché ou occulté. (…). S’il y a eu des accusations qui n’ont pas de fondement, on devra le savoir aussi. Mais si des cas sont établis, il n’y aura de la part de la justice française aucune impunité. »

Monsieur le Président,

Je souhaite enfin rappeler ce que nous ne devons pas oublier : la lutte contre les abus sexuels doit avoir lieu parallèlement et en même temps que le renforcement des mandats de protection des civils des opérations de maintien de la paix. La lutte contre les abus sexuels est complémentaire à tous nos efforts pour améliorer l’efficacité et la performance des opérations de maintien de la paix.

Lutter contre les abus sexuels est bien l’affaire de tous comme l’a si bien dit tout à l’heure Mme Lute. Mais cela ne signifie donc pas blâmer toute une opération de maintien de la paix et tous les casques bleus. Au contraire, il s’agit d’identifier les moyens pour accroître la protection des populations. Ceci est particulièrement vrai en RCA. Dans cette phase post-électorale, qui n’aurait jamais été possible sans le dévouement et le courage des forces internationales, et alors que les forces françaises se retirent de la RCA, il est plus que jamais nécessaire d’appuyer la MINUSCA dans la réalisation de son mandat qui sera renouvelé fin juillet.

Je souhaite ainsi terminer avec les propos du Président de la République François Hollande prononcés fin avril pour rendre hommage aux personnels des opérations de maintien de la paix : "Grâce aux forces françaises et grâce aux Nations unies, des massacres ont pu être évités, la sécurité a pu être rétablie et des élections ont pu se tenir de manière transparente et pluraliste". Il est important de le rappeler pendant que nous poursuivons nos efforts pour lutter contre les abus sexuels.

Je vous remercie.

Dernière modification : 18/05/2016

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