Première priorité pour l’Afghanistan : avoir un gouvernement fort et uni [en]

Afghanistan - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 19 décembre 2016

Monsieur le Président,

Je voudrais commencer par remercier chaleureusement l’ensemble des intervenants, à commencer Tadamichi Yamamoto ainsi que Yuri Fedotov, et les ambassadeurs Van Bohemen et Saikal. La France s’associe au discours qui sera prononcé au nom de l’Union européenne.

Un peu plus de deux ans maintenant après l’arrivée du gouvernement d’union nationale, il est important de souligner que des progrès ont été accomplis en Afghanistan. En effet, un cadre national pour la paix et le développement a été adopté, une feuille de route qui définit les politiques publiques prioritaires pour les années à venir a été établie et notre dialogue visant à endiguer les migrations vers l’Europe a donné lieu à la signature d’un accord. Ces efforts doivent être salués et ils l’ont d’ailleurs été récemment lors de la conférence de Bruxelles.

La France réitère une nouvelle fois son plein soutien au gouvernement afghan et l’encourage à poursuivre ses efforts en faveur du développement et de la stabilisation du pays.

Les forces afghanes ont elles aussi réalisé des progrès considérables, et je tiens ici à saluer leur engagement et leur courage. Pour autant, la détérioration continue de la situation sécuritaire est extrêmement préoccupante. Outre les affrontements quasi quotidiens, de nouveaux attentats, imputables aux talibans comme à l’« État islamique – Khorasan », c’est-à-dire Daech, sont venus confirmer la fragilité de la situation depuis notre dernier débat en septembre. La dégradation récente de la situation humanitaire, avec l’afflux massif de réfugiés en provenance du Pakistan et de l’Iran, place également le gouvernement afghan dans une situation difficile.

Dans ce contexte, la première priorité pour l’Afghanistan est d’avoir un gouvernement fort et uni : cette unité nationale est le préalable indispensable pour traiter efficacement les enjeux sécuritaires, mais aussi économiques et de développement.

Monsieur le Président,

Comme nous l’a dit M. Yamamoto tout à l’heure, le conflit n’empêche pas seulement l’Afghanistan d’atteindre son potentiel économique, il a aussi un coût humain extrêmement élevé, en particulier pour les enfants. C’est la raison pour laquelle il est urgent de relancer les discussions relatives à un processus de paix dirigé par et pour les Afghans.

La France appelle tous les acteurs, et en particulier les puissances régionales, à user de leur influence pour que la fin des combats et la reprise des négociations de paix deviennent une réalité. Nous avons la responsabilité collective de soutenir activement la stabilisation de l’Afghanistan et de contribuer à l’établissement d’une paix durable dans ce pays, avec tous les acteurs afghans qui auront démontré le sérieux de leur engagement.

Je souhaite enfin profiter de la présence de l’ONUDC pour m’arrêter un instant sur la question de la lutte contre le trafic de stupéfiants. C’est un sujet, vous le savez, qui préoccupe beaucoup la France. Comme l’a souligné tout à l’heure M. Fedotov, le trafic de stupéfiants alimente l’économie illicite, la corruption, finance l’insurrection talibane et menace également la santé de nombreux afghans. Le rapport élaboré conjointement par l’ONUDC et le gouvernement afghan en octobre dernier décrit des évolutions notables et préoccupantes, auxquelles M. Fedotov a fait référence. Comme d’autres l’ont dit avant moi, la France est préoccupée par la hausse de 43% de la production d’opium et ainsi que par la baisse significative de l’éradication des zones cultivant le pavot à opium. Dans ce domaine, les défis sont immenses, qu’il s’agisse de la situation sécuritaire ou de la mobilisation importante de ressources que ces efforts nécessitent. La France salue à cet égard l’assistance technique apportée par l’ONUDC et encourage les autorités afghanes à accentuer leurs efforts visant à endiguer la production et le trafic de drogues.

Monsieur le Président,

Le soutien des Nations Unies, à travers la MANUA, demeure plus que jamais essentiel pour accompagner l’Afghanistan dans la recherche de plus de paix et de stabilité.
Permettez-moi, pour conclure, de réitérer le plein soutien de mon pays au gouvernement afghan et à l’action menée par les Nations Unies en appui de ses efforts. J’en profite pour rendre hommage moi aussi à l’ensemble des personnels de la MANUA pour le travail qu’ils accomplissent dans des conditions très difficiles.

Je vous remercie.

Dernière modification : 19/12/2016

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