Sanctions sans précédent à l’encontre de la Corée du Nord

Corée du Nord - Conseil de Sécurité - Intervention prononcée par M. François Delattre Représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations Unies - 3 Mars 2016

Monsieur le Président,

Permettez-moi de commencer en remerciant le Venezuela pour sa présidence du mois de février et en adressant tous nos vœux de succès à la présidence de l’Angola.
Je remercie les Etats-Unis d’avoir présenté le projet de résolution que nous venons d’adopter à l’unanimité.

En procédant à son quatrième essai nucléaire le 6 janvier dernier, puis à un tir de longue portée recourant à des technologies balistiques le 7 février, la Corée du Nord a une nouvelle fois décidé de défier la communauté internationale.
Ces deux actes gravement déstabilisateurs – en violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité - constituent des menaces à la paix et à la sécurité régionale et internationale, mais sont aussi un défi au régime de non-prolifération, qui est la colonne vertébrale de notre sécurité collective.
Le Conseil de sécurité se devait donc de relever ce défi et de réagir de manière décisive. Avec l’adoption de la résolution 2270, c’est chose faite.

Notre résolution établit un renforcement significatif du régime de sanctions et marque une nouvelle étape dans le traitement par ce Conseil de la crise de prolifération nord-coréenne. Plusieurs éléments méritent d’être soulignés :
- d’abord, la résolution décide de sanctions sans précédent à l’encontre de la Corée du Nord, et envoie un message unanime sans ambiguïté du Conseil de sécurité à Pyongyang : il y a un prix à payer aux provocations et à la fuite en avant irresponsable et déstabilisatrice du régime à Pyongyang.
- ensuite, les sanctions adoptées aujourd’hui ont des objectifs ciblés. Elles visent d’une part à faire obstacle et à mettre un terme, de manière très concrète, au développement à marche forcée des programmes nucléaire et balistique nord-coréens. D’autre part, ces sanctions ciblent les revenus du régime nord-coréen, détournés pour alimenter les programmes illicites au détriment de la population nord-coréenne – une population qui continue de souffrir sous le joug du totalitarisme.
- enfin, la résolution maintient ouverte la porte du dialogue et insiste sur le besoin de reprendre les pourparlers à six. Notre objectif final, ce ne sont pas les sanctions, mais bien la dénucléarisation et la paix et la stabilité dans la péninsule à travers une solution négociée.
Il appartient à la Corée du Nord de montrer de manière sincère et par des gestes concrets qu’elle est prête à reprendre le dialogue en vue de l’abandon de ses programmes nucléaire et balistique.
La spirale des provocations nous amène dans une impasse, et ne nous offre pas d’autre option que le renforcement des sanctions, conçues donc comme un moyen et non une fin en soi. Le dialogue et la négociation, appuyés sur une position de grande fermeté, constituent dans ce contexte la seule option viable pour assurer la dénucléarisation complète et vérifiable de la péninsule.

Pour toutes ces raisons, la France a voté en faveur de cette résolution, l’a coparrainée aux côtés de quelque 50 Etats membres, et restera mobilisée pour sa pleine mise en œuvre.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 02/03/2016

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