Soudan du Sud : la Force de protection régionale est importante pour un arrêt des hostilités [en]

Soudan du Sud/ renouvellement du mandat de la MINUSS - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies, chargé d’Affaires a.i. - Conseil de sécurité - 12 août 2016

Merci Monsieur le Président,

Le Conseil vient d’adopter la résolution renouvelant et modifiant le mandat de la MINUSS déployée au Soudan du sud.

La situation au Soudan du sud est l’une des plus graves que nous connaissons actuellement. Des violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire y sont commises à un degré et à une échelle qui connaissent peu d’équivalents. Les manquements à l’impératif élémentaire de protection des civils et le risque imminent d’une reprise ouverte des hostilités ne nous laissent pas d’autre choix que de réagir immédiatement.

La résolution qui vient d’être adoptée reprend les recommandations des pays de la région représentés au sein de l’IGAD, et endossés par l’Union africaine. C’est un élément décisif pour la France et un exemple de coopération entre l’organisation régionale compétente, l’Union africaine et le Conseil de sécurité. L’engagement continu et l’unité de la région seront décisifs dans le règlement de la crise.

Mais la résolution qui vient d’être adoptée n’une qu’une réponse immédiate, même si elle est nécessaire, pour maîtriser la situation. A cet égard, la France a deux remarques :

Tout d’abord, la Force de protection régionale, et ses 4 000 hommes qui viennent s’ajouter aux près de 13 000 hommes déjà déployés, ne pourront que contribuer à créer les conditions pour un arrêt des hostilités et la reprise du dialogue politique. Nous rendons par avance hommage aux pays contributeurs de troupes et à leurs casques bleus. Ils auront besoin du soutien de chacun d’entre nous. Mais cette force n’est pas une réponse durable à la crise. C’est pourquoi la France attend des autorités du Soudan du sud qu’elles coopèrent pleinement avec la MINUSS, et de toutes les parties qu’elles s’engagent dans la voie d’un règlement politique de la crise.

Ma deuxième remarque c’est que cette résolution, aussi déterminée soit-elle, aurait dû aller au bout de sa logique, en imposant dès maintenant un embargo sur les armes. C’était le souhait de la France, au vu de la gravité des exactions. Cet embargo aurait pu être imposé plus tôt, et le Soudan du sud n’aurait peut-être pas dérivé ainsi. Cet embargo aurait pu être imposé dès maintenant, comme signal en vue d’un arrêt des hostilités, et aussi pour mieux préserver la sécurité des casques bleus que nous déployons. La France continuera à plaider pour qu’il soit imposé rapidement.

L’unité du Conseil et l’inclusivité des débats sont une condition essentielle, au vu de la gravité de cette crise, pour le succès de notre action. Cette résolution est désormais la nôtre ; la France, même si elle regrette l’absence de la mesure d’embargo, apportera tout son appui à la pleine application de ce texte qui est ainsi désormais le nôtre.

Je vous remercie.

Dernière modification : 12/08/2016

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