Syrie : Nous avançons vers la fin de l’impunité des attaques contre les civils - 7 août 2015 [en]

Adoption de la résolution 2235 établissant un mécanisme d’enquête sur l’emploi d’armes chimiques en Syrie - Explication de vote de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint, chargé d’Affaires a.i. de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 7 août 2015

Je remercie la mission américaine d’avoir présenté ce projet de résolution créant un mécanisme d’investigation sur l’emploi d’armes chimiques en Syrie.

L’adoption de cette résolution est importante pour plusieurs raisons :

D’abord elle permet de retrouver l’unité du Conseil de sécurité sur la Syrie, alors que le conflit syrien, le pire de ce début de 21ème siècle, dure depuis plus de 4 ans.

Le Conseil ne pouvait s’enfermer dans le silence, alors qu’en dépit de deux résolutions les condamnant, des attaques chimiques se sont poursuivies en Syrie en 2014 et 2015, et de manière répétée.

Plusieurs enquêtes de l’Organisation d’Interdiction des Armes Chimiques de La Haye ont confirmé l’emploi de gaz de chlore en Syrie, mais, sans mandat pour le faire, elles n’ont pu identifier les auteurs des attaques.

Ces enquêtes présentaient de troublants détails sur la présence systématique d’hélicoptères lors des attaques, alors que nous savons bien quelle partie au conflit est la seule à disposer de telles capacités.

Le mécanisme d’investigation que nous établissons aujourd’hui permettra de confier à un organe neutre et indépendant la charge d’établir les responsabilités des attaques chimiques en Syrie de ces dernières années. Il travaillera à cet effet en étroite coordination avec l’OIAC.

Ensuite, ce vote est important car, par l’établissement de ce mécanisme d’investigation, nous avançons vers la fin de l’impunité pour des attaques contre la population civile syrienne.

Avec ce mécanisme d’investigation, nous allons pouvoir identifier ceux qui ont perpétré des actes criminels d’une particulière gravité. Sans ce souci de justice, les criminels en Syrie utilisant des armes inhumaines auraient pu trouver confort dans la certitude qu’ils n’auraient pas à répondre de leurs crimes.

En avril dernier, plusieurs médecins étaient venus témoigner au Conseil de sécurité, réuni en format Arria. Leurs récits, et les images d’enfants asphyxiés par le chlore diffusées à cette occasion nous hantent encore. Chacun avait compris que nous nous devions de leur répondre, ainsi qu’à ceux qui nous ont livré leurs témoignages.

Enfin, ce vote est important car il envoie un message clair de dissuasion à toutes les parties au conflit armé syrien. Ces attaques inhumaines doivent cesser. Le conflit a causé la mort de plus de 230 000 personnes, dont une majorité de civils. Au-delà des armes chimiques, les attaques indiscriminées et disproportionnées contre les populations civiles continuent, comme en ce moment à Zabadani, en violation du droit international humanitaire et des résolutions de ce Conseil.

Il est essentiel que nous nous engagions pour la fin des violences en Syrie et la reprise rapide du dialogue et du processus politique. Nous apportons pour cela tout notre soutien aux efforts en cours de l’envoyé spécial pour la Syrie, M. Staffan De Mistura.

C’est pour toutes ces raisons que la France a voté en faveur de ce texte, et l’a co-parrainé.

Dernière modification : 04/08/2016

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