Syrie : le régime et ses alliés n’ont fait aucune concession [en]

Syrie - Remarques à la presse de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies - 5 février 2016

La présentation de l’envoyé spécial Staffan De Mistura confirme ce que nous savions : le régime syrien et ses alliés n’ont fait aucune concession. Tout au contraire. D’un côté, le régime syrien prétend discuter de la paix à Genève, de l’autre, il intensifie son offensive militaire contre les groupes d’opposition avec lesquels il est censé discuter, et impose à la ville d’Alep un déluge de feu jamais vu auparavant.

Tout cela, il faut le dire, avec l’appui militaire de la Russie, dans le cadre d’une campagne militaire qui ne conduit qu’à torpiller de fait tout espoir de paix.
Un processus de paix pour le processus n’a aucun sens. Il doit produire des résultats et être crédible pour tous les Syriens. L’amélioration tangible de la situation humanitaire est la condition d’une négociation crédible. Ce sont les exigences formulées par le Conseil de sécurité dans la résolution 2254 et la France attend donc du régime et de ses alliés le respect de leurs obligations humanitaires et de la résolution 2254 du Conseil de sécurité : cessation des bombardements indiscriminés, levée des sièges et plein accès humanitaire aux populations syriennes.

Sur le terrain, c’est naturellement tout l’inverse que nous voyons : l’intensification des bombardements syriens, avec l’appui militaire de la Russie, a conduit à une dégradation continue de la situation humanitaire.

Encore une fois, la France condamne sans équivoque cette offensive brutale menée par le régime syrien, avec le soutien de la Russie, qui n’a pour seul objectif que d’encercler et d’asphyxier Alep.

La décision de l’envoyé spécial de suspendre les négociations de Genève était dans ces conditions la seule possible.

La France continuera de participer au processus de négociation, et de soutenir les efforts remarquables et inlassables de Staffan De Mistura. La reprise des négociations, attendues le 25 février, devra se faire sur des bases solides, avec trois garanties que je répète : respect du droit international humanitaire ; ciblage des organisations désignées comme terroristes par les Nations unies ; travail à la mise en place d’un gouvernement de transition.

Dernière modification : 10/02/2016

Haut de page