"Tous une même préoccupation : endiguer le trafic de drogue’

Débat général de la Session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies sur le problème mondial des drogues - Intervention de M. Patrick Kanner, Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports - 19 avril 2016

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire Général,
Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,

La France souscrit pleinement à la déclaration prononcée par Monsieur le Commissaire Mimica au nom de l’Union Européenne.

L’effet néfaste de l’usage des drogues sur la santé publique, notamment des jeunes, n’est plus à démontrer. L’Organisation mondiale de la Santé l’a encore confirmé dans un rapport récent.
Nous sommes tous conscients de la menace que les trafics de stupéfiants font peser sur notre sécurité et sur l’état de droit. La violence est consubstantielle à ces trafics.
Le trafic de drogue constitue également un des modes de financement de certains réseaux terroristes contre lesquels nous luttons par ailleurs avec la plus grande fermeté, la France est malheureusement bien placée pour le déclarer.

Monsieur le Président,

Face à ce triple fléau, sanitaire, social et sécuritaire, la France met en œuvre une réponse globale et intégrée : lutte contre les trafics et le blanchiment, mais aussi prévention, soins médicaux, et réhabilitation.
Cette approche intégrée est celle prônée par les trois Conventions internationales, qui offrent à la fois un cadre juridique commun pour harmoniser nos législations et organiser notre coopération et la possibilité d’adopter des réponses adaptées au contexte national et régional des Etats parties.
Ces conventions sont le socle de notre engagement, ce socle commun doit se conjuguer avec le respect des droits de l’Homme. La France rappelle son opposition constante et déterminée à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances.
Elle appelle également à respecter les engagements internationaux dans le domaine des droits de l’Homme, notamment la convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant et le pacte international sur les droits civils et politiques.

En matière de réponse au problème des drogues, je souhaiterais insister sur trois champs d’actions prioritaires dans lesquels mon pays s’investit sans faille.
Premièrement, le domaine sanitaire. La France a développé de nombreux programmes de réduction des risques, qui ont notamment permis de réduire considérablement les contaminations au virus du Sida.
Deuxièmement, la lutte contre les trafics et les flux financiers illicites qui en résultent : en amont, en s’attaquant au détournement de précurseurs chimiques nécessaires à la production des drogues et en renforçant notre coopération policière et douanière ; en aval, en développant la coopération judiciaire afin de démanteler les réseaux, de confisquer le patrimoine des trafiquants et de lutter contre le blanchiment d’argent et la corruption.
Et puis le troisième chantier, la prévention, enfin, qui constitue un élément crucial de notre dispositif car elle est un des moyens de réduire la demande de drogue.

Mesdames et Messieurs, Monsieur le Président,

C’est dans cet esprit que la France a organisé ce jour, conjointement avec la Suède, l’ONUDC et l’OMS, un événement spécial sur la prévention, Listen First : écoutez, écoutez d’abord pour comprendre, pour agir.

Monsieur le Président,

Quelles que soient nos spécificités nationales, une même préoccupation nous anime : celle d’endiguer le trafic de drogue. Face à la gravité de l’enjeu, nous n’avons d’autre choix que de nous unir.
C’est pourquoi la France se réjouit qu’ait pu être adoptée ce jour par notre Assemblée générale une feuille de route comprenant des recommandations opérationnelles pour répondre aux différentes dimensions du problème mondial des drogues. Il nous appartient maintenant de la mettre en œuvre avec lucidité, avec détermination, tout simplement pour notre jeunesse.

Merci à toutes et à tous./

Dernière modification : 19/04/2016

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