"Un signal de notre volonté à ne pas accepter l’inacceptable" [en]

Protection du personnel médical dans les zones de conflit - Propos à la presse de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies - 3 mai 2016

Q : Ambassador, what is this resolution going to achieve ?

R : First of all, one word for you, because today is the day for the freedom of the press, so you are all our heroes today and I say that seriously. This is an existential fight to preserve and strengthen the freedom of the press.

Number two, on the resolution that we are going to adopt : this is a major resolution, this is my message here, this is not one text among others. This is a major resolution on a major problem. This resolution on the protection of medical personnel in armed conflict is something that France has made one of its top priorities for a long time as you know. We have fought for this resolution ; together with the co-pens and so today is an important day. So I really want you to be aware of the major importance of this resolution.

France is especially mobilized for all the reasons you know on this topic and has fully contributed to the drafting of the text with the other penholders. We think this is a good text, we pushed for it to be as ambitious, as strong as possible.

This is a very strong signal of the mobilization of the Security Council on the protection of medical personnel in armed conflicts and I want to underscore the importance of the fight against impunity : no impunity for the authors of attacks perpetrated against medical installations and medical personnel.

One other thing I wanted to tell you is about Aleppo. And one of the reasons — not the only reason but one of the reasons —we adopt this resolution is the attacks against hospitals in Syria : the bombing of an MSF hospital in Aleppo a few days ago is another tragic example of what I just said. And let me tell you, I was on President Chirac’s foreign policy team during the Bosnian crisis, and I believe Aleppo is — to a certain extend — to Syria what Sarajevo is to Bosnia, and was during the war. Part of humanity’s ancient heritage, Aleppo is the center of the resistance to Bashar [al Assad] and has been under constant bombardments since 2012. So what is at stakes in Aleppo is fundamental, it’s about the cessation of hostilities, it’s about the political negotiations but it is also about the future of Syria more broadly.

And that’s why France here again is on the initiative. We call for an open meeting of the Security Council on the situation in Aleppo to be convened this week. And we also call for the organization of a ministerial meeting of the International Syria Support Group in order to restore the truce.

Q : Monsieur l’ambassadeur, un petit mot en français, pourquoi cette résolution ?

R : C’est une résolution, qui de notre point de vue, est extrêmement importante et permet notamment de lutter contre l’impunité face aux horreurs dont sont victimes les hôpitaux, les personnels médicaux dans leur ensemble dans les conflits armés. C’est quelque chose que la conscience humaine ne peut pas accepter.

La France, aux côtés de ce qu’on appelle les « penholders humanitaires » qui ont fait un magnifique travail, a été engagée depuis le premier jour — et en première ligne — pour pousser cette résolution et en permettre l’adoption à l’unanimité. Donc c’est un texte très important et pour nous, Français, compte tenu de notre griffe, compte tenu de nos valeurs, de qui nous sommes, et compte tenu aussi de l’importance de nos organisations humanitaires à commencer par MSF bien sûr et d’autres, qui ont été les victimes d’attaques tragiques au cours des dernières semaines et des derniers mois. Ce combat est le combat de la France.

C’est un combat majeur pour notre pays, et aujourd’hui au moment où nous célébrons la liberté de la presse pour les journalistes, je crois qu’il est révélateur que la communauté des nations relève la tête et adopte un texte qui je l’espère fera qu’il y aura un avant et un après. (...) Si nous avons l’adoption à l’unanimité d’un texte sur la protection des personnels médicaux dans les conflits armés, la communauté des nations aura adressé un signal, un signal important de sa volonté de ne pas accepter l’inacceptable, et ce sera en même temps donner des moyens de le faire à travers notamment, ce que je mentionnais, la lutte contre l’impunité. Donc c’est un combat vital aujourd’hui.

Q : Rapidement la réunion sur Alep, il y aura un produit ou non ?

R : C’est un peu tôt pour le dire, nous sommes en train d’y réfléchir. (...) Le Ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, et son homologue allemand doivent avoir une rencontre demain à Berlin avec M. Hijab et M. de Mistura sur ce sujet. Donc toute une floraison d’initiatives dans lesquelles la France prend une part très importante pour trouver une solution à Alep et plus généralement à la cessation des hostilités et à la reprise d’un vrai dialogue politique. Et encore une fois ce qui est en jeu aujourd’hui à travers Alep, cette ville martyre que je comparais avec le Sarajevo de la guerre en Bosnie, concerne vraiment nos valeurs les plus profondes, concerne directement l’avenir de la cessation des hostilités, concerne les chances d’un règlement politique, et plus largement concerne l’avenir de la Syrie.

Dernière modification : 03/05/2016

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