Visite du Conseil de sécurité en République centrafricaine

Remarque à la presse de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies et président du Conseil de sécurité, et de l’ambassadeur angolais, M. Ismael Abraan Martins - 11 Mars 2015 - République centrafricaine


Visite CS en Afrique 2015 - JPEG

François Delattre :

Merci beaucoup pour votre accueil chaleureux. C’est un immense plaisir et un très grand honneur, comme le disait mon collègue coprésident qui est l’Ambassadeur d’Angola auprès des Nations Unies et pour moi-même d’être avec vous aujourd’hui. C’est aussi un immense honneur pour l’ensemble des membres du Conseil de sécurité, que la France préside au mois de Mars, d’être aujourd’hui en République centrafricaine.

Vous l’avez dit, c’est la première fois que le Conseil de sécurité se rend en République centrafricaine et vous avez eu la gentillesse de dire que c’était une occasion historique pour la RCA. Pour nous aussi c’est une occasion historique. Comme vous le savez, le Conseil de sécurité voyage peu et cible ses visites dans les endroits les plus importants pour lui. Le fait que le Conseil de sécurité soit aujourd’hui à vos côtés, dans son intégralité, pour plus de deux jours pleins, est un évènement historique pour nous aussi. C’est le premier point que je tenais à souligner. Le deuxième élément que je voulais rappeler, c’est que durant ces deux jours, nous avons eu trois grands types de rencontres. Le premier type de rencontres est que le Conseil de sécurité a pu s’entretenir avec les autorités de la transition. A commencer par sa Présidente mais aussi le Président du Conseil National de Transition (CNT). On reviendra peut être sur les entretiens qui ont été extrêmement nourris et chaleureux. J’ai eu le plaisir, avec mon collègue l’Ambassadeur d’Angola, de dire quelques mots à la presse après mon entretien avec la Présidente de la transition. La deuxième série d’entretiens est tout ce qui concerne le dispositif international mis en place ici en RCA. Là je voudrais adresser un remerciement tout particulier et extrêmement chaleureux au Représentant spécial qui est le Général Gaye, qui est à mes côtés, et qui nous a réservé un accueil absolument magnifique. Il nous a emmenés aussi bien à Bangui qu’à Bria voir concrètement les réalisations extraordinaires de la MINUSCA. Dans le même esprit, nous avons pu rencontrer les leaders de l’Eufor-RCA d’un côté et de Sangaris de l’autre. Autant d’acteurs qui travaillent main dans la main au service de la stabilisation ici en République centrafricaine. Dans la troisième série de rencontres, nous avons discuté, à la fois ici à Bangui et à Bria, avec plusieurs des acteurs clés de la société civile de la République centrafricaine. Pour être à vos côtés, je sors à l’instant, avec l’Ambassadeur d’Angola, d’une réunion que nous tenions avec les acteurs de la société civile mais aussi les acteurs de la vie religieuse ici à Bangui. C’était extrêmement intéressant et extrêmement stimulant. Nous avons eu le même type de rencontres à Bria où nous avons effectué une visite de terrain, en rencontrant en particulier les représentants des organisations de déplacés, ce que nous avons aussi fait à Bangui. Durant cette visite, nous n’avons pas perdu une seconde pour à la fois écouter, comprendre et évaluer mieux encore, pour le Conseil de sécurité, la situation ici en RCA. La deuxième mission de ce déplacement était de porter le message du Conseil de sécurité derrière la stabilisation du pays sur le plan sécuritaire mais aussi le succès de la transition politique. Là, nous avons tous à l’esprit que le succès de la transition politique passe par le succès des consultations locales qui sont en cours, du forum de Bangui qui va suivre et des élections qui, nous souhaitons vivement, auront lieu à l’été prochain entre Juillet et Août pour le premier et le second tour.

Nous avons confiance, c’est la raison pour laquelle nous sommes en République centrafricaine, que ce pays est à un tournant à la fois sur le plan sécuritaire, sur le plan de la réconciliation qui est en marche et on l’a senti à chaque étape de notre visite. On a vu la dynamique des trois séries d’acteurs que j’évoquais. La dynamique des autorités de la transition, la dynamique sécuritaire à l’œuvre et la dynamique de la société civile qui est importante également. Les trois convergent, avec les difficultés qu’on sait, et nous incitent, je crois pouvoir le dire au nom du Conseil de sécurité, à un regard positif du Conseil sur les évolutions en RCA tout en reconnaissant les difficultés et les défis à surmonter. Parmi ces défis il y a une situation humanitaire qui est grave et une situation sécuritaire qui reste fragile à différents endroits.

Voilà les principaux messages du Conseil de sécurité : confiance et confiance dans la RCA, confiance dans ce formidable pays qu’est la République centrafricaine pour le succès de sa transition politique. Soutien à fond apporté avec tout le poids du Conseil à ce processus de transition nationale qui doit être aussi inclusif que possible afin de donner une voix à l’ensemble des communautés centrafricaines. Appel aux dirigeants politiques de ce pays pour continuer l’œuvre entreprise, assurer l’organisation des élections en Juillet-Aout, ce qui sera une étape fondamentale pour l’avenir du pays, encourager aussi car on a eu le message d’un soutien financier accru des partenaires internationaux. Ce message, nous l’avons reçu et nous allons le porter à nos collègues de la communauté internationale. Poursuivre le déploiement de la MINUSCA pour arriver à sa pleine capacité, on l’espère d’ici mi-Avril. Ce message je le porte, en particulier comme Ambassadeur de France et président du Conseil de sécurité, à New York afin de mettre la MINUSCA en situation de répondre pleinement à son mandat. Appeler la communauté internationale dans son ensemble, ce qui est l’un des messages, à rester mobilisée aux côtés de la RCA. L’avenir de ce pays passera par la mobilisation des habitants de ce pays, par l’appropriation par les habitants de la RCA de ce processus que j’ai évoqué à l’instant. La communauté internationale a le devoir de rester engagée et mobilisée, c’est aussi un des messages de notre visite en République centrafricaine.

Ismael Abraan Martins :

J’aimerais ajouter une chose et c’est un message à l’endroit de la presse. L’information joue un rôle central. C’est à vous de transmettre de façon légitime et de façon mobilisatrice le message aux dirigeants politiques de ce pays et à la communauté internationale afin que la population soit éclairée dans les objectifs à poursuivre. Je dis cela parce que la presse peut faire du bien et peut faire du mal. Elle peut faire mal quand elle transmet des messages qui sèment un peu le doute. Ici il n’y a pas de doute, le processus évolue bien et la communauté internationale est aux côtés des Centrafricains d’où, indépendamment de la religion comme on a tellement poussé, nous sommes venus avec des idées que les gens sont divisés ici. Il faut que la presse fasse son travail afin d’unir ce peuple qui vivait ensemble avant. Il faut que ce peuple puisse regarder de l’avant ensemble, vers un avenir qui est bon pour ce pays.
Merci !

***

Questions/Réponses

RJDH : Suite à vos rencontres, j’ai remarqué que vous avez discuté avec les responsables de la transition et la société civile mais vous n’avez pas parlé avec des partis politiques. Est-ce qu’il n’était pas dans votre agenda d’écouter les acteurs politiques ? Suite à vos différentes rencontres, quelles ont été les doléances qui revenaient le plus souvent ?

Radio Centrafrique : Mes préoccupations concernent l’application des différentes résolutions, notamment celles relatives au désarmement systématique des acteurs militaires. Par rapport à l’embargo lancé contre les Forces armées centrafricaines (FACA), je souhaite avoir un petit commentaire. Est-ce-que cela concerne l’importation des armes en Centrafrique ou l’opérationnalisation des FACA car cela pose problème dans le milieu centrafricain ?

VOA : Quel constat vous avez fait par rapport à la situation sécuritaire du pays ? Aujourd’hui, l’Autorité Nationale des Elections (ANE) se plaint par rapport aux moyens lui permettant d’accomplir dans les délais la mission qui lui est confiée. Vous avez dit que vous vous êtes rencontrés avec l’ANE, que peut-on attendre de cette rencontre ? Quelle est votre appréciation concernant la MINUSCA ?

François Delattre :

La première question concerne les messages qui nous ont frappés. Une mission du Conseil de sécurité est quelque chose de lourd, de méthodique, avec une grille de questions que nous posons. Nous confrontons ensuite nos notes et nous essayons de traduire les orientations qu’on a eues et les messages qu’on a reçus en ligne d’action que nous transmettons à nos autorités. On essaie d’aboutir à un consensus. Il est un peu dur de répondre à votre excellente question parce qu’il faudra qu’on fasse, nous Conseil de sécurité, ce travail de digestion des propositions et qu’on le fasse de manière collective, aussi professionnelle et méthodique que possible. De manière personnelle, je ne parle pas sur ce plan au nom du Conseil de sécurité puisqu’on n’a pas encore eu le travail de digestion, le message que je retiens et qui m’a frappé est celui d’une vraie mobilisation de tous les acteurs. Pour répondre à la première partie de votre question, on a vu les représentants des ex-Séléka à Bria. Chemin faisant, on a vu les représentants d’un large spectre politique et de la société civile. Ce qui m’a frappé au fonds est leur mobilisation et leur accord sur l’essentiel qui est le fait de dire que nous devrons, nous de la République centrafricaine, retrousser nos manches, avancer sur le plan de la sécurité, sur le plan de la transition politique et sur l’ensemble des domaines que j’ai cité. Pour cela, compter sur l’appui de la communauté internationale. Le deuxième message qui m’a frappé c’est ‘on compte sur vous’. Si je devais résumer le message c’est compter sur nous Centrafricains. On se bat, on s’engage, on est mobilisés et on a besoin de pouvoir compter sur vous, vous communauté internationale pour que vous ne nous oubliez pas.
C’est exactement le message qu’on attendait parce que cela nous rend beaucoup plus forts en rentrant à New York pour souligner la nécessité pour la communauté internationale de rester engagée aux côtés de la RCA.

Ismael Abraan Martins :

Il y a encore quelque chose qui nous a frappé, mon collègue et moi. Nous avons participé, avec la population, dans la production des briques pour construire les maisons. Cet effort de reconstruction, cet effort de vouloir se prendre en charge pour que la communauté internationale puisse vous aider est très bien. C’est nous qui vous aidons à nous aider. Pour moi le message c’est cela et nous sortons d’ici avec cela. Lors du contact qu’on a eu tout récemment avec la société civile, il y a une présentation qui nous a été faite par une organisation de cette société civile sur les ressources minérales de ce pays. Qu’est-ce qu’on fait avec le diamant ? Qu’est-ce qu’on doit faire avec le diamant de ce pays pour que cela puisse rapporter davantage ? L’insécurité ne permet pas de faire quelque chose, dès le premier pas. Arrivé au contrôle sécuritaire, il faut qu’on puisse contrôler ce que le pays peut produire et peut exporter. Qui doit le faire et comment le faire ? Ce sont là des questions qu’il faudra regarder. Nous voulons dire ici que nous avons écouté, d’une façon très ouverte, les gens poser leurs problèmes. C’est cela qui créé la confiance mutuelle entre nous et les Centrafricains. Comme le disait mon collègue, nous allons digérer tout cela et faire nos analyses. Grosso modo, ce qu’il a dit comme impressions, cela représente exactement, je pense, ce que le Conseil de sécurité va transmettre. On n’a pas eu le temps de discuter avec les partis politiques mais quand on rencontre les sociétés civiles, il n’y a pas un homme qui n’appartient pas à un parti politique. Ils ne se sont pas présentés à nous en tant que membre d’un parti politique, y compris les membres de la transition qui ne se sont pas présentés à nous en tant que membre de partis politiques. Nous ne sommes pas aux élections. Organisez-vous et venez avec les partis politiques qu’il faut et nous aurons un dialogue avec les partis politiques que les Centrafricains choisiront eux-mêmes.

François Delattre :

La deuxième question concerne les FACA et est sur l’embargo. D’abord un mot sur les Forces armées centrafricaines (FACA) parce que c’est un sujet dont, en effet, nous avons beaucoup parlé avec nos interlocuteurs.. C’est vrai du côté des autorités de la transition, cela est aussi vrai du côté du Conseil National de la Transition (CNT), je veux dire c’est au cœur de leur priorité aussi. Le fait d’avoir la réforme et la reconstruction d’une armée professionnelle, républicaine, inclusive, représentative de la diversité du peuple centrafricain et loyale est au cœur de ce que nous essayons ensemble de faire pour la stabilisation et le succès de la transition dans ce pays. Il n’y a aucun doute, le sujet était sur la table et était dans beaucoup de nos discussions. Oui, il y a une convergence d’objectifs et d’actions sur ce sujet. C’est d’ailleurs l’un des éléments-clés du mandat de la MINUSCA. C’est aussi ce à quoi contribuera la nouvelle mission de l’Union Européenne qui remplacera l’Eufor-RCA et qui s’appelle EUMAM-RCA. Une mission de conseil pour, justement, la réforme et la reconstruction de l’armée centrafricaine. Il n’y a aucun doute car cela est au cœur des priorités. Sérieux et engagés, nous le sommes et il n’en sera pas autrement. La question de l’embargo est sensible. Elle est forcément sensible parce que beaucoup la présentent en lien directe avec la reconstruction des FACA. L’état des choses tel qu’il est au Conseil de sécurité, là aussi je m’exprime prudemment parce que nous sommes quinze (15) au Conseil de sécurité et qu’on parle en terme de consensus, est que des procédures d’exemption sont prévues dans le cadre du régime d’embargo actuel. Dans le cadre de ce qu’on appelle la résolution 2196, pour obtenir ces exemptions, il suffit d’en faire la demande à ce qu’on appelle le Comité des sanctions qui se saisit de la demande et regarde si oui ou non il accorde l’exemption à l’embargo sur les armes. Le prétexte du système du Comité des sanctions de la résolution 2196 marche c’est-à-dire qu’il est plus simple, clair, ce qui n’est pas toujours le cas dans la galaxie des Nations Unies ou parfois c’est complexe. Sur ce sujet le système est simple et il marche. Pour le temps présent, c’est celui sur lequel il nous faut travailler. A l’avenir, des évolutions seront par définition inscrites. On a aujourd’hui cet instrument qui permet de répondre en partie à ces questions spécifiques.

Ismael Abraan Martins :

Le désarmement est une nécessité, il faut désarmer. On ne peut pas marcher vers la stabilité du pays s’il y a des armes partout et avec tout le monde. Les armes doivent être tenues par une armée organisée et une police organisée. Ce n’est pas un instrument pour commettre des crimes, par exemple, et c’est le cas. Cet après-midi nous avons visité le camp des déplacés où il y a des gens qui ont peur de rentrer chez eux. Peur de quoi, des ‘’assauts’’ par des gens qui sont armés. Alors, je pense qu’il faut d’abord arriver à un certain niveau de désarmement. Un exemple, nous, en ce moment en Angola, nous sommes encore en train de désarmer les gens aujourd’hui. Aucun Etat ne peut se permettre d’avoir des armes éparpillées partout et qui soient utilisées à des fins qu’on connait. Là aussi la presse a un rôle à jouer. Mobiliser les gens à désarmer. Il faut désarmer les esprits d’abord. Là c’est une question où la presse peut jouer un rôle très important, alors faisons le désarmement ensemble. Moi aussi je suis prêt à venir ici pour qu’on fasse ensemble ce désarmement.

François Delattre :

Parlant des élections, pour nous et pour nos amis Centrafricains, les élections sont une priorité de tout premier plan par rapport à la transition politique. Nous en avons longuement parlé avec la Présidente de la transition. Nous avons parlé avec le Président de l’Autorité Nationale des Elections (ANE) sur comment, concrètement, aller de l’avant sur le plan financier etc. Ce sont des questions très légitimes lorsque nous poussons pour que les élections aient lieu avant le mois d’Août. Juste pour vous donner un ou deux éléments. Pour amorcer la pente, l’Union européenne a mis sur la table, d’ores et déjà, 8 millions d’Euros destinés à lancer le processus. Deuxièmement, pour compléter le paquet, nous sommes, nous Français, car je reprends ma casquette France, en première ligne pour mobiliser les bailleurs internationaux. De ce point de vue, le 16 mars prochain nous aurons la réunion du Groupe international de contact (GIC) à Brazzaville. L’objet sera de poursuivre la mobilisation financière pour financer les élections. Le processus est engagé et, comme vous, nous ne renonçons jamais pour mobiliser les uns et les autres. Concernant la dernière question, j’ai un jugement et je crois qu’il est largement partagé par le Conseil de sécurité et là je parle vraiment en qualité de président du Conseil de sécurité, un jugement extrêmement favorable et élogieux sur l’action de la MINUSCA. Ce n’est pas facile parce que le quotidien n’est pas facile et la tâche qui est la sienne n’est pas facile, notamment la protection des civils, la restauration de l’autorité de l’Etat comme on a vu ce matin à Bria, qui sont des missions immenses. Très franchement, la qualité du leadership et les hommes et les femmes qui composent la MINUSCA suscitent notre sincère admiration aujourd’hui. A tel point que nous sommes en train de relever le plafond de la MINUSCA pour qu’elle puisse avoir tous les moyens dont elle a besoin pour remplir à fond l’ensemble de ses missions. Le travail accompli par la MINUSCA est, de notre point de vue, extraordinaire. Il est en parfait osmose avec les autorités et la population de la République centrafricaine. Nous appuyons à fond la MINUSCA. Nous Français nous avons également la force Sangaris sur place et il y a la force européenne qui s’apprête à partir et qui sera remplacée par une mission de conseil qui s’appelle EUMAM-RCA. C’est l’ensemble de ce dispositif international, dont le cœur est vraiment la MINUSCA, qui est aujourd’hui chargé de porter l’engagement de la communauté internationale aux côtés et en faveur du peuple centrafricain.

Journal ‘L’Agora’ : Ma question concerne la médiation internationale. On s’est rendu compte qu’à un moment de la crise, la médiation internationale a failli semer un peu de doute dans l’esprit des Centrafricains par rapport à certaines initiatives qui ont créé des polémiques. Ma question est de savoir comment appréciez-vous, au stade de la crise, l’effort ou l’implication de la médiation internationale.

Radio Ndeke Luka : Concernant les élections, vous aviez évoqué tout à l’heure la tenue des élections entre Juillet et Août prochain. Vous avez été sur le terrain, techniquement, pensez-vous que cette date est tenable ?

Journal Le Messager : Depuis 2009, un groupe de rebelles étrangers dénommé LRA sévit dans le Sud-est de la RCA. Cela n’est-il pas dans la priorité du Conseil de sécurité des Nations Unies ?

Ismael Abraan Martins :

Je commence par la question de la médiation. Telle qu’elle est entretenue en ce moment, la médiation, à la suite de l’accord de Brazzaville et le rôle qu’a joué le Président Denis Sassou Nguesso au nom du Président de la CEEAC et des Grands Lacs, a apporté le résultat qu’il nous faut et cela a été très apprécié par le Conseil de sécurité.
Je sais qu’il y a eu dernièrement un petit détour. On a essayé de faire une autre réunion à Nairobi. Quant à nous, cela a été déjà repensé. La feuille de route qui passe par Brazzaville et qui passe par Bangui, avec des rencontres prévues ici à Bangui, est la feuille de route suivie et acceptée par le Conseil de sécurité. Les échéances qui sont là seront naturellement respectées.

Concernant les élections au mois de Juillet-Août, cet après-midi nous étions encore rassurés qu’on va suivre ces échéances. Nous n’avons aucun doute qu’il y a la bonne foi pour qu’on puisse tenir les élections dans ces délais qui ont été annoncés et qui sont en accord avec le forum de Bangui qui aura lieu dans quelques jours ici. Par rapport au problème que vous avez vous-même soulevé concernant le financement de ces élections, c’est un problème technique et on doit y trouver une solution. Nous sommes là aussi pour aider à trouver cette solution au financement mais pas aux décisions de la tenue des élections comme cela a été annoncé. Je pense que les réunions qui auront lieu essayeront de faire la lumière sur ces questions. Quant à nous, ce que nous avons retenu de nos rencontres ici c’est qu’on reste dans les délais fixés.

La LRA est un groupe rebelle qui est aussi sur l’agenda du Conseil de sécurité. Ce groupe est là, il est au Congo et c’est un de ces groupes rebelles qui pratiquent une action à caractère terroriste. Tenant compte de cela, ce groupe est sous l’œil du Conseil de sécurité et ce groupe ne doit pas semer des perturbations par rapport au processus politique ici en Centrafrique, même s’il est là à la frontière. Je pense que nous allons aussi poursuivre l’action contre la LRA et cette action est déjà engagée. J’espère qu’on aura le résultat dans un avenir proche. Les résultats ne sont pas prévus pour un futur lointain. La seule chose qui est lointaine est le manque d’espoir. Quand on a l’espoir et qu’on est engagé, cela ira. En ce moment, la LRA est sous l’œil du Conseil de sécurité et des actions sont entreprises en ce moment, ce n’est pas une question pour attendre.

Dernière modification : 16/03/2015

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