Yémen : la rébellion houthiste persiste à conduire des actions de déstabilisation - 14 avril 2015 [en]

Adoption de la résolution 2216 sur le Yémen - Explication de vote de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 14 avril 2015

Madame la Présidente,

Nous remercions la Jordanie d’avoir pris l’initiative de préparer et d’animer les négociations sur ce projet de résolution relatif à la situation au Yémen.

La France a voté en faveur de ce texte et l’a co-parrainé car il traite de la cause profonde de la situation actuelle.

Cette cause est politique.

Il s’agit de la persistance de la rébellion houthiste à conduire au Yémen des actions de déstabilisation.

Il s’agit du refus de cette milice de se conformer aux demandes du Conseil de sécurité – en particulier à sa résolution 2201 du 15 février et à sa déclaration présidentielle du 22 mars – ainsi qu’aux différents accords négociés sous l’égide des Nations Unies au cours des derniers mois, qu’elle n’a jamais respectés.

Il s’agit, au fond, de la menace que les Houthistes font peser sur l’unité, sur l’intégrité, sur la stabilité et sur la souveraineté du Yémen et dont seuls les terroristes, à commencer par Al-Qaïda mais aussi depuis peu par Daech, sortent gagnants.

Madame la Présidente,

Nous n’avons eu de cesse, depuis plusieurs mois désormais, d’indiquer aux perturbateurs de la transition politique que nous étions déterminés à exercer sur eux une pression croissante afin de les conduire à renoncer à leurs actions unilatérales et à revenir à la table des négociations.

Ce message que le Conseil uni a exprimé à plusieurs reprises, il était important que nous confirmions notre détermination à le mettre en œuvre dans les faits. C’est, précisément, ce que nous venons de faire en plaçant sous sanctions MM. Abdulmalik al-Houthi et Ahmed Ali Abdullah Saleh et en mettant en place un embargo sur les armes ciblé. Il en allait de notre crédibilité collective.

Madame la Présidente,

Ces sanctions, nécessaires, ne sont pourtant pas une fin en soi.
Elles sont un instrument destiné à favoriser la réalisation d’un objectif politique.

Une sortie de crise, une reprise du dialogue politique inclusif, un accord sur la formation d’un gouvernement d’union nationale et une relance étape par étape de la transition yéménite : voilà l’objectif politique que nous poursuivons.

A cet égard, les Nations Unies ont un rôle central à jouer. Leur expertise et leur neutralité les rendent irremplaçables. C’est pourquoi nous appuyons le rôle des Nations Unies au Yémen et plaidons pour une reprise du dialogue inter-yéménite sous leur égide dès que possible.

Au regard de la détérioration de la situation humanitaire sur le terrain, la France appelle également au respect du Droit International Humanitaire et à la protection des civils. Un accès libre et sans entrave de l’assistance aux populations dans le besoin doit être garanti comme le rappelle la résolution.

Madame la Présidente,

La France soutient l’approche constante qui a été celle du Conseil à l’égard du Yémen : soutien au Président légitime du Yémen, Abd Rabo Mansour Hadi ; fermeté contre les perturbateurs ; soutien aux acquis de la transition et aux institutions du Yémen ; appel à un règlement politique inclusif qui seul permettra de répondre aux défis du pays ; lutte contre les groupes terroristes.

Nous formons le souhait que cette approche produise sans tarder des résultats et savons pouvoir compter sur la détermination des Nations Unies en ce sens. Nous appelons tous les acteurs concernés – parties yéménites, acteurs de la région, pays influents – à travailler résolument en ce sens à leurs côtés.

Dernière modification : 20/06/2016

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