Yémen : un cessez-le-feu durable et respecté par tous est nécessaire - 22 décembre 2015 [en]

Conseil de Sécurité - Situation au Yémen- Intervention de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies - 22 décembre 2015

Madame la Présidente,

Je remercie l’Envoyé spécial, le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme et le Sous-secrétaire général pour les affaires humanitaires pour leurs exposés et leur engagement.

Depuis plusieurs mois le Yémen s’est enfoncé dans une crise humanitaire et politique majeure. Dans ce contexte, la France accueille favorablement le progrès qui se dessine.

La France salue la tenue des pourparlers qui se sont déroulés en Suisse du 15 au 20 décembre et les avancées qui s’en sont suivies, s’agissant en particulier de la création d’un comité militaire chargé du respect du cessez-le-feu et de la mise en place d’un accès humanitaire à la ville de Taëz.

Il nous revient à cet égard de saluer tout le travail accompli par l’Envoyé spécial pour rassembler les deux parties et les conduire à la table de négociation. Nous saluons également l’engagement des parties à mettre un terme aux hostilités. Cependant, face à la poursuite de combats, nous ne pouvons que mesurer le chemin qu’il reste à parcourir afin de rétablir durablement la confiance entre les parties. Dans ce contexte, il est nécessaire que puisse sans délai intervenir un cessez-le-feu qui soit durable et respecté par tous.

La seconde session de négociation s’ouvrira le 14 janvier prochain. Elle devra permettre d’avancer vers un compromis acceptable pour l’ensemble des parties afin de permettre l’établissement d’un gouvernement inclusif, favoriser la réconciliation nationale et le rétablissement de l’Etat de droit. Ce compromis devra également permettre de relancer un processus de transition politique sur le fondement des résolutions du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2216, ainsi que l’initiative du Conseil de coopération du Golfe et les conclusions de la Conférence de dialogue national.

Une solution politique est d’autant plus nécessaire que la situation humanitaire et des droits de l’Homme est plus critique que jamais. Comme cela vient d’être rappelé, plus de 80% de la population yéménite a aujourd’hui besoin d’assistance. Des millions de personnes n’ont pas d’accès à l’eau, souffrent de malnutrition et sont privés d’accès aux soins. Nous souhaitons en particulier que le dispositif d’acheminement de l’aide humanitaire à la ville de Taëz puisse rapidement être étendu à d’autres villes du pays.

De même, la situation des droits de l’Homme à travers le pays est extrêmement préoccupante, pour ne pas dire dramatique ; comme vient de le dire le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme dont je salue la présence parmi nous aujourd’hui.

La situation au Yémen n’est plus seulement une menace régionale mais internationale. La montée en puissance sur le territoire yéménite des groupes terroristes AQPA et Daech accompagne le délitement de l’Etat yéménite. Cette évolution représente une menace pour la stabilité régionale et pour tous les pays, comme on l’a vu. L’aggravation de cette menace terroriste renforce encore l’urgence d’une solution politique, qui est seule en mesure de traiter les causes profondes qui minent le Yémen.

La France saisit par conséquent l’occasion de cette séance formelle du Conseil de sécurité pour appeler les parties à tout mettre en œuvre pour assurer la réussite des négociations et pour appeler les partenaires régionaux à user de leur influence afin soutenir les efforts de l’Envoyé spécial. Il nous revient collectivement d’appuyer ce processus fragile de sortie de crise.

Il est essentiel à cet égard que le Conseil de sécurité joue pleinement son rôle. La France continuera à ne ménager aucun effort pour travailler avec ses partenaires du Conseil en ce sens.

Je vous remercie.

Dernière modification : 04/08/2016

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