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20 November 2012 - Democratic Republic of Congo - Remarks to the press by Mr. Gérard Araud, Permanent Representative of France to the United Nations

(In French and in English)

Mesdames, Messieurs, comme vous le savez, la situation à l’Est de la RDC est très grave.

Le groupe rebelle M23 a pris cette nuit la ville de Goma au Nord-Kivu ; Goma compte près d’un million d’habitants.

Déjà, nous avons des informations selon lesquelles le M23 se livre à des violations des droits de l’Homme, notamment aux dépends de femmes et d’enfants.

M. Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, avait demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité samedi. Le M23 n’a pas tenu compte de l’appel du Conseil de sécurité. Le ministre français des Affaires étrangères m’a demandé hier de présenter une résolution qui a été adoptée ce soir.

Je voudrais donc d’abord insister sur la rapidité avec laquelle le Conseil de sécurité a réagi : en 48 heures, c’est tout à fait exceptionnel. Il a voté à l’unanimité une résolution qui condamne la prise de Goma et les avancées du M23, qui demande l’évacuation immédiate du M23 de Goma, et qui demande également au Secrétaire général de nous informer dans les prochains jours des soutiens extérieurs éventuels dont bénéficie le M23.

Par ailleurs, la résolution demande au Comité de sanctions du Conseil de sécurité d’examiner la mise sous sanctions de deux commandants bien connus du M23. Et nous pourrons ensuite adopter d’autres sanctions.

Enfin, le texte salue le travail des casques bleus de la MONUSCO.

C’est une réaction rapide qui exprime la préoccupation du Conseil de sécurité. Nous espérons que le M23 et tous ceux qui l’aident entendront l’appel de la communauté internationale.

Q : La RDC vient de déclarer qu’elle se plaint du matériel utilisé par le M23 lors de l’attaque de Goma, notamment un matériel qui n’est pas dans l’arsenal des FARDC dont se réclame le M23, d’où vient-il, pourquoi cela n’apparait-il pas clairement dans cette résolution ?

C’est exact, déjà hier M. Ladsous l’avait relevé le M23 a utilisé des équipements sophistiqués qui ne proviennent certainement pas des FARDC. C’est la raison pour laquelle nous demandons au Secrétaire général de faire un rapport dans les prochains jours sur l’ensemble des soutiens extérieurs dont a pu, à l’évidence, bénéficier le M23.

Q: It seemed to many people that the MONUSCO in Goma did not actually engage with the M23 when it came into town. People were curious, it was said today at the noon briefing that it was a decision not to engage in firefight, that it was not in the mandate, is it your understanding?

Yes. It is not the mandate of the MONUSCO. The MONUSCO is not supposed to fight in a civil war. It is true that from the outside it looks a bit strange to have soldiers that do not fight, but UN blue helmets are not parties to a civil war, and they are not supposed to do the job of the national army.

Look at the mandate of the MONUSCO, it is not defending Goma. Nevertheless it has supported the national army when it was resisting the M23. Since the national Congolese army has left Goma, the mission left to the MONUSCO is the protection of civilians. We have been informed that right now the MONUSCO is patrolling Goma to react as much as it can to violations of Human Rights, but there are only 1,600 soldiers in a city of 1 million inhabitants, a sprawling city, very wide, so of course it is a difficult job.

Q: How will it be different in Mali?

In Mali, it will not be a peacekeeping force. It will be different.

Q: Monsieur l’Ambassadeur ma question est similaire mais je la pose en français et en deux temps. Peut-on parler d’un échec de l’ONU à défendre la ville de Goma et à arrêter l’avancée du M23 ? Est-il possible d’imaginer une coexistence du M23 s’il devait rester à Goma avec l’ONU ?

Le mandat de la MONUSCO n’est pas de défendre Goma, le mandat de la MONUSCO n’était pas de prendre partie dans la guerre civile. La MONUSCO a beaucoup de missions ; elle a 41 missions dans son mandat parmi lesquelles ne figure pas la participation à une guerre civile. D’ailleurs, traditionnellement, les missions des Nations unies sont des missions de stabilisation, des missions de maintien de la paix et de protection des civils.

La coexistence, elle existe déjà carqu’en réalité dans les zones tenues par le M23, avant même la prise de Goma, vous avez déjà des bases tenues par les forces des Nations unies. Il y a donc déjà d’une certaine manière ce que vous appelez une coexistence. Mais cette coexistence doit être une coexistence vigilante et comme je l’ai dit les forces des Nations unies font tout pour éviter les violations des droits de l’Homme dans les zones tenues par le M23.

D’ores et déjà la MONUSCO patrouille dans Goma, mais évidemment, il n’y a que 1600 soldats de la MONUSCO dans Goma, qui est très vaste et fait plus d’un million d’habitants. C’est une tâche difficile. Mais je peux vous assurer que la France sera très vigilante pour que les forces de maintien de la paix à Goma fassent de leur mieux pour défendre les civils face à un groupe qui est dirigé par des criminels notoires.

Q : Le mandat est-il suffisamment robuste, envisagez-vous son évolution ?

On peut envisager une révision du mandat comme l’a indiqué Laurent Fabius. Par exemple en donnant à la MONUSCO un mandat de contrôle des frontières ou de soutien au contrôle des frontières puisqu’il y a un mécanisme qui va être mis en place par la conférence des grands lacs. Nous pouvons également, si la situation s’aggrave, donner à la MONUSCO un mandat plus robuste.

La France le souhaite. Comme vous le savez nous avons toujours essayé de promouvoir ce qu’on appelle en jargon le "maintien de la paix robuste". Nous sommes donc naturellement favorables et nous essaierons dans les jours qui viennent selon les évènements de renforcer encore le mandat.

Q : Pour le placer sous chapitre VII ? Sur tout le territoire ?

C’est déjà le cas.

Q : Quelle genre de sanctions envisagez-vous ?

Ce sont les sanctions qui sont prévues par la résolution 1533. Il y a déjà des critères pour l’inscription et il y a tout une série de sanctions qui sont prévues par cette résolution.

Q : Cette coexistence avec le M23 que l’on peut qualifier de « forces négatives » est-elle ainsi officiellement reconnue ?`

Il n’y a absolument pas de reconnaissance. Le M23 est un mouvement rebelle. La résolution le dit très clairement. Le M23 doit se retirer, pas seulement de Goma. Le M23 doit cesser ses activités militaires. Il faut restaurer la seule autorité légitime dans les Kivus, c’est à dire l’autorité du gouvernent de la République démocratique du Congo. Et nous espérons que la réunion de la Conférence des grands lacs qui a lieu à l’heure actuelle à Kampala conduira à une décision pour éliminer ce que vous appelez "les forces négatives".

La France soutient la République démocratique du Congo dans cette entreprise. La restauration de l’autorité de l’Etat congolais est la seule manière, finalement, de protéger les civils. Ce ne sont pas les Nations unies qui protégeront les civils le plus efficacement mais les autorités légitimes de la RDC.



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