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28 January 2014 - Central African Republic - Remarks to the press by Mr Gérard Araud, Permanent Representative of France to the United Nations

(In French and in English)

Bonjour, le Conseil de sécurité vient d’adopter la résolution 2134, présentée par la France, qui marque une nouvelle étape de l’action de la communauté internationale en République Centrafricaine.

Je vous rappelle que dans un premier temps le Conseil de sécurité a donné un mandat aux forces africaines de la MISCA et aux forces françaises pour rétablir l’ordre et protéger les populations civiles en République centrafricaine.

Dans cette deuxième étape, nous donnons mandat à la force de l’Union européenne pour nous aider ; nous créons un régime de sanctions contre les individus responsables de violations de droits de l’Homme ; et nous renforçons les moyens du Bureau des Nations unies. Tout ceci est dans la perspective de la création ultérieure d’une opération de maintien de la paix. Mais ce sera plus tard.

Comme vous le savez, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont décidé, à la demande de la France, la semaine dernière de déployer une force européenne en Centrafrique, aux côtés des forces africaines, la MISCA, et de l’opération française Sangaris. La résolution que nous venons d’adopter donne un mandat de l’ONU, sous chapitre VII, à la nouvelle force de l’Union européenne.

La force de l’Union européenne, aux côtés de l’armée française et aux côtés des Africains, pourra donc contribuer à faciliter l’accès de l’aide humanitaire et protéger activement les populations civiles, y compris, si nécessaire, en recourant à la force.

Par ailleurs, d’un point de vue politique, la résolution 2134 demande une accélération de la période de transition de façon à permettre des élections dès que possible, si possible dès le second semestre 2014. Il est important de renforcer la légitimité des autorités centrafricaines.

***

Good morning, the Security Council just adopted resolution 2134, presented by France, which marks a new milestone in the engagement of the international community in the Central African Republic. As you know, the first step was to give mandate to the African and the French Forces to protect the civilian population, to bring humanitarian aid to the population.

That is the second stage, which is to have a European Union operation in the Central African Republic. It is a very strong political message by our European partners to help the Central African Republic with the Africans and the French.

There are three main parts in the resolution. The first one provides a mandate to the Europe Union Force. The second part reinforces the UN office in the Central African Republic, so that it can provide increased support to the transitional authorities. The third part sends a clear message to those who threaten the political process or commit violence in the Central African Republic by setting up a sanctions regime which provides the UN all necessary tools to sanction the individuals who undermine the political stabilization or commit violations of human rights.

Final point, the context in the Central African Republic is extremely dire and difficult. We have started to stabilize the population. As you remember, we deployed the French Forces after the adoption of resolution 2127 when the Seleka was sinking into an orgy of killings. Between December 5 and 6 there were several hundreds killed by the Seleka. So when we deployed we disarmed first the Seleka and, when the anti-balakas came back, we disarmed also the anti-balakas. So we are disarming both sides. But the majority of the Seleka and the anti-balakas went into hiding with their weapons and both sides are still committing major crimes, especially at night. You have also the crowd which, in a spirit of revenge and looting, is also committing violence. So there is a very tense situation. We are starting to stabilize the situation but it still is very fragile. So we need the arrival of the European Union Force because our contingent, for the moment, has been largely committed to the protection of the 100,000 IDPs who have taken refuge at the airport. The European Union Force will protect these people. It will allow the French Forces - we have only 1,900 soldiers - to deploy more strongly to the city of Bangui and beyond Bangui to the rest of the country.

The African contingents are arriving. They are very good contingents. The most recent one was a battalion from Rwanda. So they also are starting their activities in the country, patrolling in the city. It is quite a challenge because there is an incredible amount of resentment and hatred between the two communities. We are in a sense between the rock and a hard place but I think that what we are doing has had a lot of positive results in terms of stabilization of the situation. Thank you.

***

Q : Sur les soldats européens, avez-vous des informations sur les pays qui vont contribuer à cette force, leur nombre un peu plus précis et quelle sera leur mission précise par rapport à celle des soldats français ? Sur la question des sanctions, pouvez-vous élaborer un peu plus, y-t-il déjà des personnalités en particulier qui sont déjà visées par ces sanctions ?

En ce qui concerne le régime de sanctions, nous l’avons mis en place et maintenant la France présentera des noms au Comité de sanctions. J’ai des noms qui sont seulement des propositions françaises, il faut encore que le Comité de sanctions se mette au travail et que ce soit adopté par les quinze membres de ce Comité.

En ce qui concerne la mission de l’Union européenne, c’est à peu près 500 hommes. Elle devra dans un premier temps assurer la protection de l’aéroport et notamment de cet immense camp de 100 000 réfugiés qui vivent sur le tarmac de l’aéroport. Pour le moment ces gens n’osent pas rentrer chez eux parce qu’il y a encore des violences la nuit dans les rues de Bangui. Par ailleurs, en plus de la protection de l’aéroport, les Européens assureront la protection des convois humanitaires que nous voulons acheminer vers les villes de province. Cela libérera les forces françaises pour pouvoir assurer plus de sécurité à Bangui où il reste de vrais défis et ensuite pour se déployer dans le reste du pays qui est immense, 600 000 km carrés, et où nous savons qu’il y a des violences.

Q : Monsieur l’Ambassadeur, qualitativement quels changements est-ce que cette seconde étape, l’adoption de cette résolution, pourrait apporter à la situation dégradée de la sécurité ?

La première étape est de permettre aux Français et aux Africains de se dégager d’une partie de leur travail humanitaire et de faire encore plus de sécurité. J’insiste sur l’aspect sécuritaire. Le problème auquel nous nous heurtons, par exemple, est que lorsque vous avez la foule centrafricaine qui veut commettre des violences, avec des soldats il est impossible de faire de la sécurité. Donc nous voulons mettre aussi dans la rue les gendarmes centrafricains et la police centrafricaine pour assurer cette sécurité de base.

La deuxième chose concerne le bureau des Nations unies qui aura des moyens renforcés. Le problème des autorités de transition est que l’Etat s’est effondré donc il s’agit de les aider en leur fournissant des moyens, des moyens de conseil notamment, pour pouvoir assumer leurs très lourdes responsabilités.

Ensuite il y a des violateurs des droits de l’Homme que nous avons très clairement identifiés. Nous voulons lancer un message pour arrêter ces violences et avoir un effet de dissuasion en ce qui concerne les violations des droits de l’Homme, qui ont été massives en République centrafricaine, et qui hélas le restent.

Q: Do you still believe that a full-fledged UN peacekeeping force is required, and if so why?

As for a UN force, why do we think it should be required at a later stage? First there is the problem of financing. A UN force is financed on assessed contributions. So the financing of such force is safe and it is safe on a long term, while for the African Union Force, the financing is through voluntary contributions. Experience is telling us that usually it is not sustainable.

Secondly the ceiling of 6,000 soldiers of the African Union is considered now too low because the situation is very dire and the country is huge. The Secretariat thinks that at least 10,000 soldiers are necessary. That would be a good reason to have a peacekeeping operation.

The third reason is that there is no state left in the Central African Republic. We will need a very strong civilian component to rebuild the state. Here the experience of the UN agencies is really necessary. But it is not African Union or United Nations. It is obviously an African endeavor where the Africans have taken the burden. We want to bring to the Africans the means of the UN. We want to tell them that it is very difficult, maybe more than we were anticipating, and that the UN can help them. But it would certainly be the same General, an African General, the same Special Representative, an African Special Representative. We have to discuss it with the African Union and we will not have a UN force without the support of the African Union.


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