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16 décembre 2011 - Syrie - Entretien de Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, avec le journal "Le Parisien"



Pour l’ambassadeur de France à l’ONU, Gérard Araud, le régime syrien, contesté par la révolte populaire et soumis aux pressions internationales, n’a plus d’avenir.

Le Conseil de sécurité de l’ONU n’arrive pas à se mettre d’accord sur une résolution condamnant la répression sanglante en Syrie. Comment sortir de cette impasse ?

Il y a en Syrie un potentiel de guerre civile et le régime joue là-dessus. Nous avons l’impression que le pays s’enfonce dans la guerre civile. C’est pourquoi nous défendons l’intervention de la Ligue arabe. S’il y a demain une résolution du Conseil de sécurité, elle doit avant tout soutenir l’initiative de la Ligue arabe qui s’est mobilisée. Elle appelle la Syrie au retrait de ses forces des centres-villes, à l’acceptation de l’envoi d’observateurs des droits de l’homme et à l’ouverture d’un dialogue avec l’opposition.

Vous jugiez lundi « scandaleux » le silence du Conseil de sécurité, mais les Russes ont déposé jeudi un projet de résolution…

Les Russes — qui avaient mis leur veto à notre projet de résolution le 4 octobre — ont senti que leur défense aveugle du régime d’Assad ne pouvait plus durer. Ils ont donc bougé et présenté un texte. Celui-ci est totalement inacceptable : il renvoie dos à dos les deux parties et ne condamne absolument pas les violations des droits de l’homme. Mais c’est un texte sur la base duquel nous allons négocier. La Russie a compris qu’il lui fallait lâcher du lest et elle a commencé, mais nous allons essayer de l’accompagner pour qu’elle en lâche encore plus.

Une résolution est-elle envisageable d’ici à Noël ?

J’espère bien… Mais tout dépendra en réalité de la disponibilité des Russes à accepter nos amendements. Tout peut être résolu en trois jours… ou tout peut encore durer des semaines.

Le Conseil a pourtant entendu un rapport accablant sur la répression en Syrie…

Comme l’a dit un de mes collègues, le rapport de Mme Pillay, haut-commissaire des Nations unies aux Droits de l’homme, est le plus épouvantable qu’on ait entendu au Conseil ces deux dernières années. Elle parlait de violation systématique des droits de l’homme, de tortures commises à l’évidence sur ordre des autorités syriennes, de plusieurs centaines d’enfants tués, de viols commis sur des hommes et des femmes pour les humilier, de dizaines de milliers d’arrestations, de soldats ayant reçu non seulement l’ordre de tirer sur les manifestants, mais également de tirer sur leurs camarades refusant de tirer !

Bachar al-Assad doit-il partir ?

Peut-on imaginer une réconciliation nationale avec Assad ? A cette question, la réponse nous semble être clairement non ! Assad doit partir, non parce que l’on voudrait sa tête, mais parce qu’il ne peut plus être partie d’une solution. Mais c’est aux Syriens de le décider. A la différence de la Libye, à aucun moment il n’a été question et il ne sera question, d’une intervention militaire en Syrie. Ceux qui essayent d’agiter cette menace comme un fantôme le font pour justifier leur inaction.

Propos recueillis par Bruno FANUCCHI

Pour en savoir plus sur la situation en Syrie



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