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29 novembre 2011 - Conseil de sécurité
Situation au Kosovo - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je remercie de leurs interventions, M. Vuk Jeremic, Ministre des Affaires étrangères de Serbie, et M. Enver Hoxhaj, Ministre des Affaires étrangères du Kosovo. Je félicite M. Farid Zarif pour sa nomination.

Monsieur le Président,


La situation au nord du Kosovo a fait l’objet de nombreuses réunions du Conseil de Sécurité depuis fin juillet. Je ne vais donc pas revenir sur l’origine et le déroulement des incidents détaillés dans le rapport du Secrétaire Général. Mais de nouveaux affrontements viennent d’avoir lieu, qui ont laissé quelque vingt-cinq blessés parmi les soldats de la KFOR, dont deux par balles.

Cette violence exercée contre une mission internationale chargée de garantir la sécurité des populations civiles est inadmissible. La France condamne ces attaques délibérées contre le personnel de l’UE et de l’OTAN, personnel qui agit dans le cadre d’un mandat des Nations unies.

La réponse d‘EULEX et de la KFOR pendant ces explosions de violence a été adéquate et proportionnée. Leur intervention en concertation avec les autorités locales a permis de faire baisser la tension. Mais des barrages routiers au nord du Kosovo, qui continuent d’entraver la mise en œuvre du mandat des contingents internationaux et rendent la vie des populations difficile. Nous appelons donc à la levée immédiate de ces barrages et au respect de la liberté de circulation au Kosovo conformément à la Résolution 1244.

Le retour au calme est d’abord dans l’intérêt des habitants du nord Kosovo, qui sont les premiers à subir les conséquences de ces entraves à la circulation. Ni la communauté internationale ni les Etats voisins ne souhaitent voir ce territoire et ses habitants isolés et placés sous la coupe des réseaux criminels, qui sont à l’origine des violences, non par nationalisme, mais parce que le contrôle aux frontières rend plus difficile les trafics dont ils vivent. Notre adversaire n’est pas la population locale, mais la criminalité organisée qui la manipule.

La reprise des relations commerciales entre la Serbie et le Kosovo, la présence d’EULEX aux postes-frontière 1 et 31, conformément au mandat que les Nations unies lui ont donné en 2008, et la reprise du dialogue facilité par l’Union européenne entre Belgrade et Pristina, le 21 novembre et demain 30 novembre, sont des développements positifs qu’il faut encourager. Le retour au calme est dans l’intérêt de Belgrade et de Pristina, qui souhaitent se rapprocher de l’Union européenne. C’est dans le cadre de ce dialogue, dans un esprit de compromis, que doivent être résolus les contentieux entre les parties.

Nous appelons la Serbie et le Kosovo à poursuivre ce dialogue dans un esprit de responsabilité, à concentrer leurs efforts vers une adhésion à l’Union européenne, en suivant les recommandations contenues dans le dernier rapport de progrès de la Commission et en s’abstenant de tout acte ou discours susceptibles d’attiser les tensions.

Enfin Monsieur le Président, nous saluons la nomination de M. Williamson à la tête de l’équipe spéciale d’EULEX chargée d’enquêter sur les allégations de trafics d’organes contenues dans le rapport de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe rendu public à la fin 2010. Nous appelons tous les Etats de la région à poursuivre leur coopération avec la mission EULEX et nous nous félicitons de la disponibilité qu’ils ont exprimée à cet égard. EULEX a donc les moyens de conduire une enquête crédible, qui doit pouvoir se poursuivre sereinement, sans être instrumentalisée dans le cadre du dialogue.

Je vous remercie.



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