Le séisme de magnitude 7 qui a ravagé Haïti le 12 janvier 2010 a fait plus de 220.000 morts - dont 102 agents des Nations Unies (selon le bilan du Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix le 20 janvier 2011 au Conseil de sécurité). Il a entraîné 1,3 millions de sans-abris, et 3,5 millions de personnes ont été affectées au total (le tiers de la population). Les dégâts se montent à 7,9 milliards de dollars (soit 120% du budget haïtien) selon le gouvernement haïtien, la Banque mondiale et l’ONU. La communauté internationale s’est fortement mobilisée pour répondre à cette catastrophe sans précédent.

Le 20 mars 2013, le Conseil de sécurité s’est réuni publiquement pour entendre le rapport de M. Nigel Fisher, Représentant spécial par intérim pour Haïti et Chef de la MINUSTAH sur la situation dans le pays et les activités de la MINUSTAH.
Le représentant de la France a souligné que la présence de la MINUSTAH avait garanti depuis 10 ans une stabilité politique, dont la tenue prochaine des élections locales et législatives était la marque. Le départ progressif de la MINUSTAH pouvait être désormais envisagé, ce qui devait aussi amener la Communauté internationale à réfléchir sur la forme que sa présence en soutien des institutions du pays pouvait prendre.
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— Les contributions financières
Le 18 février 2010, l’ONU a lancé, en présence du Secrétaire général et de Bill Clinton, émissaire spécial du Secrétaire général pour Haïti, un appel de fonds d’un montant de 1,44 milliards de dollars, afin de venir en aide aux trois millions de personnes touchées par le séisme. Un tiers de cette somme était destiné à acheter de la nourriture (480 millions de dollars), le reste servant à financer des abris provisoires et soutenir les secteurs de l’agriculture, de l’éducation, de la santé. Cet appel de fonds comprenait un précédent appel de 577 millions de dollars lancé à la suite de la catastrophe et qui, à la mi-février, était entièrement financé.
Le 31 mars 2010 s’est tenue à New York, au siège des Nations Unies la " conférence internationale des donateurs pour un nouvel avenir en Haïti ". A cette occasion, le gouvernement haïtien a présenté son " Plan d’action pour le relèvement et le développement d’Haïti ", basant la refondation sur quatre thèmes essentiels : territoire, économie, services sociaux et institutions.
La conférence a permis de lever un montant total de 9,9 milliards de dollars pour une aide immédiate et à long terme à la reconstruction du pays grâce à 59 donateurs, dont 5,26 milliards de dollars alloués au financement des projets spécifiques du plan d’action national au cours des 18 prochains mois.
— Le renforcement de la MINUSTAH
A la suite du départ du président Aristide en février 2004, la communauté internationale était intervenue, autorisée par une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU à déployer immédiatement en Haïti une Force Multinationale Intérimaire (FMI) pour une période de trois mois (Etats-Unis, Canada, France).
En juin 2004 (Résolution 1542), la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) a succédé à la FMI.
Le mandat initial de la MINUSTAH lui fixait les objectifs suivants :
— Consolidation de la stabilité et de l’Etat de droit en Haïti.
— Soutien aux efforts des autorités haïtiennes pour lutter contre les groupes armés et les trafics.
— Aide au renforcement de la police nationale haïtienne et à la réforme de l’administration de la justice.
— Assistance humanitaire et une aide au développement.
Après le tremblement de terre qui a causé 102 décès parmi son personnel, y compris le chef de la mission, M. Hedi Annabi, et son adjoint, M. Luis Carlos Da Costa, la MINUSTAH s’est concentrée sur l’aide humanitaire d’urgence et le maintien de l’ordre public dans les zones dévastées. M. Edmond Mulet, ancien chef de la MINUSTAH avant M. Annabi, a été nommé chef de la MINUSTAH par intérim.
Le plafond de la force s’établit à 8 940 militaires et 4391 policiers. Le mandat a été renouvelé jusqu’au 13 octobre 2011 (résolution 1944)
Un premier relèvement du plafond avait été décidé par le Conseil de sécurité quelques jours après le tremblement de terre (résolution 1908 du 19 janvier 2010)
La France fournit un contingent de 36 policiers et gendarmes à la MINUSTAH pour la réorganisation de la police nationale haïtienne.

— La phase de première urgence
A la suite du séisme, la mobilisation de la France a été immédiate. La première équipe de secours international, arrivée dès le 13 janvier, venait des Antilles françaises. Environ 1.170 personnels français et près de 2.000 tonnes de matériel humanitaire ont été déployés sur la zone. Ce matériel comprenait notamment 1.500 tentes, 500 couvertures, 200 bâches, 14 groupes électrogènes.
L’assistance médicale aux populations haïtiennes a également débuté dès le 13 janvier. Elle est montée en puissance le 18 janvier avec la mise en place d’un hôpital de campagne de la Sécurité Civile (70 personnels médicaux). Au total, les 160 personnels médicaux ont permis de réaliser plus de 17.000 consultations, 2.550 hospitalisations et 1.300 interventions chirurgicales. Cette phase s’est achevée le 22 février avec le repli de l’hôpital de campagne.
Par ailleurs, quatre unités de production d’eau ont été installées du 16 janvier au 17 février pour répondre aux besoins de 40.000 personnes. Elles ont permis de distribuer 689.000 litres d’eau.
— De l’urgence à la reconstruction
Lors de la deuxième phase qui a débutée fin février 2010, l’effort français s’est concentré sur le soutien aux populations et la reconstruction du pays.
Le président de la République, M. Nicolas Sarkozy, s’est rendu en Haïti le 17 février 2010. Au cours de sa visite, il a annoncé le versement sur deux ans d’une enveloppe d’aide d’un montant de 326 millions d’euros.
Le 31 mars 2010, M. Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères et européennes a participé à la " conférence internationale des donateurs pour un nouvel avenir en Haïti " à New york au siège de l’ONU au cours de laquelle il a annoncé que l’aide française s’élèverait à 180 millions d’euros pour 2010-2011. A cette somme s’ajoute l’annulation de la dette bilatérale ainsi que les contributions directes de la France à l’aide européenne et multilatérale. Ainsi, le montant total de l’aide française sur deux ans s’élève à 326 millions d’euros.
Cette aide se décompose comme suit :
24 millions d’euros d’aide d’urgence ;
56 millions d’euros d’annulation de dettes bilatérales ;
65 millions d’euros correspondant à la part française de l’aide européenne ;
40 millions d’euros de valorisation de matériels ;
40 millions d’euros correspondant à la poursuite des aides financières prévues avant le séisme ;
100 millions d’euros d’aide financière supplémentaire.
Une mission interministérielle pilotée par M. Pierre Duquesne a été chargée de coordonner et de mettre en œuvre l’aide française. Elle fut également en charge de préparer la conférence de New York sur la reconstruction en Haïti du 31 mars 2010 (cf. ci-dessus). Les Antilles françaises avaient auparavant accueilli une conférence internationale des collectivités locales dans la perspective de la conférence de New York. Consulter notre dossier spécial.
Fin juillet 2010, 126 millions d’euros avaient été versés pour permettre la réalisation de cette phase de reconstruction.
L’aide française est en partie concentrée sur le redressement de l’Etat haïtien entre autres en finançant des véhicules de protection civile et la formation de hauts fonctionnaires. La France cherche également à favoriser une reconstruction et un développement maitrisé de l’ensemble du territoire. Cet aménagement du territoire passe par la mise en place d’un cadastre efficient, la réalisation de chantiers de réhabilitation, le déblaiement d’écoles.
Le 20 septembre 2010 à New York, le Premier ministre haïtien, M. Jean Max Bellerive, les Ministres des Affaires étrangères américain et français, Mme Hillary Clinton et Monsieur Bernard Kouchner, ont signé un protocole d’accord portant sur la réhabilitation de l’hôpital universitaire d’Etat de Port-au-Prince, fortement endommagé par le tremblement de terre. Cette initiative répond à la demande des autorités haïtiennes alors que les besoins dans le domaine de la santé sont immenses. Pour la France, elle procède de la mise en œuvre des engagements du Président Sarkozy d’aider à la reconstruction d’Haïti. Avec une capacité de 500 lits, l’hôpital de Port au Prince est le plus important du pays. Son fonctionnement est une nécessité pour la capitale haïtienne. Par cette démarche conjointe, la France et les Etats-Unis co-financeront un projet d’un coût global de 50 millions de dollars.
Le 31 mars 2010, lors de la conférence internationale des donateurs pour Haïti, Mme Catherine Ashton, Haut Représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a annoncé que l’Union européenne débloquerait 1,235 milliard d’euros (soit 1,6 milliards de dollars) pour le Plan d’action pour le relèvement et le développement d’Haïti. Ce montant s’ajoute aux 295 millions d’euros déjà engagés en matière d’aide humanitaire.
Mme Ashton a rappelé la présence sur le terrain de contingents européens (policiers, militaires, sécurité civile)
Elle a également précisé que les citoyens européens avaient collectés 650 millions d’euros, ce qui portait l’aide totale de l’Union européenne à près de 3 milliards de dollars.
Au 1er mars 2010, l’Union européenne a fait état des chiffres suivants concernant son aide à Haïti :
— 315 millions d’euros d’aide humanitaire (120 millions d’euros de l’Office d’aide humanitaire de la Commission européenne + contributions de 18 Etats membres).
— 100 millions d’euros d’aide non-humanitaire, destinée notamment à renforcer les capacités d’action de l’Etat haïtien.
— 200 millions d’euros mobilisés à plus long terme par le fonds européen de développement.
Le Conseil de l’UE a décidé que l’Union fournirait, en réponse à l’appel lancé par les Nations Unies :
— des conseils et des équipements techniques afin d’ouvrir des voies facilitant l’acheminement de l’aide,
— une capacité logistique maritime permettant de se passer des installations portuaires,
— une contribution collective de l’UE de 320 policiers, destinée à renforcer temporairement la capacité de police de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). Cette contribution comprend celle des Etats membres de l’UE qui participent à la force de gendarmerie européenne. (La France, les Pays-Bas, le Portugal, la Roumanie et l’Espagne sont membres de la force de gendarmerie européenne).
Le Conseil a également approuvé la proposition, formulée par la Haute Représentante, de mettre en place, à Bruxelles, une cellule baptisée " EUCO Haïti ", chargée de coordonner l’apport, par les Etats membres, des moyens militaires et de sécurité pour répondre aux besoins recensés par les Nations Unies. EUCO fera pendant au Centre de suivi et d’information de la Commission européenne, qui coordonne les contributions des Etats membres en matière de protection civile.
(Mars 2013)
20 mars 2013 - Conseil de sécurité - Haïti/MINUSTAH - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
3 octobre 2012 - Conseil de sécurité - Haiti/MINUSTAH - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
8 mars 2012 - Conseil de sécurité - MINUSTAH - Intervention de M. Martin Briens, chargé d’Affaires a.i. de la France auprès des Nations Unies
Retrouvez toutes les déclarations de la France sur ce dossier.
28 janvier 2013 - Déclaration à la presse du Conseil de sécurité
12 octobre 2012 - Conseil de sécurité - Résolution 2070 - renouvelant le mandat de la MINUSTAH
17 mai 2011 - Haïti - Déclaration à la presse de M. Gérard Araud, président du Conseil de sécurité
6 avril 2011 - Déclaration du Président du Conseil de sécurité (S/PRST/2011/7)
14 octobre 2010 - Résolution 1944 - Prorogeant le mandat de la MINUSTAH
4 juin 2010 - Résolution 1927 - Augmentant le plafond de policiers autorisés au sein de la MINUSTAH
19 janvier 2010 - Résolution 1908 - Augmentant les plafonds de personnels autorisés au sein de la MINUSTAH
13 octobre 2009 - Résolution 1892 - Renouvelant le mandat de la MINUSTAH
6 avril 2009 - Déclaration du Président du Conseil de sécurité
11 au 14 mars 2009 - Rapport sur la mission du Conseil de sécurité en Haïti
14 octobre 2008 - Résolution 1840 (2008) - Renouvelant le mandat de la MINUSTAH
30 avril 2004 - Résolution 1542 - Régissant le mandat de la MINUSTAH
Rubrique sur les Opérations de maintien de la paix de l’ONU
Fiche Haïti sur le site France-Diplomatie
Site de la MINUSTAH
Dossier de presse de la Conférence des villes et régions du monde pour la reconstruction d’Haïti