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Chronologie complète




- Le 22 mars 2012, le Conseil de sécurité des Nations unies a immédiatement condamné le coup de force militaire en adoptant déclaration à la presse, dans laquelle il appelle «  à la restauration immédiate de l’ordre constitutionnel et au rétablissement du gouvernement démocratiquement élu ». Il a renouvelé cette condamnation dans sa déclaration présidentielle du 26 mars 2012 consacrée à la situation au Sahel.

- Le 9 avril 2012, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration à la presse appelant à la mise en œuvre immédiate de l’accord-cadre signé entre la CEDEAO et les mutins. Le Conseil a par ailleurs souligné son attachement à la préservation de l’unité du Mali et rejeté toute déclaration d’indépendance de la part des rebelles. Exprimant ses inquiétudes face à l’intensification de la menace terroriste au Nord du pays, en particulier provenant d’AQMI, il a condamné l’enlèvement de diplomates algériens à Gao. Le Conseil a réitéré son soutien aux efforts de la CEDEAO dans sa recherche d’options concrètes pour rétablir la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité du Mali.

- Le 11 mai 2012, le Conseil de sécurité réuni en consultations privées a entendu M. Saïd Djinnit, Représentant spécial pour l’Afrique de l’Ouest, sur la situation dans la région. Le Conseil a pu évoquer à cette occasion la situation au Mali.

Le représentant de la France a salué la nomination d’un gouvernement de transition. Au vu des affrontements à Bamako cet acquis devait cependant être consolidé. Les militaires, en particulier, devaient retourner dans leurs casernes. Le gouvernement devait par ailleurs se concentrer sur la crise au Nord du pays, la population faisant face à une situation humanitaire précaire et à la menace des groupes terroristes. Une médiation de la CEDEAO afin de trouver une solution au Nord était envisageable, et le représentant de la France a invité les États membres à se coordonner, notamment avec les pays de la région.

- Le 15 juin 2012, le Conseil de sécurité s’est réuni avec une délégation conjointe de l’Union africaine et de la CEDEAO pour examiner les moyens de sauvegarder l’ordre constitutionnel au Mali ainsi que l’unité et l’intégrité du pays, notamment à travers le déploiement d’une force régionale. Dans son intervention le représentant de la France s’est inquiété de la fragilité des institutions de la transition et, exprimant son soutien à la CEDEAO, a manifesté son souhait que le Conseil de sécurité prenne en compte les demandes de la Communauté lorsqu’elles seraient précisées.

-  Le 5 juillet 2012, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité la résolution 2056, présentée par la France, apportant son soutien aux efforts de la CEDEAO et de l’Union africaine pour résoudre la crise au Mali. Cette résolution, placée sous chapitre VII de la Charte des Nations unies, prend note des travaux de planification militaire des organisations régionales pour déployer une force de stabilisation dans le pays. Elle appelle en outre tous les États à coordonner leurs efforts pour lutter contre le terrorisme d’AQMI, du MUJAO et de leurs soutiens, et appelle à l’adoption de sanctions.

Lors de remarques à la presse, le représentant de la France a appelé la communauté internationale à tout mettre en œuvre pour lutter contre le terrorisme au Mali et au Sahel, qui menaçait de déstabiliser l’ensemble de la région. La France a aussi engagé tous les États de la région, au Nord comme au Sud du Sahara, à intensifier leur coopération pour lutter contre AQMI.

- Le 8 août 2012, le Conseil de sécurité a entendu le Secrétaire général des Nations unies, la Commissaire à la paix et à la sécurité de la CEDEAO et le représentant de l’Union africaine sur les derniers développements politiques à Bamako et les efforts de planification actuellement en cours pour envisager le déploiement d’une force de la CEDEAO au Mali.

La situation au Nord-Mali demeurait très préoccupante : de graves violations des droits de l’homme avaient été signalées, la situation humanitaire s’était détériorée et le risque de création d’un sanctuaire terroriste dans le nord du pays représentait une menace pour la sécurité régionale et internationale.

A l’issue de consultations privées, le représentant de la France a réitéré la disponibilité du Conseil de sécurité à poursuivre le dialogue avec la CEDEAO concernant ses propositions pour le déploiement d’une force de stabilisation au Mali.

- Le 10 août 2012, suite à la réunion du 8 août, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration à la presse sur la transition politique au Mali.

- Le 17 septembre 2012, M. Feltman, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, a rendu compte devant le Conseil de sécurité des derniers développements dans la région du Sahel, en particulier au Mali, et de la préparation de la stratégie régionale intégrée des Nations unies dans cette région, conformément à la résolution 2056. Le représentant permanent de Côte d’Ivoire a présenté au nom de la CEDEAO les derniers éléments de la planification stratégique d’une éventuelle intervention militaire au Mali.

Le représentant de la France a signalé que l’action des Nations unies au Sahel devait passer par une approche intégrée pour soutenir le développement de cette région sur le long terme, en coordination avec les autres organisations déjà engagées au Sahel comme l’Union européenne, l’Union africaine et la CEDEAO. A plus court terme, il a exprimé son inquiétude concernant la présence de groupes terroristes et de trafiquants au Nord-Mali qui menaçaient la stabilité et la sécurité régionale et internationale. Le Conseil de sécurité devait être prêt, quand toutes les conditions seraient réunies et quand les acteurs maliens et régionaux seraient en phase, à soutenir les initiatives africaines pour répondre à la grave crise sécuritaire au Nord-Mali, en particulier par le déploiement d’une opération africaine.

- Le 26 septembre 2012 s’est tenu un événement de haut niveau sur le Sahel, à l’initiative de la France, présidé par le Secrétaire général M. Ban Ki-moon. Celui-ci a insisté sur la dimension humanitaire de la crise et a présenté les grandes lignes de la stratégie intégrée des Nations unies pour le Sahel. Reconnaissant le besoin de coordination entre tous les acteurs, le Secrétaire général a confirmé son intention de nommer un Envoyé spécial pour le Sahel.

Dans son intervention, le Président de la République M. François Hollande a appelé à l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, sous chapitre VII, permettant de mettre en place la force de stabilisation africaine et sa mise en mouvement le plus rapidement possible, pour contribuer au rétablissement de l’intégrité territoriale du Mali et combattre le terrorisme.

- Le 9 octobre 2012, le Secrétaire général des Nations unies a nommé M. Romano Prodi, ancien président du Conseil italien et ancien président de la Commission européenne, au poste d’Envoyé spécial pour le Sahel, avec rang de Secrétaire général adjoint.

-  Le 4 octobre 2012, le Conseil de sécurité s’est réuni en consultations privées pour examiner les suites à donner à la demande formulée par le Mali le 21 septembre 2012 du déploiement d’une force internationale sous mandat de l’ONU pour l’assister dans la préservation de son intégrité territoriale et de sa souveraineté, ainsi que la lutte contre le terrorisme.

A cette occasion, la France a annoncé aux membres du Conseil de sécurité qu’elle leur présenterait rapidement un projet de résolution destiné à encourager la mise en œuvre d’une réponse politique et militaire destiné à la crise dans ce pays.

- Le 12 octobre 2012, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité la résolution 2071, présentée par la France et co-parrainée par le Maroc, le Togo, l’Afrique du Sud, l’Inde, l’Allemagne et le Royaume-Uni, appelant les groupes armés au Nord-Mali à se dissocier des mouvements terroristes, sous peine de sanctions. Elle appelle également les autorités maliennes à engager un dialogue politique avec eux. La résolution 2071 engage la CEDEAO et l’Union africaine, avec l’aide de l’ONU et de leurs partenaires bilatéraux, à concevoir notamment un concept d’opération commun afin de permettre le déploiement d’une force internationale d’assistance aux autorités maliennes, sous mandat du Conseil de sécurité pour leur permettre de recouvrer leur souveraineté et l’intégrité de leur territoire tout en participant à la lutte contre le terrorisme international.

- Le 5 décembre 2012, en application de la résolution 2071, M. Jeffrey Feltman, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, a présenté les conclusions du rapport du Secrétariat en insistant sur l’urgence d’une réponse internationale à la crise malienne. Cette réponse devait s’inscrire en particulier dans un cadre politique et prendre en compte les risques humanitaires posés par une intervention, laquelle devait faire l’objet d’une préparation approfondie.

Les représentants du Mali, de la CEDEAO et de l’Union africaine ont uni leurs voix pour exhorter le Conseil de sécurité à entendre leur appel et autoriser sans délai le déploiement rapide d’une force internationale au Mali, en insistant sur la gravité des menaces à la paix et à la sécurité internationales que posait la présence de groupes terroristes associés à Al-Qaïda au Nord-Mali.

Les membres du Conseil se sont par la suite réunis en consultations privées, au cours desquelles la France a annoncé qu’elle présenterait un projet de résolution conjuguant des actions politiques et militaires, pour œuvrer à la reconstruction des institutions maliennes tout en aidant ce pays à retrouver son intégrité territoriale en luttant contre le terrorisme

- Le 10 décembre 2012, le Conseil de sécurité a tenu un débat public sur la situation au Sahel, en présence du Secrétaire général et de son Envoyé spécial pour la région, M. Romano Prodi. A cette occasion, le ministre des Affaires étrangères du Maroc, en tant que président du Conseil, a prononcé une déclaration, appelant au renforcement de la coopération les États du Sahel et du Maghreb.

Lors de son intervention, le représentant français a souligné l’importance d’apporter aux défis du Sahel des solutions qui soient portées par les acteurs locaux. Il a aussi rappelé que seule une action intégrée, incluant le domaine sécuritaire, permettrait de créer les conditions d’une stabilité durable de la région. Il a enfin appelé le Secrétariat à présenter au plus vite la stratégie des Nations unies pour le Sahel.

- Le 11 décembre 2012, le Conseil de sécurité a condamné, dans une déclaration à la presse, les circonstances dans lesquelles le Premier ministre, M. Cheik Modibo Diarra, a été contraint de démissionner, entraînant la dissolution de son gouvernement.

- Le 20 décembre 2012, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité la résolution 2085 autorisant le déploiement d’une force africaine (MISMA) d’assistance aux forces maliennes dans la restauration de la sécurité de l’État malien, pour une période initiale d’un an.

-  Le 11 janvier 2013, le représentant permanent de la France a informé le Conseil de sécurité que la France avait répondu à la demande d’assistance militaire des autorités maliennes en apportant, dans le cadre de la légalité internationale, le soutien des ses forces armées aux unités maliennes engagées dans la lutte contre les groupes terroristes. Il a souligné que l’évolution de la situation justifiait l’accélération de la mise en oeuvre de la résolution 2085, qui prévoit notamment le déploiement d’une force africaine d’assistance.

- Devant la dégradation de la situation au Mali causée par une offensive vers le Sud de groupes armés islamistes, la France a demandé le 10 janvier 2013 une réunion d’urgence du Conseil de sécurité.

Le représentant de la France a fermement condamné l’offensive, qui constituait une très grave menace à la paix et à la sécurité régionales et internationales. Le déploiement d’une force africaine au Mali devait être mis en œuvre rapidement, la chute de la ville de Mopti était imminente. Il a indiqué aux membres du Conseil que le Mali avait sollicité l’assistance militaire de la France pour se défendre contre cette agression. La présidence du Conseil de sécurité a par ailleurs diffusé aux membres du Conseil une lettre de la présidence du mali informant le Secrétaire général de l’ONU de cette demande.

A l’issue de ces consultations privées, une déclaration à la presse présentée par la France a été adoptée par le Conseil de sécurité, appelant en particulier les États membres à apporter leur soutien aux forces de sécurité maliennes contre les groupes terroristes.

Dans ses remarques à la presse, le représentant permanent de la France auprès des Nations unies a souligné l’ « urgence à agir contre cette menace et à œuvrer à rétablir la stabilité et l’unité du Mali ».

- Le 14 janvier 2013, comme suite au lancement par la France de l’opération Serval de soutien aux unités maliennes contre l’agression des groupes terroristes en provenance du Nord du pays, le Conseil de sécurité s’est réuni à l’initiative de la France pour un échange d’informations entre les membres du Conseil et le secrétariat de l’Organisation. Le représentant permanent de la France a souligné que l’opération Serval s’inscrivait dans le respect de la légalité internationale et permettait l’accélération du calendrier prévu par la résolution 2085. Gérard Araud s’est par la suite entretenu avec le corps de presse des Nations unies.

- Le 22 janvier 2013, le Conseil de sécurité s’est réuni en consultations publiques pour entendre le rapport de M. Jeffrey Feltman, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, sur la situation au Mali.

Un fort engagement militaire était nécessaire pour répondre à la crise, qui ne saurait être résolue sans porter une attention accrue aux défis politiques du pays et à la situation humanitaire, a déclaré M Feltman. Il a indiqué que les Nations unies avaient obtenu la confirmation que les groupes terroristes avaient l’intention d’attaquer Bamako lorsqu’ils ont été stoppés par l’opération Serval, menée par les forces armées françaises. Le Secrétaire général, a-t-il ajouté, a applaudi cette opération.

M. Feltman a fait état des lacunes concernant les capacités militaires et logistiques de la MISMA et de l’armée malienne. Pour combler celles-ci, il a notamment sollicité le support des membres des Nations unies lors de la conférence des donateurs à Addis Abeba le 29 janvier.

De nombreux représentants permanents africains et observateurs, dont le Mali, l’Union Africaine et la Côte d’Ivoire, s’exprimant au nom de la CEDEAO, ont exprimé leur gratitude à la France pour son intervention et renouvelé leur appel à un soutien logistique et financier aux troupes africaines.

Lors des consultations privées qui ont suivi, le représentant français a continué d’informer les autres membres du Conseil sur les détails de l’opération. Les terroristes s’étaient repliés et fuyaient vers le Nord. Les villes de Douentza, Diabali et Kona avaient été reprises par les forces maliennes avec le soutien de la France.

L’Ambassadeur, M. Gérard Araud, s’est exprimé devant la presse à la suite de ces consultations.

- Le 25 janvier 2013, M. Saïd Djinnit, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau pour l’Afrique de l’Ouest (UNOCA), a présenté lors de consultations publiques son rapport (ici en anglais) au Conseil de sécurité.

Concernant le Mali, il a exprimé la nécessité d’y engager un processus politique, maintenant que l’intervention française, soutenue par les Nations unies, avait ouvert la voie au déploiement de la MISMA.

Lors des consultations privées qui ont suivi, le représentant français a souligné l’urgence de lancer ce processus politique. Une paix durable ne pouvait être obtenue qu’à condition que les efforts de médiation au Mali aboutissent à un pacte national, qui prenne rapidement en compte les revendications des Maliens du Nord.

La France a appelé les Nations unies à déployer des observateurs de la situation humanitaire sur le terrain, comme le prévoyait la résolution 2085.

- Le 6 février 2013, le Conseil de sécurité s’est réuni à la demande de la France pour faire un point sur la situation au Mali.
Le représentant de la France a fait état des progrès accomplis par les armées française et malienne, qui avaient permis la reconquête de la quasi-totalité du territoire malien. Il s’est félicité de l’adoption par les autorités maliennes d’une feuille de route annonçant la tenue d’élections avant la fin de l’année. Lorsque les conditions sécuritaires le permettraient, la MISMA pourrait être transformée en opération de maintien de la paix, sous commandement des Nations unies.

Après les consultations, M. Gérard Araud s’est exprimé devant la presse et a souligné le consensus qui prévalait entre les membres du Conseil quant aux perspectives du règlement du conflit malien à l’ONU.

- Le 27 février 2013, le Conseil de sécurité s’est réuni en consultations privées à la demande de la France pour entendre le rapport de M. Jeffrey Feltman, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, sur la situation au Mali.

Comme il l’avait fait régulièrement depuis le début de l’intervention française, le représentant de la France a fait état des progrès de la stabilisation enregistrés dans le pays depuis le début des opérations militaires.

A l’initiative de la France, le Conseil de sécurité transmettra une demande adressée au Secrétaire général de produire un rapport détaillant les conditions de faisabilité pour la transformation de la MISMA en opération de maintien de la paix.

Après les consultations, M. Gérard Araud s’est exprimé devant la presse.

- Le 18 mars 2013, le Conseil de sécurité s’est réuni en consultations privées pour entendre le rapport de Mme Valérie Amos, Secrétaire générale adjointe des Nations unies chargée des affaires humanitaires et coordonnatrice des secours d’urgence. Mme Amos a fait état de la situation humanitaire au Mali, précisant que même si celle-ci s’était améliorée dans le centre, elle restait particulièrement fragile au nord du pays.

Le représentant de la France a rappelé que la situation restait sous contrôle grâce aux opérations militaires menées conjointement par les forces maliennes, africaines et françaises. Il s’est félicité de l’amélioration de la situation humanitaire notant toutefois qu’une vigilance particulière devait être portée aux exactions et autres formes de représailles commises tant par les groupes rebelles que les forces armées. Il a souligné la nécessité de déployer au plus vite et en nombre suffisant les observateurs des droits de l’Homme prévus par la résolution 2085.

- Le 27 mars 2013, le Conseil de sécurité s’est réuni en consultations privées pour entendre M.Tayé-Brook Zerihoun, Sous-secrétaire général aux Affaires politiques, et M. Edmond Mulet, Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, présenter le rapport du Secrétaire général sur une future opération de maintien de la paix au Mali.

Le représentant de la France s’est félicité de la stabilité sécuritaire retrouvée depuis l’intervention militaire française dans le pays, saluant également le déploiement de la MISMA. Cette situation permettait d’envisager une réduction progressive des effectifs de l’opération Serval dès la fin du mois d’avril, tout en accompagnant la montée en puissance d’une future opération de stabilisation des Nations unies. Il a aussi rappelé que toutes les dimensions de la crise malienne devraient être prises en considération dans la réponse apportée par les Nations unies, en particulier le soutien à une solution politique.

A la suite des consultations, M. Gérard Araud s’est exprimé devant la presse.

- Le 3 avril 2013, M. Jeffrey Feltman, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, a présenté au Conseil de sécurité, ainsi qu’aux représentants de la Côte d’Ivoire et du Mali, les options proposées par le Secrétaire général en vue de déployer une opération de stabilisation des Nations unies au Mali.

Lors des consultations privées qui ont suivi, le représentant de la France a rappelé l’importance de la mise en œuvre rapide d’un processus politique dans le pays, soutenue par la nomination d’un représentant spécial du Secrétaire général. Il a souligné que la phase de stabilisation du pays devait être engagée au plus vite afin de préserver les acquis de l’intervention militaire française. Une force de stabilisation des Nations unies apparaissait comme la meilleure option, dont le déploiement interviendrait d’ici le mois de juillet et serait concomitant à la réduction graduelle du contingent français dans le pays.

- Le 25 avril 2013, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2100 prévoyant la transformation au 1er juillet 2013 de la force africaine présente au Mali, la MISMA, en une force de stabilisation des Nations unies (MINUSMA) disposant d’un mandat solide pour assurer la protection civile et des droits de l’Homme sur l’ensemble du territoire. Le représentant de la France s’est ensuite exprimé devant la presse à ce sujet.

- Le 17 mai 2013, M. Albert Gerard Koenders, des Pays-Bas, a été nommé représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour le Mali. Sans attendre le déploiement de la MINUSMA, prévu pour le 1er juillet, il devrait rapidement prendre ses fonctions pour appuyer notamment par ses bons offices la restauration de l’autorité de l’État malien sur l’ensemble du territoire, le processus de réconciliation et de dialogue national et la tenue d’élections libres, équitables et transparentes.

- Le 19 juin 2013, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration à la presse accueillant la signature à Ouagadougou le 18 juin d’un Accord préliminaire pour l’élection présidentielle et les pourparlers de paix inclusif au Mali entre les autorités de transition du Mali, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad et le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad

- Le 25 juin 2013, conformément aux termes de la résolution 2100, le Conseil de sécurité s’est réuni en public puis en consultations privées pour évaluer la situation au Mali, en présence du ministre malien des Affaires étrangères, Tiéman Coulibaly, et du Représentant spécial du Secrétaire général dans la pays, Bert Koenders.

Les membres du Conseil de sécurité ont constaté unanimement qu’avec le rétablissement de l’intégralité territoriale du Mali, l’absence d’incident sécuritaire et les progrès indéniables du processus politique après la signature de l’accord de Ouagadougou, rien ne s’opposait au déploiement de la MINUSMA, la force de stabilisation de l’ONU, au 1er juillet en relais des forces africaines.

A l’issue, le représentant de la France s’est exprimé devant la presse en soulignant que le retrait des troupes françaises se poursuivrait à partir de la fin de l’été, une fois la MINUSMA mise en œuvre, avec pour objectif la présence de 1000 hommes sur le sol malien fin 2013. La France continuerait de jouer un rôle en appui aux Casques bleus.

- Le 16 juillet 2013, Romano Prodi, Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Sahel, a présenté au Conseil de sécurité la stratégie intégrée des Nations Unies pour la région. Le représentant de la France a salué ce document et notamment l’approche transversale des taches actuellement conduites par les agences de l’ONU. Il a appelé le Conseil de sécurité a assuré le suivi de sa mise en œuvre.

Le Conseil de sécurité a adopté une déclaration présidentielle visant à renforcer la coordination et la coopération trans-régionale et inter-régionale et optimiser les synergies dans le cadre de cette stratégie intégrée. Les membres du Conseil de sécurité ont déclaré qu’un renforcement de la solidarité collective de toute la région était indispensable à une lutte efficace et globale des trafics d’armes, de drogues et du terrorisme.

- Le 16 août 2013, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration à la presse prenant note des résultats provisoires des élections présidentielles au Mali. Les membres du Conseil de sécurité ont considéré la tenue de ces élections comme une étape majeure vers la restauration de la gouvernance démocratique et l’ordre constitutionnel au Mali.

- Le 26 septembre 2013, M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, et M. Pascal Canfin, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement, ont participé à une réunion de Haut niveau sur le Sahel. Cet évènement, à l’initiative du Secrétaire général des Nations unies, a rassemblé de nombreux Chefs d’État, organisations régionales, ainsi que la Banque africaine de Développement et la Banque mondiale.

L’évènement visait à donner l’élan nécessaire à la mise en œuvre de la stratégie intégrée des Nations unies pour le Sahel, afin de répondre de manière coordonnée aux défis humanitaires, sécuritaires, de gouvernance et de développement de la région.

Lors de cette réunion, M. Laurent Fabius a déclaré que l’action au Sahel devait se concentrer sur trois aspects prioritaires. Dans un premier temps, il a appelé à renforcer la dimension régionale de la stratégie intégrée, en rappelant que le développement économique, comme le trafic de drogue ou d’armes, ne connaissait pas de frontières et devait être traité au niveau régional. Dans un second temps, il a déclaré que la lutte contre la radicalisation était une priorité afin d’établir une paix et une stabilité durables au Sahel. Enfin, il a appelé à l’émergence d’États solides et vertueux, à travers une décentralisation maîtrisée, un meilleur contrôle des dépenses publiques et une plus grande transparence dans l’aide internationale.

A l’issue de cette réunion, M. Laurent Fabius a tenu des propos à la presse.

- Le 16 octobre 2013, le Conseil de sécurité s’est réuni en séance publique puis en consultations privées pour évaluer la situation au Mali en présence du ministre malien de la réconciliation et du développement des régions du Nord, Cheick Oumar Diarrah, ainsi que du Représentant spécial du Secrétaire général dans le pays et Chef de la MINUSMA, M. Albert Gerard Koenders.

Lors de cette séance M. Koenders a fait état d’une amélioration générale au Mali. La préparation des élections législatives prévues pour le 24 novembre et 1 décembre avançait. Il a toutefois évoqué les attentats terroristes perpétués ces dernières semaines et ajouté que la sécurité, la justice et la réconciliation étaient les priorités immédiates du gouvernement malien. Il a également déclaré que la situation des droits de l’homme devait être suivie avec attention et que les besoins humanitaires restaient considérables et les besoins éducatifs urgents.

Le ministre malien a ensuite rappelé la volonté du peuple malien de prendre en charge son destin et a salué le déploiement des forces de sécurité maliennes, de la MINUSMA ainsi que l’opération Serval. Il a ainsi appelé à un déploiement renouvelé de l’armée malienne sur tout le territoire ainsi qu’à une contribution urgente de la communauté internationale afin que la MINUSMA dispose de tous les moyens adéquats pour effectuer sa mission conformément aux termes des paragraphes 16 et 17 de la résolution 2100, déclarant qu’il ne fallait pas baisser la garde vis-à-vis des groupes terroristes au motif que la crise malienne était terminée.

Lors des consultations privées, le représentant de la France a souligné que la stabilisation du Mali avait été un succès. Néanmoins, il a ensuite souligné les nombreux défis qui attendaient le pays, notamment la tenue des élections législatives et la conduite du dialogue de réconciliation. Il a également déclaré que le retour des forces armées maliennes dans le nord devait se faire de façon concertée et a rappelé le soutien prolongé des forces françaises à la MINUSMA dans la lutte anti-terroriste. Enfin, concernant le déploiement de la MINUSMA, M. Araud a appelé à ce qu’elle utilise pleinement son mandat en appui des forces maliennes .

A l’issue de la réunion, le représentant de la France s’est exprimé devant la presse.

- Le 23 octobre 2013, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration à la presse condamnent l’attaque menée par des assaillants armés non identifiés contre la MINUSMA à Tessalit (Mali) au cours de laquelle des Casques bleus tchadiens ont été tués, d’autres ont été grièvement blessés et des civils innocents ont trouvé la mort.

- 2 novembre 2013, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration à la presse dans laquelle il condamne fermement l’enlèvement et l’assassinat de deux journalistes français survenus à Kidal. Le Conseil de sécurité rappelle qu’en vertu du droit international humanitaire, les journalistes, les professionnels des médias et le personnel associé qui accomplissent des missions professionnelles périlleuses dans des zones de conflit armé doivent être considérés comme des personnes civiles et être respectés et protégés en tant que tels.

- Le 12 décembre 2013, la présidence française du Conseil de sécurité a organisé une réunion d’information sur la situation au Sahel, avec la participation du Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, du Président de la Banque mondiale, M. Jim Yong Kim, de l’Envoyé spécial des Nations Unies pour le Sahel, M. Prodi, du Représentant spécial de l’UE pour le Sahel, M. Reveyrand de Menthon, de l’Ambassadeur de l’Union africaine auprès des Nations Unies, M. Antonio, et du Président de la Banque africaine de développement, M.Kaberuka.

Les intervenants ont présenté les résultats de leur visite conjointe au Sahel, effectuée du 4 au 7 novembre dernier dans la région. Cette visite, centrée sur les enjeux de développement, avait donné lieu à des annonces de la part de la Banque mondiale et de l’Union européenne de porter leur aide à 8 milliards de dollars pour les 5 prochaines années. Le Représentant spécial de l’UE a rappelé que la sécurité était une condition indispensable du développement durable. L’UE était prête à redoubler d’effort pour le Mali sur un plan diplomatique et opérationnel. Il a souligné l’importance d’associer les chercheurs et intellectuels africains, ainsi que tous les pays de la région, à la mise en œuvre de la stratégie des Nations unies pour le Sahel. L’Union africaine a remercié la France pour son intervention militaire au Mali et salué les progrès de la situation dans le pays depuis le déploiement de la MINUSMA, ainsi que la coopération de l’Union africaine avec les Nations unies.

Plusieurs délégations ont appelé à la mise œuvre de la stratégie des Nations unies pour le Sahel, ainsi qu’à un renforcement de la coopération régionale et transfrontalières, afin de lutter contre les menaces transversales telles que le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, dont notamment le trafic de drogues et d’armes. Les délégations ont, dans ce contexte, salué la mise en place, le 5 novembre dernier à Bamako, d’un mécanisme spécial pour assurer la coordination entre les pays de la région.

Le représentant permanent de la France a salué les engagements annoncés par la Banque mondiale et l’Union européenne, et rappelé que la France avait décidé de porter son aide à 1,2milliards de dollars jusqu’à 2015. Alors que les groupes terroristes et trafiquants de drogues ne connaissaient pas de frontières, il était indispensable que les Etats du Sahel se coordonnent et agissent dans la confiance. A cette fin, la France organisait, le 18 décembre, une réunion sur le trafic de drogues et ses conséquences sur la paix et la sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Le Conseil de sécurité a adopté une déclaration présidentielle à l’issue de la réunion.

- 14 décembre 2013, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration à la presse condamnant l’attentat perpétré par des assaillants armés non identifiés contre la MINUSMA à Kidal, au cours duquel des soldats de la paix sénégalais ont été tués, d’autres grièvement blessés ainsi que des membres des forces armées maliennes.

- Le 17 décembre 2013, le représentant spécial des Nations unies pour le Sahel et chef du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest (BNUAO), M. Saïd Djinnit, a présenté son 12ème rapport sur la situation en Afrique de l’Ouest. Il a salué le retour à l’ordre constitutionnel au Mali et la poursuite du dialogue politique en cours, tout en affirmant que les défis en termes de stabilité et de sécurité demeuraient importants. Le représentant spécial a appelé les dirigeants de l’opposition en Guinée-Conakry à coopérer pour faire siéger l’Assemblée nationale avant les fêtes de fin d’année. Il a salué l’adoption de la stratégie transfrontalière de l’Union du fleuve Mano, adoptée à Conakry en octobre dernier, et s’est félicité de la mise en œuvre de la plateforme de coordination entre les pays du Sahel, qui continuaient à faire face aux menaces du terrorisme et de la criminalité transnationale organisée. Il a enfin rappelé que plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest entraient dans une période électorale.

Lors des consultations privées qui ont suivi, le représentant permanent de la France, en qualité de président du Conseil de sécurité, a relevé plusieurs points de convergence entre les membres du Conseil, dont l’importance accordée à la diplomatie préventive dans la région, le rôle constructif qu’avait joué le représentant spécial en Guinée, et la nécessité d’une bonne coordination régionale pour lutter contre les menaces transversales au Sahel.

- Le 16 janvier 2014, le Conseil de sécurité s’est réuni en séance publique puis en consultations privées pour examiner la situation au Mali en présence du Représentant spécial du Secrétaire général dans le pays et Chef de la MINUSMA, M. Albert Koenders.

Lors de cette séance, M. Koenders a fait état d’une amélioration générale au Mali avec le retour à l’ordre constitutionnel. Les élections législatives s’étaient déroulées sans incidents et le président Keïta avait renforcé la lutte contre la corruption et l’impunité, la stabilité et le relèvement économique, le respect des droits de l’Homme et la bonne gouvernance. Le Mali devait saisir cette opportunité et renforcer ces acquis pour combattre les causes profondes de la crise dans le pays. Les pourparlers inclusifs de réconciliation nationale devaient démarrer sans tarder. Il fallait aussi accélérer la Réforme du Secteur de la Sécurité ainsi que le processus de cantonnement des groupes armés non terroristes et de DDR, ce qui requérait une attention accrue du Conseil de sécurité. Malgré les efforts des forces de défense maliennes et de la MINUSMA, les conditions de sécurité dans le nord restaient fragiles. M. Koenders a condamné la recrudescence des attentats terroristes qui avaient causé la mort de civils et de soldats des forces armées maliennes et de la MINUSMA. Avec l’aide de la communauté internationale, il fallait restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire. Enfin, si des progrès avaient été réalisés sur le plan humanitaire, les besoins restaient considérables.

Lors des consultations privées qui ont suivi, le représentant permanent de la France s’est félicité de la tenue réussie des élections législatives qui était une réalisation majeure. Le dialogue politique de réconciliation devait maintenant s’engager sans délai. Il fallait pousser les autorités maliennes à aller de l’avant. Enfin, le représentant permanent a déploré les retards de déploiement de la MINUSMA au Nord-Mali. Il s’agissait d’une question prioritaire.

- Le 23 janvier 2014, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration présidentielle sur la situation au Mali.

- Le 26 février 2014, les Représentants permanents de la France et du Tchad ont présenté le compte-rendu de la visite du Conseil de sécurité au Mali.

Le Représentant permanent de la France a rappelé que le Conseil de sécurité avait rencontré le président Ibrahim Boubacar Keita, le Premier Ministre Oumar Tatam Ly et plusieurs membres de son gouvernement. Le Conseil avait en outre rencontré les groupes armés ainsi que les autorités locales et des représentants de la société civile. Lors des entretiens, le Conseil a d’abord souligné que toute solution durable pour le Nord-Mali devrait être trouvée par les Maliens eux-mêmes, appuyés par la communauté internationale. Les groupes armés devaient être désarmés dans le cadre d’un processus politique négocié, conformément aux engagements pris dans l’accord de Ouagadougou. Si le Conseil avait perçu le manque de confiance entre le gouvernement et les groupes armés, il s’était néanmoins félicité de la feuille de route pour une sortie de crise arrêtée par le gouvernement, et de l’adoption par les deux parties il y a quelques jours d’une méthode pour le cantonnement. Les parties devaient maintenant s’engager de manière sincère et sans délai sur cette voie. Le Conseil a par ailleurs souligné que la sécurisation durable du Nord-Mali impliquait nécessairement une solution politique globale. Il était urgent que la MINUSMA se déploie rapidement et pleinement au Nord, en particulier dans le contexte de la décrue de Serval. Les représentants de la société civile malienne avaient quant à eux insisté sur le fait qu’il n’y aurait pas de paix durable au Mali sans développement.



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