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Francophonie

1. Statut du français aux Nations Unies

2. Francophonie à l’ONU

3. Organisation internationale de la Francophonie

4. Déclarations de la France

5. Textes de référence

6. Liens utiles






Mars 2014 – Mois de la Francophonie : « Célébrer la Francophonie aux Nations unies et à New York »

A l’occasion du Mois de la Francophonie, qui se tient tous les ans en mars, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et ses États membres ont organisé de nombreuses activités dans l’enceinte des Nations unies et à New York. Le 20 mars 2014, une soirée culturelle francophone s’est tenue dans l’enceinte des Nations Unies, en présence de M. Manu Dibango et M. Francis Cabrel.

Retrouvez tout le programme de l’édition 2014 du Mois de la Francophonie à New York.


Le 20 mars 2014, une soirée culturelle francophone s’est tenue dans l’enceinte des Nations Unies, en présence de M. Manu Dibango et M. Francis Cabrel.

Retrouvez le programme




" Pour la France, la promotion du français constitue un objectif important, car la langue n’est pas seulement un moyen de communication, c’est aussi le véhicule de valeurs, un pont entre les sociétés, un trait d’union entre les individus. Une langue, c’est aussi une culture, un outil de saisie du monde, un mode d’expression et de pensée. Le combat pour la langue française est une bataille pour la diversité et le pluralisme, un enjeu de rayonnement, mais aussi un enjeu économique"

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères,
Conférence inaugurale de l’Ecole des Affaires internationales de Sciences Po Paris (6 septembre 2012)


1. Statut du français aux Nations unies Retour à la table des matières

Aux termes de la 2ème résolution de la 1ère session de l’Assemblée générale des Nations Unies (résolution 2(I) du 1er février 1946), le français est langue de travail de tous les organes des Nations Unies, aux côtés de l’anglais. Certains organes délibérants ont depuis élargi ces dispositions à d’autres langues.

Le français est également une des six langues officielles de l’Organisation, avec l’anglais, l’espagnol, le chinois, le russe et, depuis 1973, l’arabe. A ce titre, le français peut être utilisé librement lors des réunions officielles des organes de l’ONU, notamment de l’Assemblée générale, du Conseil de Sécurité et du Conseil Economique et Social et de leurs organes subsidiaires. Les documents officiels des Nations Unies sont également diffusés dans toutes les langues officielles des Nations Unies, dont le français, de façon simultanée. Les projets de résolutions ne sont en principe mis aux voix qu’après traduction du texte original dans toutes les langues officielles. Une fois adopté, le texte fait foi dans toutes ses versions linguistiques.

Le français est également, avec l’anglais, une des deux langues de travail du Secrétariat des Nations unies. Pour être recruté au sein du Secrétariat des Nations Unies, il est nécessaire de maîtriser l’une de ses deux langues de travail. A New York cependant, il est fréquent que la maîtrise de l’anglais soit exigée.

Le français est également utilisé dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies, dont 8 (sur 16) se déroulent actuellement dans l’espace francophone : Mali, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Liban, Côte d’Ivoire, Haïti, Sahara occidental, Chypre.


Carte du monde de la francophonie. 57 Etats membres de l’Organisation internationale de la francophonie (en jaune) et 20 Etats observateurs (en vert). Image : OIF


Les Etats membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie se sont engagés, aux termes du Vade-mecum relatif à l’usage du français dans les organisations internationales adopté à Bucarest en 2006, à ce que leurs représentants y emploient le français de façon exclusive, préférentielle ou équitable, selon le statut dont bénéficie la langue française dans le pays considéré.

Depuis lors, l’Organisation Internationale de la Francophonie a publié trois Documents de suivi de la mise en œuvre de ce Vade-mecum. Loin de se contenter de dresser le bilan de l’emploi du français dans les organisations internationales, l’OIF a également publié en 2011 un Guide pratique de mise en œuvre du Vade-mecum sur la langue française dans les organisations internationales, qui fournit aux Etats membres, à leurs représentants et leurs ressortissants au sein des organisations internationales une boîte à outil pour faire respecter la diversité linguistique en leurs seins.

Pour faire de la diversité linguistique dans les organisations internationales une réalité, l’OIF s’engage également en matière de formation linguistique au profit des diplomates et fonctionnaires internationaux. Aux Nations-Unies, elle soutient la diffusion de la méthode d’apprentissage du français sur objectif militaire « en avant », élaborée en partenariat avec le Ministère français des Affaires étrangères. Forte de son expertise en matière de promotion de la diversité linguistique dans les enceintes internationales, l’OIF, enfin, a publié un recueil en 2013, portant sur la Mise en œuvre du multilinguisme dans les organisations internationales. Disponible en 8 langues, dont le français, ce guide est ainsi mis à disposition des locuteurs des 5 autres langues officielles des Nations Unies outre le swahili et le portugais.

A titre indicatif, on notera que lors du débat général de la 68ème session de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2013, sur les 74 Etats membres, associés et observateurs à l’Organisation internationale de la Francophonie, 24 se sont exprimés entièrement en français (Belgique, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Comores, Congo, Côte d’Ivoire, France, Gabon, Guinée, Haïti, Luxembourg, Madagascar, Mali, Monaco, Niger, R.D. Congo, Sénégal, Suisse, Tchad, Togo, Vanuatu) et six partiellement (Arménie, Canada, Grèce, Maurice, Moldavie et Roumanie).

14 Etats membres se sont exprimés exclusivement en anglais, pourtant langue étrangère, tandis que 29 autres ont choisi de prononcer leurs discours dans leur langue nationale. Trente-cinq Etats membres des Nations Unies ont distribué une version française du texte de leur intervention. Le secrétaire général, M. Ban Ki-moon, a fait une allocution d’ouverture dans les deux langues de travail du Secrétariat, comme il est d’usage. Le Président du Conseil européen, M. Herman Van Rompuy a également combiné français et anglais.

La France joue un rôle actif, au sein des Nations Unies, pour préserver la diversité linguistique, garant d’un multilatéralisme efficace. Ses représentants veillent au respect du régime linguistique des différents organes. Ils plaident pour une démarche inclusive de la part des Secrétariat des organes, permettant une participation pleine et entière de l’ensemble de leurs Etats membres. La France s’exprime régulièrement, au Conseil de Sécurité, pour un renforcement de la présence francophone dans les opérations de maintien de la paix. Elle a appuyé l’inscription de la question linguistique dans la résolution 2149 du Conseil portant sur l’établissement de la MINUSCA en République centrafricaine.

La France entretient un dialogue nourri avec le Coordinateur des Nations Unies pour le Multilinguisme, et encourage une démarche coordonnée, à l’échelle du système des Nations Unies, en la matière. Elle appuie le principe de prise en compte systématique du multilinguisme dans toutes les activités du Secrétariat, en particulier dans le domaine de l’information et de la communication.

Mme Yamina Benguigui, Ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, et M. Peter Launsky-Tieffenthal, Secrétaire général adjoint à l’Information, Coordinateur des Nations unies pour le multilinguisme - New York - 27 septembre 2012- Crédits photo : Franceonu/Thomas de Lacoste


La France contribue à souder la famille francophone autour des enjeux onusiens que sont la paix et la sécurité internationales, les droits de l’Homme et le développement, en organisant annuellement une réception francophone en marge du segment de haut-niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies. Cette réception, qui met en exergue les principes de solidarité au sein de l’espace francophone, réunit le Secrétaire général des Nations Unies, l’ensemble des chefs de délégation des Etats membres de l’OIF, ainsi que les hauts fonctionnaires francophones de l’Organisation des Nations Unies.


M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, et M. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations unies, lors de la réception francophone - New York - 26 septembre 2013 - Crédits photo : Franceonu/ Martin Loper


2. Francophonie à l’ONU Retour à la table des matières

A. Coopération OIF - ONU.

1. Résolution biennale sur la coopération entre l’ONU et l’OIF

- Les relations entre l’Organisation Internationale de la Francophonie et les Nations Unies sont encadrées par une série de résolutions, dont l’adoption fait suite, tous les deux ans, à la tenue du Sommet de la Francophonie. L’Assemblée générale a ainsi reflété, dans sa résolution A/RES/67/137 sur "la coopération entre l’ONU et l’OIF" (adoptée le 18 décembre 2012) les principaux secteurs de coopération entre les deux organisations, et les perspectives d’approfondissement de ces relations sur la base des conclusions du Sommet de Kinshasa

La résolution 67/137 met l’accent sur :

• les engagements pris par les États francophones lors de la Conférence de Rio+20 • le renforcement de la coopération en faveur du multilinguisme • la contribution de l’OIF au suivi des situations de crise, de sortie de crise et de consolidation de la paix, notamment au Burundi, en République centrafricaine, aux Comores, en République démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire, en Guinée, en Guinée-Bissau, à Haïti, à Madagascar, au Tchad, en Tunisie, au Mali et au Niger. • le développement de la coopération dans le secteur du maintien de la paix. A cet égard, l’Assemblée rappelle qu’il appartient à l’Organisation des Nations Unies de veiller au respect du multilinguisme dans les OMP. Elle souligne la coopération accrue entre les deux organisations en vue du renforcement des effectifs francophones sur ces théâtres, et encourage l’accès de personnel francophone à des postes de commandement.

L’Assemblée générale y salue également le renforcement de la coopération entre l’OIF et les organes, agences et organisations assimilées aux Nations unies, notamment le Haut-commissariat aux droits de l’Homme (cf. appui de l’OIF à ses Etats membres dans le cadre de l’Examen Périodique Universel), ONU-Femmes (coopération en matière de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles) et la Cour pénale internationale.

Après la tenue du sommet de la Francophonie de Dakar, en novembre 2014, une nouvelle résolution sur la coopération ONU-OIF sera adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies.

2. Concertations francophones de haut-niveau à New York

En témoignage de la coopération entre l’ONU et l’OIF, des concertations de haut niveau se tiennent périodiquement à New York, en présence de représentants des deux organisations et des Etats membres de l’espace francophone :

-  en marge du segment de haut-niveau de l’Assemblée générale :

o une concertation ministérielle informelle s’est tenue le 23 septembre 2013 à New York sur le thème « Les crises et les efforts de consolidation de la paix et de la sécurité dans les pays de l’espace francophone ». Organisée sous la présidence de la RDC, elle a réuni le Secrétaire général des Nations Unies, le Secrétaire général adjoint aux Opérations de Maintien de la Paix, des représentants de l’OIF et plus de 35 Ministres des Etats francophones, dont Mme Yamina Benguigui, Ministre déléguée à la Francophonie de la République française.

o une concertation ministérielle informelle s’est tenue le 20 septembre 2011, sur le thème « Les transitions politiques dans l’espace francophones », sous présidence suisse et en présence du Secrétaire général de l’ONU, de hauts représentants d’organisations internationales et régionales partenaires de l’OIF (Union africaine, Ligue arabe, UNESCO et Haut-commissariat aux droits de l’homme) et de près de 40 représentants ministériels des Etats francophones dont M. Alain Juppé, Ministre des Affaires étrangères et européennes de la République française.

-  en marge de la session annuelle de la Commission de la Condition de la Femme  :

o une concertation francophone de haut-niveau s’est tenue le 10 mars 2014 en partenariat avec ONU-Femmes. Elle était consacrée au thème suivant : « Egalité femme-homme et autonomisation des femmes en Francophonie : construire le nouveau programme de développement pour l’après-2015 ». Elle a réuni, outre la Directrice générale d’ONU-Femmes, une vingtaine de Chefs de délégation de rang ministériel des Etats membres de la Francophonie, dont Mme Najat Vallaud- Belkacem, Ministre des Droits des Femmes de la République française. L’ensemble des participants s’est prononcé en faveur de la création d’un groupe de travail ministériel francophone sur l’égalité femmes-hommes, en préparation du nouveau programme de développement. Une première réunion de ce groupe de travail s’est tenue à Paris le 30 juin 2014, en présence de 8 Ministres en charge de l’égalité femmes-hommes de l’espace francophone, dont la France.

o Une concertation francophone de haut-niveau sur les violences faites aux femmes et aux filles a été organisée le 04 mars 2013, en présence de la Directrice générale d’ONU-Femmes, de la Procureure de la Cour Pénale Internationale et d’une dizaine de Chefs de délégation de rang ministériel des Etats membres de la Francophonie, dont Mme Najat Vallaud- Belkacem, Ministre des Droits des Femmes de la République française. Elle a permis l’adoption d’un plan d’action francophone sur les violences faites aux femmes et aux filles, qui vient compléter et décliner la Déclaration francophone sur les violences faites aux femmes adoptée en 2010.


De gauche à droite : Mme Fatou Bensouda, Procureure de la Cour pénale internationale ; M. Nelson Messon, Président du groupe des Ambassadeurs francophones ; Mme Geneviève Inagosi, ministre du genre, de la famille et de l’enfant de République démocratique du Congo ; Mme Michelle Bachelet, Directrice exécutive d’ONU Femmes ; Mme Chantal Compaoré, Première Dame du Burkina Faso ; Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement français- New York - 4 mars 2013
Crédits photos : France ONU / Caroline Fréchard



B. Représentation permanente de l’OIF auprès des Nations Unies

L’OIF bénéficie du statut d’observateur auprès des Nations Unies, comme une dizaine d’autres organisations régionales, et possède un bureau permanent à New York.

L’Organisation Internationale de la Francophonie a été établie par le Sommet de Hanoi en 1997. Elle succède à l’Agence de Coopération Culturelle et Technique, créée en 1970. En 1998, aux termes de sa décision 53/453, l’Assemblée générale des Nations Unies a pris acte de cette transformation et transféré à l’OIF le statut d’observateur qu’elle avait reconnu en novembre 1978 à l’ACCT.

La Représentation permanente de l’OIF auprès des Nations Unies assure un rôle d’animation et de suivi de la présence francophone à l’ONU. En tant que Secrétaire du Groupe des Ambassadeurs francophones, l’Observateur permanent de l’OIF à New York coordonne l’ensemble des activités du Groupe, en partenariat avec la Présidence tournante.

Contacter la Représentation permanente de l’OIF auprès des Nations Unies à New York : 801, 2nd Avenue, suite 605, New York (NY) 10017, Etats-Unis. Téléphone : (1 212) 867 6771 Télécopie : (1 212) 867 3840 Courriel : reper.new-york@francophonie.org

Chargée d’affaires a.i : Mme Patricia HERDT.

C. Groupe des Ambassadeurs francophones

Les représentants diplomatiques des pays de l’espace francophone se réunissent régulièrement, de par le monde, au sein de « Groupe d’Ambassadeurs francophones », qui ont vocation notamment à mutualiser les moyens en vue de l’organisation de manifestations célébrant la Journée internationale de la Francophonie, le 20 mars. Mais depuis le milieu des années 1980, des Groupes d’Ambassadeurs francophones ont également été créés dans les grandes capitales multilatérales (New York, Genève, Vienne, Bruxelles, Addis Abeba, etc.). Le Groupe des Ambassadeurs francophones de New York, fondé en 1986, est le plus universel d’entre eux : il réunit les représentants diplomatiques de l’ensemble des 74 Etats membres, associés et observateurs à l’Organisation internationale de la Francophonie.

Aux termes de son règlement intérieur révisé, adopté en décembre 2013, le Groupe francophone de New York poursuit les principaux objectifs suivants :

-  Entretenir un Forum permanent de rencontres, d’échanges et d’informations mutuels entre ses membres : c’est un lieu privilégié de concertation pour les Ambassadeurs et experts francophones en vue de dégager des positions communes sur certaines questions ou de donner des orientations dans la conduite des négociations sur des points d’intérêt commun, en tenant compte des buts, principes et recommandations de l’OIF.
-  Initier et organiser des concertations francophones en marge ou en prélude aux sessions des organes principaux et des grandes conférences internationales des Nations Unies, chaque fois que de besoin.
-  Promouvoir et consolider le multilinguisme aux Nations unies en tenant compte du statut du français, langue officielle et de travail des Nations Unies.
-  Contribuer à une meilleure représentativité des francophones au sein des Nations Unies par un soutien solidaire lors des échéances électorales et une promotion des candidatures francophones, aux sièges comme dans les bureaux de pays et dans les OMP. Le Groupe est présidé par un Bureau, dont la composition a été renouvelée en décembre 2013. La Présidence du Groupe des Ambassadeurs francophones y est désormais assurée par l’Ambassadeur, Représentant permanent du Maroc, qui succède à l’Ambassadeur, Représentant permanent du Gabon. La composition du Bureau assure une représentation équitable des différentes régions de la Francophonie. Le Représentant permanent de la France y assure désormais les fonctions de Vice-Président en charge des relations avec le Conseil de sécurité des Nations Unies, conjointement avec son homologue du Tchad.

Le Groupe a mis en place, depuis 2010, des réseaux de veille thématiques, dont les coordonnateurs sont également membres du Bureau. Ces réseaux de veille recoupent pour partie les trois piliers des Nations Unies :

- Opérations de maintien / consolidation de la paix
-  État de droit, démocratie, droits de l’Homme
-  Objectifs de développement durable / post-2015
-  Multilinguisme

Les réseaux de veille thématiques se réunissent en tant que de besoin, généralement au niveau des experts des missions francophones, pour un échange d’informations ou un partage de vues sur des sujets d’actualité. Ces réunions visent à harmoniser les positions francophones sur une question donnée voire à établir des positions communes à l’espace francophone. Ces mécanismes ont contribué à l’adoption en 2005, à l’UNESCO, de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

Le Groupe des Ambassadeurs francophones de New York est également actif en matière d’appui au multilinguisme au sein de l’Organisation des Nations Unies. De nombreuses démarches sont entreprises par son Président, et l’Observateur permanent de l’OIF, au nom de l’ensemble du Groupe. C’est également à son initiative que la première résolution de l’Assemblée générale sur le multilinguisme a été adoptée en 1995. L’inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée générale des Nations Unies, tous les deux ans, d’un point « multilinguisme », relevant directement de la plénière, sans renvoi à une grande commission, est venue consacrer l’importance que revêt cette question dans les activités des Nations Unies, ainsi que son caractère transversal. Depuis 1995, les négociations biennales y ont été systématiquement coordonnées par un Etat membre de la Francophonie. La dernière résolution en date sur le multilinguisme (A/RES/67/292) a été adoptée le 24 juillet 2013. Elle était coordonnée par l’Ambassadeur, Représentant permanent du Sénégal, au titre de ses fonctions de Vice-Président en charge du réseau de veille « multilinguisme » du Groupe des Ambassadeurs francophones. Le caractère transversal du multilinguisme y est conforté, la résolution traitant à la fois des questions de coordination du multilinguisme, d’information et de communication, des services de conférence, de la gestion des ressources humaines, des bureaux extérieurs et des opérations de maintien de la paix.


3. Organisation internationale de la Francophonie Retour à la table des matières

A. Historique

Après sa création en 1970 à Niamey sous le nom d’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), la Francophonie institutionnelle est renommée Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF) en 1995, puis OIF en 2005. Sa dimension politique s’affirme peu à peu avec l’apparition des Conférences régulières des chefs d’État et de gouvernement à partir de 1986. Les Conférences, également appelées Sommets de la Francophonie, se sont réunies à 14 reprises : Versailles (1986), Québec (1987), Dakar (1989), Paris (1991), Port-Louis (1993), Cotonou (1995), Hanoï (1997), Moncton (1999), Beyrouth (2002), Ouagadougou (2004), Bucarest (2006), Québec (2008), Montreux (2010) et Kinshasa (2012). Le prochain Sommet se tiendra les 29 et 30 novembre 2014 à Dakar au Sénégal.

La dimension politique a été formellement intégrée dans la structure institutionnelle de la Francophonie au Sommet de Hanoï en 1997 et a pris le visage d’un secrétaire général élu. La fonction de Secrétaire général a été assumée d’abord par M. Boutros Boutros-Ghali, puis par le Président Abdou Diouf à partir de 2002. La fusion au sein d’une seule institution des actions politiques (relevant du Secrétariat général) et de coopération (incombant à l’AIF) est décidée au Sommet de Ouagadougou en 2004 et se concrétise par la révision de la Charte de la Francophonie lors de la Conférence ministérielle de Tananarive, le 24 novembre 2005, qui créée l’OIF.

Le XIIIème Sommet de la Francophonie, tenu les 23 et 24 octobre 2010 à Montreux (Suisse), a encore renforcé la vocation politique de la Francophonie multilatérale, en prenant notamment des engagements politiques concrets sur la place de la Francophonie dans la gouvernance mondiale, sur le développement durable et sur la place du français dans un monde globalisé. Le XIVème Sommet de Kinshasa a confirmé cette vocation politique (à un moment où d’importantes crises avaient lieu en Afrique francophone) et véritablement lancé la Francophonie économique qui fera désormais l’objet d’actions communes. Le XVème Sommet, à Dakar en novembre 2014, se tiendra sur le thème « Femmes et Jeunes en Francophonie : vecteurs de paix et acteurs de développement ».

B. Organisation

Il n’y a donc plus qu’une seule organisation intergouvernementale francophone, l’OIF : elle est placée sous l’autorité du Secrétaire général de la Francophonie, actuellement M. Abdou Diouf, qui désigne un administrateur chargé d’en assurer la direction. Son siège est situé à Paris. Elle dispose de trois bureaux régionaux (Lomé, Libreville et Hanoï) et de deux antennes régionales (Bucarest et Port-au-Prince). Le Secrétaire général a sous son autorité quatre représentations permanentes : auprès des Nations unies (New York et Genève), auprès de l’Union européenne (Bruxelles) et auprès de l’Union africaine (Addis-Abeba).

L’OIF associe à son action ses quatre opérateurs (Agence universitaire de la Francophonie, Association internationale des Maires francophones, Université Senghor d’Alexandrie et TV5Monde), deux conférences ministérielles permanentes (dans le domaine de l’éducation, sous le nom de CONFEMEN, et dans le domaine de la jeunesse et des sports, sous le nom de CONFEJES), ainsi que l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, dotée d’un statut consultatif.

c. Missions

Les missions fondamentales de la Francophonie ont été définies par le « Cadre stratégique décennal », adopté au Sommet de Ouagadougou. Un nouveau cadre stratégique, pour une durée de huit ans, est en cours d’élaboration. Il sera adopté lors du Sommet de Dakar en novembre 2014.

L’OIF contribue à la prévention des conflits au sein de l’espace francophone, favorise la consolidation de l’État de droit et de la démocratie et agit pour la promotion et la mise en œuvre des droits de l’Homme. L’action diplomatique du Secrétaire général de la Francophonie s’appuie sur les programmes de coopération politique de l’OIF, fondés sur la Déclaration de Bamako (2000) et complétés par la Déclaration de Saint-Boniface. La déclaration de Bamako permet de suspendre un Etat membre des instances de la Francophonie dès lors qu’il y aurait rupture de l’ordre constitutionnel ou manquement au respect des droits fondamentaux et aux règles de la démocratie. La République centrafricaine et la Thaïlande sont actuellement suspendues des instances de la Francophonie.

En matière de coopération, l’OIF promeut la diversité culturelle et l’utilisation de la langue française au sein des pays membres et sur la scène internationale. Elle est au service de l’éducation et intervient à toutes les étapes de la formation. Elle est aussi au service de l’économie et du développement durable. Dans le cadre de ses missions, elle ménage une place particulière pour les femmes, les jeunes et la société civile.

A cet égard, les Jeux de la Francophonie sont nés de la volonté des Chefs d’État et de gouvernements ayant le français en partage de créer une solidarité au sein de la jeunesse francophone. Le Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF), qui est chargé de leur organisation et a été mis en place en 1989 par la Conférence des ministres de la jeunesse et des sports (CONFEJES), est depuis 2006 rattaché en tant qu’organe subsidiaire à l’OIF. Enjeu d’avenir pour la culture francophone, les Jeux de la Francophonie le sont aussi et avant tout pour la jeunesse en lui offrant une possibilité de rencontre, d’enrichissement, de stimulation collective et d’expression de sa vitalité. Ils sont vecteurs de cohésion sociale dans les sociétés civiles francophones par l’identification de l’ensemble de la jeunesse à l’élite sportive et culturelle. Les VIIème Jeux de la Francophonie ont eu lieu du 7 au 15 septembre 2013 à Nice.

A signaler également, un forum de la langue française, destiné principalement à mobiliser les jeunes générations autour de l’usage de la langue française, s’est tenu à Québec en juillet 2012.

L’OIF entend, enfin, peser sur les grands débats mondiaux en cours, à la fois par la concertation entre pays francophones soucieux de défendre leurs intérêts communs dans les grandes enceintes internationales et par le soutien aux politiques nationales, notamment des pays du Sud. C’est ainsi que l’Organisation a soutenu une initiative de la France, le Forum des femmes francophones, dont la première édition s’est tenue à Paris le 20 mars 2013, suivie d’une deuxième édition, sous présidence congolaise, à Kinshasa les 3 et 4 mars 2014. L’Organisation Internationale de la Francophonie entend par ailleurs appuyer les efforts de ses Etats membres et des instances internationales afin de renforcer la présence francophone dans les opérations de maintien de la paix. Pour ce faire, elle a soutenu la création, en 2013, d’un Réseau d’expertise et de formation francophone sur les opérations de maintien de la paix, le REFFOP. Un guide de recrutement dans les opérations de maintien de la paix a ainsi été publié en 2014.

4. Déclarations de la France à New York Retour à la table des matières

- 10 mars 2014 - 58ème session de la Commission de la Condition de la Femme - Concertation francophone de haut niveau - Intervention de Madame Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des droits des femmes, porte-parole du Gouvernement

- 11 octobre 2013 – Séminaire « L’avenir des opérations de maintien de la paix dans l’espace francophone » - Intervention de M. Gérard Araud, Ambassadeur, Représentant permanent

- 26 septembre 2013 - Réception francophone - Interventions de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et de M. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations unies

- 23 septembre 2013 - Consultation informelle de la Francophonie sur la gestion des crises dans l’espace francophone - Intervention de Mme Benguigui, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie

- 4 mars 2013 - 57ème session de la Commission de la Condition de la femme - Concertation francophone de haut niveau sur les violences faites aux femmes et aux filles - Intervention de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, porte-parole du Gouvernement

- 22 septembre 2011 - Réception francophone - Intervention de M. Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères et européennes

- 20 septembre 2011 - Concertation ministérielle de la Francophonie - Intervention de M. Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères et européennes

- 24 septembre 2010 - Réception francophone - Intervention de M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes

- 9 septembre 2009 - Assemblée générale : Résolution sur le multilinguisme - Déclaration de la délégation de la France au nom du Groupe francophone

5. Textes de référence Retour à la table des matières

- 24 juillet 2013 – Résolution A/RES/67/292 sur le multilinguisme

- 4 mars 2013 - OIF - Plan d’action francophone sur les violences faites aux femmes et aux filles

- 13 juillet 2011 - Résolution A/RES/65/311 sur le multilinguisme

- Mai 2011 - Guide pratique de mise en œuvre du Vademecum relatif à l’usage de la langue française dans les organisations internationales

- 14 janvier 2011 - résolution A/RES/65/263 sur la coopération entre l’ONU et l’OIF

- 23 octobre 2010 - XIIIe Sommet de la Francophonie - Discours de M. Nicolas Sarkozy

- 20 mars 2010 - Allocution du Président de la République à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie

- 20 mars 2010 - Allocution de l’ambassadeur M. Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie

- 30 septembre 2009 - Résolution A/RES/63/306 sur le multilinguisme

- 22 décembre 2008 - Résolution A/RES/63/236 sur la Coopération entre l’Organisation des Nations Unies et l’Organisation internationale de la Francophonie

- 8 juin 2007 - Résolution A/RES/61/266 sur le multilinguisme

- 20 juin 2006 - Organisation Internationale de la Francophonie : Charte "promouvoir la langue française"

6. Liens utiles Retour à la table des matières

- Visitez le site de l’Organisation internationale de la Francophonie

- Visitez le site du Réseau d’expertise et de formation francophone sur les opérations de maintien de la paix (REFFOP)

- Consultez le dossier Francophonie sur le site du Ministère des Affaires étrangères et européennes

- Le programme d’action du Secrétaire général sur le multilinguisme









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