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Convention sur la désertification


1. Derniers développements à New York Retour à la table des matières

- Du 10 au 21 octobre 2011 s’est tenue à Changwon, en Corée du Sud, la 10e Conférence des parties de la Convention (COP) des Nations Unies sur la lutte contre la désertification.

Elle comportait un segment de haut niveau, les 17 et 18 octobre, auquel la France était représentée par M. Jean-Pierre Thébault, ambassadeur délégué à l’environnement. Plusieurs décisions importantes ont été prises lors de cette conférence :

— l’adoption d’un programme de travail ambitieux et pragmatique, consolidant la base scientifique de la Convention avec notamment le développement d’indicateurs de mesure de la désertification et l’organisation de la seconde conférence scientifique de la Convention en 2012 sur le thème de l’évaluation économique de la désertification.

— le renforcement du rôle de la société civile dans les travaux de la Convention

— l’amélioration du suivi des projets par les pays parties

— le lancement de l’exercice d’évaluation à mi-parcours de la stratégie décennale de la Convention.

Le rôle de la convention de lutte contre la désertification se voit ainsi conforté à quelques mois du 6e forum mondial de l’eau qui se tiendra à Marseille du 12 au 17 mars 2012 et de la conférence des Nations Unies pour le développement durable « Rio+20 » qui s’est tenue en juin 2012.

- Le 20 septembre 2011 s’est tenue à l’ONU une réunion de haut niveau sur le thème de la désertification. L’évènement intitulé "Addressing Desertification, Land Degradation and Drought in the Context of Sustainable Development and Poverty Eradication " a eu lieu en amont de l’ouverture du débat général de la 66ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Le Secrétariat de la convention des Nations Unies de lutte contre la désertification (UNCCD, 1994) et l’Allemagne ont annoncé à cette occasion un projet d’évaluation globale de l’économie de la désertification : coûts économiques de la dégradation des sols et bénéfices économiques d’une gestion durable des terres. Cette conférence a abouti à un résumé de la Présidence, qui a notamment servi de document de travail à la Conférence Rio+20.

Cette réunion, décidée par la résolution de l’AGNU de décembre 2010, avait été ainsi prévue à la veille de l’ouverture de la semaine ministérielle de la 66ème session de l’ Assemblée générale des Nations unies.

2. La Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification (CNULCD) Retour à la table des matières


La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), signée à Paris le 17 juin 1994, est entrée en vigueur en décembre 1996. Cette convention est née des travaux de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED), ("Sommet de la Terre"), tenue à Rio de Janeiro en 1992. La France, qui l’a ratifiée en mars 1997, a joué un rôle important dans les négociations de cette convention qui est la seule, parmi les trois conventions issues de Rio (à savoir la Convention sur la lutte contre la désertification, la Convention sur la diversité biologique et la Convention-cadre sur les changements climatiques), à accorder une priorité explicite à l’Afrique. Ratifiée par 193 pays, elle constitue le principal pilier de la lutte contre la désertification à l’échelle internationale.


Selon la CNULCD, " le terme “désertification” désigne la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches par suite de divers facteurs, parmi lesquels les variations climatiques et les activités humaines ".


En 2007, la Conférence des Parties de la Convention a adopté à Madrid une stratégie décennale (2008-2018) dotée de quatre objectifs principaux :

- améliorer les conditions de vie des populations affectées par la désertification ;

- améliorer l’état des écosystèmes dégradés ;

- dégager des avantages globaux (lutte contre la faim, les migrations, les conflits environnementaux, préservation de la biodiversité, séquestration du carbone, ..) ;

- mobiliser les ressources en faveur de la mise en œuvre de la Convention.


Selon la Convention des Nations Unies de lutte contre la désertification, 250 millions de personnes sont directement affectées par la désertification, et environ 1 milliard de personnes, dans plus de cent pays, sont menacées par ce phénomène. Les pays les plus exposés sont les pays africains, au nord comme au sud du Sahara. Le processus de désertification entraîne une incapacité des terres à faire vivre les populations qui y habitent, ce qui justifie la promotion en tête de l’agenda international de la gestion durable des terres et de la lutte contre la désertification. Le processus de désertification constitue en effet un obstacle de taille pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Avant l’adoption de la CNULCD, l’ONU s’était penchée sur la question de la désertification. En 1982, les Nations Unies avaient proclamé une charte mondiale de la nature qui vise la restauration des milieux naturels à hauteur de leurs potentialités écologiques.

- En 1994, l’ONU a promulgué le 17 juin de chaque année journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse.

Chaque année, l’Assemblée générale des Nations unies présente ainsi une résolution pour lutter contre la désertification.

- La 10e Conférence des parties de la Convention (COP) des Nations Unies sur la lutte contre la désertification s’est tenue à Changwon, en Corée du Sud, du 10 au 21 octobre 2011. Plusieurs décisions importantes ont été prises lors de cette conférence :

— l’adoption d’un programme de travail ambitieux et pragmatique, consolidant la base scientifique de la Convention avec notamment le développement d’indicateurs de mesure de la désertification et l’organisation de la seconde conférence scientifique de la Convention en 2012 sur le thème de l’évaluation économique de la désertification.

— le renforcement du rôle de la société civile dans les travaux de la Convention

— l’amélioration du suivi des projets par les pays parties

— le lancement de l’exercice d’évaluation à mi-parcours de la stratégie décennale de la Convention.


UN Photo/Martine Perret

3. La position française Retour à la table des matières

La France, contrairement à ses voisins méditerranéens comme l’Italie, l’Espagne ou la Grèce, n’est pas déclarée affectée par la désertification. Cependant, l’appui à la mise en œuvre de la Convention Internationale sur la Lutte contre la Désertification est un axe fort et constant de la politique de la coopération française en matière d’environnement et d’aide au développement.

Les principes d’action de la France dans ce domaine sont déclinés dans la "Stratégie française de lutte contre la désertification ", finalisée en 2006 par l’ensemble des acteurs français concernés - société civile, ministères et agences de développement. Ce document stratégique définit les actions à entreprendre à tous les niveaux appropriés (mondial, régional, sous-régional, national et local) avec les acteurs du développement et de la société civile, afin de créer des conditions favorables à la mise en œuvre d’actions locales bénéficiant directement aux populations touchées par la désertification.

La France estime que l’un des enjeux majeurs est l’intégration de la problématique sols dans les politiques sectorielles, notamment agricoles et dans les stratégies de réduction de la pauvreté des pays en développement affectés.

La France encourage également le renforcement des synergies entre les trois Conventions de Rio, dans le but de favoriser une approche intégrée des enjeux " climat ", " biodiversité ", " désertification " et de développement, et, en particulier, de reconnaître le rôle de la gestion durable des sols et de la lutte contre la désertification dans l’adaptation au changement climatique.

Dans le domaine de la lutte contre la désertification, les ministères français (ministère des Affaires étrangères et européennes et ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie) ont développé des partenariats solides et travaillent de manière concertée avec la société civile française ainsi que la communauté scientifique. La société civile s’exprime au travers du Groupe de travail désertification, plate-forme d’acteurs de solidarité internationale mobilisés dans le domaine de la lutte contre la désertification et la dégradation des terres et la gestion des ressources naturelles. Ce collectif fait connaître les enjeux relatifs au processus de désertification. La communauté scientifique est représentée par le Comité scientifique français désertification (CSFD), qui contribue activement aux travaux du Comité scientifique et technique de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD).

L’action de la France s’organise donc autour de plusieurs axes :

— soutien technique et financier aux institutions de la Convention désertification, participation active aux différentes réunions des organes de la Convention et aux travaux de cette dernière ;

— appui à la structuration sous-régionale en Afrique  : la France apporte son soutien financier et/ou technique à l’Observatoire du Sahara et du Sahel et au Comité permanent Inter-Etats de Lutte conte la Sécheresse au Sahel ;

— appui à des initiatives multilatérales : la France apporte un soutien technique à l’initiative Banque mondiale/NEPAD TerrAfrica visant à augmenter le niveau et l’efficacité des investissements pour la gestion durable des terres en Afrique subsaharienne ;

— projets de terrain : l’Agence française de développement (AFD) finance des projets de développement local et de développement rural en pays sahéliens (pastoralisme durable, agriculture de conservation, etc.). La France appuie également la mise en œuvre de micro-projets, identifiés et mis en place par des acteurs de la société civile. Le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) contribue au financement de projets de développement ayant un impact durable sur les domaines de l’environnement mondial, et, notamment, de la lutte contre la dégradation des terres et la désertification (exemple du financement de l’" Initiative régionale Environnement mondial et Lutte contre la désertification – IREM-LCD ", portée par le Comité Inter-Etat de Lutte contre la Sécheresse au Sahel, qui a permis d’appuyer la mise en œuvre de micro-projets locaux de lutte contre la désertification, identifiés et mis en place par des acteurs de la société civile sahélienne).

(Octobre 2011)

4. Textes de référence Retour à la table des matières

- 2 mars 2010 - Résolution A/RES/64/202 - " Application de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification, en particulier en Afrique "

- Octobre 2007 - Plan-cadre stratégique décennal visant à renforcer la mise en œuvre de la Convention (2008-2018)

- Juin 1994 - Convention des Nations Unies sur la Lutte Contre la Désertification (CNULCD)

- Octobre 1982 - Charte mondiale de la nature

- Stratégie française de lutte contre la désertification

5. Liens utiles Retour à la table des matières

- Consultez notre fiche sur la Conférence des Nations Unies sur le développement durable

- Consultez notre fiche sur les négociations climat

- Site officiel de la UNCCD

- Site du Ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement

- Consultez la fiche sur la désertification du ministère des Affaires étrangères



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