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G20




« J’entends donc que notre pays porte l’exigence d’une meilleure gouvernance mondiale. La crise financière, économique a montré les limites des institutions actuelles. Le G20, qui avait permis de répondre dans l’urgence à la crise bancaire, doit de nouveau réfléchir sur son rôle, car nous sommes bien loin de la régulation financière indispensable. »

François Hollande, Président de la République française, 27 août 2012


1. Le G20 Retour à la table des matières

A. Pourquoi le G20 ?

Le G20 a été créé en décembre 1999 en réponse aux crises financières qui ont frappé les pays émergents à la fin des années 1990. Il s’agissait à l’origine de réunir une fois par an les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales des pays industrialisés et des pays émergents pour faciliter la concertation internationale en matière économique.

Confronté à la plus grave crise économique et financière depuis la seconde guerre mondiale, le G20 s’est transformé fin 2008, sous l’impulsion de la France, alors présidente en exercice de l’Union européenne, en instance de pilotage économique, réunissant au plus haut niveau les grands responsables publics. Lors du Sommet fondateur de Washington de novembre 2008, les chefs d’Etat et de gouvernement se sont mis d’accord sur un plan d’action exceptionnel pour éviter l’effondrement du système financier et de l’économie mondiale.

Depuis, le G20 s’est réuni régulièrement : à Londres en avril 2009, à Pittsburgh en septembre 2009, à Toronto en juin 2010, à Séoul en novembre 2010, à Cannes, sous présidence française, les 3 et 4 novembre 2011, et à Los Cabos, au Mexique les 18 et 19 juin 2012. Actuellement présidé par la Russie, le prochain sommet du G20 se réunira les 5 et 6 septembre 2013 à Saint-Pétersbourg.

Quoiqu’informel (le G20 n’est pas une organisation internationale, mais un lieu de rencontres et de décisions communes), il est devenu la principale enceinte de coopération économique et financière, pour assurer une croissance mondiale fondée sur des bases saines et solides.

B. Qui est membre du G20 ?

Le G20 représente 85 % de l’économie mondiale et 2/3 de la population mondiale. Il est composé de l’Afrique du Sud, de l’Allemagne, de l’Arabie Saoudite, de l’Argentine, de l’Australie, du Brésil, du Canada, de la Chine, de la Corée du Sud, des Etats-Unis, de la France, de l’Inde, de l’Indonésie, de l’Italie, du Japon, du Mexique, du Royaume-Uni, de la Russie, de la Turquie et de l’Union européenne.

Les membres du G20 peuvent décider chaque année d’inviter à leurs sommets un nombre limité d’autres pays (5 en principe, dont l’Espagne qui est invité permanent) et d’organisations régionales.

Pour mener à bien ses travaux, le G20 s’appuie sur l’expertise technique d’organisations internationales, notamment du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale (BM), de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l’Organisation internationale du travail (OIT), de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), de l’Organisation des Nations unies (ONU) et du Conseil de stabilité financière (CSF).

C. Comment fonctionne le G20 ?

Le G20 repose sur un système de présidence tournante annuelle peu formalisé. Chaque année, un pays membre du G20 est chargé d’organiser et de faire progresser tout au long de l’année les négociations préparatoires des Sommets des chefs d’Etat et de gouvernement. La France a eu l’honneur d’assumer cette responsabilité pour 2011, le Mexique pour 2012. La Russie a pris la présidence tournante du G20 à partir du 1er décembre 2012 et pendant les onze premiers mois de 2013, avant que vienne le tour de l’Australie (2014), puis de la Turquie (2015).

Depuis le sommet de Cannes, la présidence en exercice associe la présidence sortante et la présidence suivante à la constitution de l’ordre du jour des réunions préparatoires et du sommet, selon le système de la « troïka ».

La préparation des décisions des chefs d’Etat et de gouvernement est assurée, d’une part, par leurs représentants personnels (« sherpas »), d’autre part, par les Ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales (filière « Finances »). Les sherpas et les ministres des finances se réunissent régulièrement.

Sherpas et ministres coordonnent aussi les travaux de plusieurs groupes thématiques (développement, lutte contre la corruption, sécurité alimentaire, etc.). Ces groupes de travail ne sont pas pérennes : chaque présidence choisit ou non de les reconduire. Chacun des groupes est co-présidé par deux pays membres du G20. Depuis sa création, la France co-préside en particulier le groupe de travail « Développement ».

La présidence du G20 peut également organiser des réunions thématiques spécialisées. La France a ainsi organisé en 2011 un G20 des ministres du travail et de l’emploi et un G20 des ministres de l’agriculture. La présidence mexicaine a elle aussi réuni les ministres de l’emploi, et a organisé pour la première fois une réunion des ministres des affaires étrangères du G20, les 19-20 juin 2012.

D. L’ouverture du G20 à la société civile

Au fil des présidences, plusieurs initiatives ont vu le jour pour compléter l’action des leaders et donner au G20 plus de visibilité et de retentissement dans la société civile. Ces initiatives sont usuellement désignées sous le nom d’outreach. Elles s’adressent à différentes catégories de populations : Youth G20 (Y20), rassemblant des étudiants des 20 pays et des pays invités, Business G20 (B20), rassemblant les entrepreneurs, NGO20, (G20 des ONG), T20 (G20 des think tanks), R20 (G20 des régions et collectivités territoriales).

Les résultats de ces rencontres parallèles donnent généralement lieu à une remontée au niveau du sommet des leaders, que ce soit sous forme de rencontres, de compte-rendus ou de recommandations.

La présidence a en outre toute latitude pour organiser des conférences, séminaires et rencontres de haut niveau sur les priorités du G20 dans l’année.

Sommet du G20 - Los Cabos - 18 Juin 2012 - UN Photo/Eskinder Debebe

2. L’action du G20 Retour à la table des matières

A. Les résultats du G20

L’action concertée du G20 a permis d’amortir l’impact de la crise sur la croissance et l’emploi et de rétablir la confiance plus tôt que ne le prévoyaient les analystes.

Les pays du G20 ont en effet déployé des moyens inédits pour soutenir l’économie mondiale : plans de relance budgétaire massifs et coordonnés, injections de liquidités par les banques centrales, mesures de soutien aux activités de crédit des banques, renforcement considérable des capacités d’aide des organisations internationales aux pays émergents ou en développement.

Mais le G20 s’est également attaqué aux racines de la crise : l’accumulation de déséquilibres macroéconomiques mondiaux et les défaillances de la régulation financière. Pour réduire les déséquilibres mondiaux, le G20 a créé un « cadre pour une croissance forte, durable et équilibrée », afin de réorienter les stratégies macro-économiques nationales dans un sens plus favorable à l’économie mondiale. Ce cadre est suivi et réactualisé chaque année lors du sommet.

Le G20 s’est accordé sur un plan de régulation financière sans précédent, à la mesure de l’ampleur de la crise financière. Le champ du contrôle et de la surveillance financière s’est élargi à des acteurs, à des produits, à des activités ou comportements à risque qui faisaient jusqu’ici l’objet de peu ou pas d’encadrement dans le secteur.

Enfin, le G20 a fait évoluer en profondeur les modes de prise de décisions économiques au niveau mondial, notamment en réformant la gouvernance du FMI et de la Banque mondiale.

Au-delà de la réponse coordonnée à la crise, qui a présidé à sa création, le G20 est une enceinte de concertation unique rassemblant pays développés et pays émergents, qui peut permettre un dialogue au-delà des prises de position par « blocs ».

B. La présidence mexicaine du G20



La Russie a pris la présidence du G20 au 1er décembre 2012.

Le prochain Sommet du G20 se tiendra à Saint-Pétersbourg les 5 et 6 septembre 2013.

Retrouvez le programme complet de la présidence russe.

Le Mexique a assuré la présidence du G20 au 1er décembre 2011 au 1er décembre 2012, à la suite de la présidence française.

Le Sommet du G20 s’est tenu à Los Cabos (Mexique, Basse-Californie) les 18 et 19 juin 2012. Outre les membres du G20, le Mexique a invité au sommet l’Espagne (invité permanent au G20), le Chili, la Colombie, le Bénin, au titre de sa présidence de l’Union africaine en 2012, et le Cambodge, au titre de sa présidence de l’ASEAN.

Dans le contexte de la crise économique et de la crise de la dette, les chefs d’Etat et de gouvernement de G20 ont adressé, à Los Cabos, un message d’unité en faveur de la croissance et de l’emploi, tout en rappelant leurs engagements en matière de consolidation budgétaire. Cette responsabilité collective s’est traduite par l’adoption d’un plan d’action de Los Cabos pour la croissance et l’emploi. Ce plan contient un ensemble de mesures de politique économique qui actualise le plan d’action du sommet du G20 de Cannes.

Dans la lignée des travaux engagés sous présidence française, la réponse à la crise économique a intégré les questions relatives à l’emploi et la protection sociale, notamment l’emploi des jeunes. Les leaders y rappellent également la priorité donnée à la mise en œuvre de socles de protection sociale dans les pays en développement.

Sur le plan financier, afin d’éviter toute contagion de la crise financière, les pare-feu internationaux ont été renforcés. Les ressources du FMI ont été augmentées de 456 milliards de dollars. Les capacités de prêt du FMI ont ainsi doublées, grâce à de nouvelles contributions issues de 37 pays.

La mise en œuvre des engagements du G20 en matière de régulation financière s’est poursuivie, notamment l’encadrement des rémunérations des traders et la réglementation prudentielle des banques. Le Conseil de stabilité financière, créé sous l’impulsion du G20 pour renforcer les dispositifs de régulation financière, s’est vue doter d’une personnalité morale, d’une gouvernance améliorée et d’une autonomie financière accrue. La lutte contre les juridictions non coopératives a été approfondie et les standards anti-blanchiment revus.

Sur la question du commerce, les membres du G20 ont réaffirmé leur refus de toute mesure protectionniste.

Enfin, la déclaration de Los Cabos reconnaît l’importance du développement pour une croissance forte, inclusive, durable et équilibrée. Elle aborde les trois priorités fixées par la présidence mexicaine : sécurité alimentaire, notamment via les travaux engagés sur les marchés des matières premières pour lutter contre la volatilité des prix, infrastructures, croissance verte et inclusive. La déclaration de Los Cabos fait valoir un équilibre entre les trois piliers du développement durable (économique, social et environnemental) et prévoit un engagement à poursuivre les travaux sur la croissance verte et inclusive à la lumière des résultats de Rio+20 et des travaux sur le climat.

3. Le G20 et les Nations unies Retour à la table des matières

Le G20 souhaite approfondir sa collaboration et les Nations unies, enceinte de composition universelle (le "G192"). Pendant sa présidence, la France a été particulièrement attentive à la complémentarité entre le G20 et les Nations unies et a souhaité créer des ponts entre ces deux enceintes, dans un souci de renforcement des Nations unies. La présidence mexicaine a poursuivi l’action du G20 en ce sens.

Certaines avancées du G20 ont été intégrées dans les travaux des Nations unies, notamment aux résolutions votées lors de la 66ème Assemblée générale (nécessité d’une surveillance multilatérale et bilatérale du système bancaire ; question du chômage des jeunes ; importance de la mise en place de socles de promotion sociale et de la promotion du travail décent ; consensus concernant la question de l’abolition des restrictions à l’exportation pour les achats du Programme Alimentaire Mondiale à des fins humanitaires ; entérinement du projet de système d’information sur les marchés agricoles ; inquiétude concernant la volatilité des cours sur les marchés alimentaires).

(Avril 2013)

4. Textes de référence Retour à la table des matières

- 19 juin 2012 - Plan d’action de Los Cabos pour la croissance et l’emploi

- 4 novembre 2011 - Plan d’action de Cannes pour la croissance et l’emploi

5. Liens utiles Retour à la table des matières

- En savoir plus sur la présidence française du G20

- Site internet de la présidence russe du G20 (en anglais)



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