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30 mai 2012 - Syrie - Remarques à la presse de M. Martin Briens, chargé d’affaires a.i. de la mission permanente de la France auprès des Nations Unies

(en français et en anglais)

Nous venons d’entendre un briefing à la fois de Jean-Marie Guéhenno, l’envoyé spécial adjoint, et d’Hervé Ladsous, sur la situation en Syrie sur les conditions d’opération de la MISNUS.

Les conclusions que j’en tire sont que les violations massives et sanglantes de ses obligations par le régime syrien, tel qu’on l’a vu à Houla, montrent d’une part que le régime ne renonce pas à massacrer son propre peuple, à massacrer ses enfants ; et d’autre part, qu’il n’y a pas de volonté politique à Damas de mettre en œuvre le plan Annan endossé par le Conseil de sécurité.

Nous sommes plus que jamais éloignés de la cessation des violences que nous avons tous demandée. Il n’y a pas que la cessation des violences. Le plan Annan comporte d’autres points et aucun d’entre eux n’est respecté.

La priorité dans l’immédiat est que le régime syrien cesse sa violence sous toutes ces formes, qu’elles soient commises par les forces armées ou par des milices qui l’appuient, notamment les shabiha, qui sont, semble-t-il, impliquées à Houla. Les responsables de ces atrocités devront rendre compte de leurs actes. Deuxièmement, Kofi Anna s’est rendu à Damas, où il a eu des entretiens politiques. Ce que nous attendons du régime syrien c’est qu’il mette immédiatement en œuvre ses engagements, tels qu’ils lui ont été rappelés par Kofi Annan.

Je voudrais réitérer notre plein soutien à la fois à Kofi Annan, l’Envoyé spécial, et à son équipe. A ce propos, je voudrais mentionner que Jean-Marie Guéhenno nous a indiqué que le deuxième adjoint, Nasser al-Qidwa, n’avait toujours pas accès à Damas, ce qui est en soi inacceptable. Je voudrais également réitérer notre soutien à la MISNUS dont nous savons qu’elle fait un travail extraordinairement difficile et de plus en plus dangereux.

Que faire aujourd’hui ? Plus que jamais il nous faut soutenir la mise en œuvre du plan Annan, non seulement pour éviter que la Syrie elle-même ne sombre dans le chaos, mais aussi pour protéger la région des conséquences potentiellement dévastatrices de la situation en Syrie.

La responsabilité du Conseil de sécurité est de construire les conditions d’un processus de transition politique. Sans transition politique, il n’y aura pas de solution à la crise syrienne. Mais seule une pression accrue, que nous devons exercer collectivement, permettra un changement d’attitude des autorités syriennes en vue d’un processus de transition crédible.

Il n’est plus temps d’attendre pour sauver le plan Annan et éviter une déflagration aux conséquences régionales, je le répète, dévastatrices.

The massive and bloody violations that we saw over the week end by the Syrian government of its commitments in Houla demonstrate a complete absence of will on the part of the Syrian regime to implement its commitments under the Annan plan and under our resolutions 2042 and 2043. The cessation of violence seems further than ever and also the other aspects of the Annan plan are not being implemented.

The Special Envoy has just been to Damascus to recall these commitments and the importance that the Council and the whole international community attach to the implementation of these commitments. What we are expecting now from the Syrian government is that it immediately ceases violence whether it comes from its forces and from its proxies, like the shabihas, but also implements all the aspects of the Annan plan.

We would like to further reiterate our full support to UNSMIS ; UNSMIS is doing a very tough job on the field everyday more dangerous. We reiterate our full support to the mission and also to Kofi Annan and his team. More than ever we have to support him and his plan not only to prevent Syrian from spiralling into chaos but also to prevent consequences in the region.

Our responsibility as the Council is to create the conditions for a political transition in Damascus as we know that only a political process will lead to a peaceful solution of the current crisis. But in our view only increased pressure, collective pressure on the Syrian government will allow for change of attitude from the government that we all call for.




Q : Quels sont les moyens de pression dont vous disposez au Conseil de sécurité pour faire pression sur la Syrie, sachant que vous ferez face à un veto de la Russie, et quelles seraient les conséquences d’une résolution sous le chapitre VII ?

Le Conseil de sécurité a tout un ensemble de moyens à sa disposition. Il y a la pression politique, les sanctions. Comme vous le savez, nous avons appelé à renforcer les sanctions sur le régime de Damas. C’est ce dont nous allons discuter dans les prochains jours. Il est trop tôt pour dire ce qu’il sera possible de faire ou non.

Il y a un élément d’urgence maintenant. On le voit avec le déchainement de la violence, les actes terroristes, les conséquences régionales, notamment au Liban et ailleurs, et avec les menaces sur la mission d’observation. On ne peut pas attendre. Le chapitre VII évidemment fait partie des possibilités pour le Conseil de sécurité pour marquer l’urgence et l’importance de la mise en œuvre des engagements par la Syrie.

Q : Do you support Germany’s idea to beef up the mission ? Soutenez-vous l’idée allemande de rendre la mission des observateurs plus robuste ?

Parmi les options que nous allons étudier figureront évidement les moyens de renforcer la MISNUS en fonction de ce qu’elle nous dira, de ce que nous dira le Département des opérations de maintien de la paix pour la rendre encore plus efficace. Mais je voudrais souligner ici l’importance du travail qu’elle effectue dans des conditions particulièrement difficiles.

Q : President Hollande also said yesterday that he would try to convince President Poutine when they meet Friday to support sanctions. Do you see any room for manoeuvrability at the Security Council ?

What the Council’s statement on Sunday demonstrated was that we all share this grave concern. We are all horrified by what’s going on in Syria and we are all worried about the prospect of further degradation. We are all looking for political solution. All the parameters of a common approach of the members of the Security Council are there. Our intention is to work with Russia, with all interested members, to try to find a way forward with these two very clear goals :
— support to the Annan plan and to Kofi Annan himself ;
— increasing the pressure on the regime so that it implements its commitments



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