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3 mars 2008 - Iran / Non-prolifération : Entretien avec BBC Afrique de M. Jean-Pierre Lacroix, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations Unies, suite à l’adoption de la résolution 1803

(Cette résolution ajoute différentes mesures par rapport à celles qui ont déjà été adoptées par le Conseil de Sécurité dans ses deux précédentes résolutions qui comprenaient déjà des mesures.)

Il s’agit de mesures significatives, hautement significatives même si elles sont, dans leur périmètre, relativement modestes,. Il y a une mesure concernant l’interdiction de voyages pour des personnes dont nous pensons qu’elles sont liées activement au programme nucléaire iranien. Il y a des appels à la vigilance dans les relations financières avec l’Iran en particulier dans les relations avec certains établissements bancaires iraniens spécifiés dans la résolution. Il y a un appel aux Etats à procéder à des inspections de cargaisons quand ils ont des raisons de penser que ces cargaisons peuvent être reliées à des biens prohibés. Il y a également une interdiction d’exportation de biens à double usage.

Donc un ensemble de mesures qui sont significatives et qui auront un impact sur la capacité de l’Iran à poursuivre et à développer son programme nucléaire et qui je crois, au delà de leur contenu spécifique, enverront aussi un signal fort à l’ensemble de la communauté internationale, à l’ensemble des acteurs, à l’Iran bien entendu, que le monde n’a plus une relation tout à fait normale, normalisée avec l’Iran. Et je crois que c’est de nature à faire réfléchir les acteurs, notamment économiques, dans l’évaluation de leurs relations avec l’Iran. J’espère surtout que cela sera de nature à faire réfléchir les dirigeants iraniens .

(Qui a déjà dit qu’elles ne vont pas coopérer avec la résolution du Conseil de Sécurité ?)

Ils l’ont dit avant le vote, ce qui n’est pas surprenant. Nous pensons que ces mesures et la résolution du Conseil de Sécurité sont de nature à faire réfléchir les dirigeants iraniens parce que elles accroîtront l’isolement international de l’Iran. Ce que nous espérons c’est que l’Iran dans les prochains mois, les prochaines semaines, réalisera que si il veut sortir de cette spirale d’isolement international il faut qu’il choisisse la voie que nous lui proposons qui est la voie du dialogue, la voie de la coopération qui est une voie qui permettrait de résoudre de manière pacifique, par la négociation, les questions que nous nous posons sur le programme. Le rapport publié par la CIA en décembre dernier disait que l’Iran depuis 2003 avait suspendu son programme nucléaire.

Je crois que ce qui a été important, comme dans les étapes précédentes, c’est les évaluations faites par l’AIEA d’une part et, d’autre part, la manière dont nous évaluons le respect par l’Iran de ses obligations au titre des résolutions du Conseil de sécurité. L’Iran n’a pas suspendu l’enrichissement d’uranium. L’Iran n’applique par le protocole additionnel de l’AIEA qui permettrait des inspections plus systématiques et plus détaillées. Et enfin, l’Iran a certes travaillé avec l’AIEA, qui a relevé certains progrès, modestes dans ce travail commun, mais l’AIEA a également signalé, dans son dernier rapport, des zones de doutes très sérieux, des préoccupations sur la nature du programme iranien, sur certains volets.

Des doutes sur des activités que l’Iran aurait pu avoir, liées à la militarisation de son programme. Et c’est la raison pour laquelle, nous comme d’autres membres du Conseil de Sécurité, nous avons déterminé que clairement que l’Iran n’avait pas respecté ses obligations internationales et c’est la raison pour laquelle, le Conseil de Sécurité a adopté aujourd’hui cette nouvelle résolution./.



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