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20 Novembre 2008 - Situation en RDC - RFI et BBC Afrique

Résolution 1843
Interview de l’ambassadeur Jean-Maurice Ripert, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies,

Résolution 1843 Interview de l’ambassadeur Jean-Maurice Ripert, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies,

C’est la France qui a proposé cette résolution, en quoi peut-elle améliorer la situation sur le terrain ?

Je dois préciser tout de suite que la France a été immédiatement soutenue par l’ensemble des partenaires européens du Conseil. Nous répondons à une demande du Département des opérations de la paix. Nous pensons qu’il y a un besoin immédiat de renforcement sur place dans les Kivus et notamment dans la région de Goma, en troupes, et si possible en troupes musclées ayant la capacité d’intervenir efficacement pour protéger les civils et pour parvenir à empêcher les milices et les groupes rebelles de continuer à se battre, et à respecter leur engagement de désarmer et de se désengager.

A long terme, c’est l’ensemble du mandat qu’il faut rediscuter, pas forcément pour le modifier mais pour en rediscuter les modalités d’application. Mais comme on ne peut pas attendre des semaines, vu la gravité de la situation, il était important d’autoriser le département de maintien de la paix à recruter près de 3000–soldats supplémentaires avec les capacités qui vont ensemble.

Cela n’est qu’une étape. La solution du problème dans l’est du Congo sera politique, mais il est important de protéger les civils. Ce qui compte maintenant, c’est d’encourager la médiation du Président Obasanjo, qui est désigné par le Secrétaire Général des Nations unies, avec le soutien de l’Union africaine, et d’encourager l’ensemble des initiatives régionales, de toutes les parties au conflit, et que tous les Etats de la région qui peuvent contribuer à une solution se mettent ensemble et trouvent cette solution.

Est-ce que vous pensez que l’ONU va trouver les troupes, l’équipement nécessaire : ils ont réclamé 18 hélicoptères et deux avions de transport, et est ce que tout va se faire dans des délais raisonnables ?

Nous l’espérons, les contacts ont déjà commencé, certains pays se sont manifestés en proposant de renforcer leur contingent. Je pense en particulier à l’Inde, mais je ne peux pas évidemment parler à sa place, trouver les équipements légers et notamment des hélicoptères tactiques. C’est un problème, vous le savez, on l’a vu au Darfour. C’est un des graves problèmes actuellement du maintien de la paix, plusieurs pays probablement seront contactés par le Département du Maintien de la Paix, non seulement en Afrique, mais peut être aussi en Europe ou ailleurs. Nous verrons sous quelle forme répondre. Nous proposons aussi en tant qu’ Européens, comme vous le savez nous sommes en train d’en discuter à Bruxelles, de monter une opération humanitaire, pour essayer avec des moyens humanitaires sécurisés, - donc y compris s’il le faut, par des moyens militaires pour protéger les humanitaires- d’apporter une aide plus significative pour protéger l’accès aux personnes déplacées dans les camps. L’aide serait bien sûr distribuée par les ONG et les organisations internationales. Nous pensons ainsi que nous contribuerions à alléger la tâche de la MONUC dans les premières semaines, et donc à permettre aux renforcements d’intervenir.

Mais sur les moyens, il va falloir en effet se mobiliser au niveau de la communauté internationale.

Avec cette résolution est ce à dire que l’on ne parlera plus de violence dans l’est du Congo et que tout est résolu ?

Sûrement pas. Si nous intervenons et que nous avons autorisé le Département du Maintien de la Paix à se renforcer, c’est précisément par ce que les violences, malheureusement, continuent.

Cela étant, elles sont plutôt moindres aujourd’hui qu’elles ne l’ont été il y a quelques jours. Il n’y a pas eu à ma connaissance d’exactions à la même échelle qu’il y a quelques jours, mais il faut rester extrêmement vigilant. Le fait que des rebelles se retirent dans certains cas, ce qui provoque l’avancée d’autres milices armées, n’est pas satisfaisant pour les populations. Il faut mettre fin à une situation, où les populations, et notamment les plus vulnérables, les femmes et les enfants, sont, pardonnez-moi l’expression, baladées d’un camp à l’autre, martyrisées par les uns et par les autres, où les femmes malheureusement font encore trop les frais de violences sexuelles, où les enfants sont recrutés comme enfants-soldats. Tout cela va continuer, il faut faire extrêmement attention. C’est très difficile en même temps : les forces d’intervention des Nations unies ne peuvent pas protéger chaque individu, notamment si ces individus ne sont pas regroupés. C’est pour ça que l’urgence est de les regrouper, de nouveau dans des camps, sous la protection des Nations unies.

Une dernière question : il y a des observateurs qui estiment que, augmenter les forces de maintien de la paix en RDC ne va que renforcer la léthargie de celles qui sont déjà sur place, et que l’autre option serait par exemple une force multinationale du genre Artémis, ou avec d’autres règles d’engagement, est-ce que vous partagez ce point de vue ?

Pas du tout. D’abord il faut rendre hommage aux soldats de la MONUC qui se battent extrêmement courageusement, qui sont sous les feux de l’ennemi par petites unités. Je crois qu’il faut rendre hommage à ces soldats sud-africains, pakistanais, uruguayens, sénégalais, et j’en oublie certainement, qui se battent pour protéger les populations.

La deuxième chose, c’est qu’évidemment, la MONUC ne peut pas toujours répondre à l’urgence du moment. Vous avez probablement dans les milices de M. Nkunda sept à huit mille hommes fortement armés. C’est très difficile de faire face à une véritable armée, équipée, c’est difficile de leur résister. Les troupes de maintien de la paix sont là pour protéger les civils pas pour faire la guerre. Mais le mandat existe, donc on n’a pas forcément besoin de changer de mandat. Nous demandons qu’on l’applique, et qu’on l’applique notamment à travers des concepts opérationnels, une structure de commandement et des règles d’engagement plus fermes. �a fera l’objet de discussions au Conseil dans les prochains jours, nous allons commencer dès demain à en discuter./.

Can you please tell us about the resolution, and concretely what is in there ?

It’s very simple, the resolution is very short, it says that we authorize the department of the peacekeeping operations in the United Nations to recruit around 3,000 more soldiers and policemen to reinforce the troops currently on the ground. Of course with the understanding that those troops will go directly to Northern Kivu to reinforce the presence there, with the mandate to first protect the civilians, and second, to try to prevent any military action by rebel groups who committed themselves to a ceasefire, who committed themselves to disarming and to joining the political process.

So this the mandate they can carry out probably with more efficiency if they have more troops. This is why we authorize them to do so.

Is there any police unité for crowd control ?

Yes, there should be 300 hundreds more police people in the troops recruited by DPKO, this is part of the authorization of the Council.

What makes you think that this is good news for DRC ?

First of all, it shows the concern of our international community. It answers a long-awaited request by DPKO but also by the government of DRC, the elected democratic government of the DRC.

The United Nations answered a request of the DRC. It shows that there is still attention about what is going on, and that we are not going to accept to go back to the situation of fifteen years ago when there was the civil war. Enough is enough, the population has suffered enough and we have to protect it.

This surge will last as long as the violence is still going on, and as you know, it is not possible to easily find troops.

We don’t think it is easy, we think it is feasible. Some countries have already shown some interest, India for instance is ready to reinforce its contingent. DPKO is in touch with some other countries in the region, and also in Africa. Some countries will provide some help, some intelligence also, because they need it, and we’ll re-discuss the whole issue when we renegotiate the mandate. But it’s not because it is difficult that we should renounce, we have to fight for that.

You mentioned earlier that European Union is discussing an option about sending a multinational force in the country ?

The option of sending a multilateral force is not excluded, but it is not the favourite option in Brussels right now, because we what we have right now is more to try to organize a sort of humanitarian assistance operation, with military means to be self secured, not to ask MONUC for one more protection role and it would alleviate the charge of the burden of MONUC, but what we want to do first and foremost is to secure the supply in goods, food, aid, medications, assistance for the IDPs and to secure the access to victims in favour of NGOs and international organizations. So it would help decisively. We have means to do it, as soon a it would have been decided in Brussels, and there are talks today in Brussels.

Last question, Mr Ambassador, so many countries of the Security Council are criticizing the mandate, saying that it is not strong enough, is it time now to review that mandate ?

First of all, I haven’t heard anyone this morning criticizing the mandate, we will start and open the discussion on the mandate starting tomorrow. We’ll see, we have a decision to make before the end of the year.

Once again, my feeling is that people are not criticizing the mandate itself but the way MONUC is able to carry out and to show a little bit more muscles, and to be a little bit stronger on the ground, especially when there are attacks under the fire of rebels, or ambushes, or when civilians are attacked, this is the question and probably, there is an agreement among the Council members that they should be a little bit tougher on the ground./.



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