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7 octobre 2008 - Entretien avec RFI de l’ambassadeur Jean-Maurice Ripert

suite à l’adoption de la résolution 1838 sur la piraterie en Somalie

Je crois que la France peut être satisfaite que, à peine 15 jours après l’appel lancé ici même aux Nations Unies par le Président de la République, Nicolas Sarkozy, le Conseil de sécurité ait adopté à l’unanimité une résolution présentée par la France, avec le soutien et le co-parrainage d’une quinzaine d’Etats de toutes les régions du monde et notamment toutes les grandes puissances maritimes, pour non seulement demander la fin de la piraterie mais aussi appeler concrètement les Etats à réagir y compris, s’il le faut, en recourant à la force. C’est une résolution sous Chapitre VII et qui emploie l’expression " par tous les moyens ". Vous savez ce que cela veut dire aux Nations Unies. Près de 3 million et demi de Somaliens à la fin de l’année ne vivront que de l’aide internationale. Les pirates aujourd’hui tuent des Somaliens tous les jours en s’attaquant aux ressources et aux travailleurs humanitaires. Il faut que cela cesse ! Il faut que les Etats prennent leurs responsabilités. La France a pris ses responsabilités, en lançant dès le mois de Novembre dernier l’opération Alcyon, suivie par les Danois, les Néerlandais et les Canadiens. Il faut que chacun prenne ses responsabilités. Les Somaliens eux-mêmes ont adressé une lettre au Conseil de sécurité demandant à ce que des opérations militaires soient conduites pour protéger les bateaux, notamment du PAM, dans les eaux territoriales et au-delà des eaux territoriales en haute mer. C’est en conformité avec le droit international, et notamment la convention internationale sur le droit de la mer et de la résolution 1816. Donc nous sommes très satisfaits.

Est ce le premier pas vers la création d’une force maritime de lutte contre la piraterie ?

Ce n’est pas le premier pas. C’est l’autorisation pour le déploiement concret d’une force maritime. Vous savez que l’Union européenne a décidé de lancer des études et une planification en vue de la force maritime pour protéger les convois humanitaires. Plusieurs Etats, dont les principaux " Etats militaires " de l’Union européenne, ont dit qu’ils étaient intéressés, sous réserve de ce que donnera la planification. Nous souhaitons que cela aille vite et espérons que cela pourra aboutir avant la fin de l’année, et en tout cas avant le 2 décembre, qui est la date de la reconduction de la résolution 1816.

Qu’apporte cette résolution par rapport à la précédente résolution sur la piraterie également proposée par la France ?

Très concrètement, elle rappelle que le droit international autorise le recours à la force y compris en haute mer et demande aux Etats d’agir militairement contre les pirates. C’est donc non seulement une autorisation mais cette fois-ci une demande d’action contre les pirates. Et la France est déterminée à utiliser cette possibilité./.



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