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18 mai 2010 - Iran - Entretien de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, avec Radio France Internationale

Q : Est-ce que cette décision de présenter un projet de résolution au lendemain de la médiation avec le Brésil et la Turquie est une gifle diplomatique pour ces deux pays ?

Je crois tout d’abord qu’il est important de souligner que la Chine et la Russie ont accepté de présenter ce texte, ce qui prouve bien que le dossier nucléaire iranien est une préoccupation de l’ensemble des pays de la communauté internationale. En ce qui concerne le texte qui a été signé à Téhéran, la France aimerait qu’il soit effectivement mis en œuvre. Ce serait une mesure de confiance très utile.

Ce sont cependant deux sujets séparés : l’accord sur le réacteur de recherche de Téhéran est une mesure de confiance. Les sanctions n’ont rien à voir avec cela : elles portent simplement sur le fait que depuis maintenant trois ans, l’Iran n’a pas mis en œuvre, et même viole, quatre ou cinq résolutions du Conseil de sécurité. Ce sont donc deux sujets séparés. De nouveau : nous souhaitons que la déclaration qui a été signée à Téhéran soit effectivement mise en œuvre par l’Iran. Mais même si elle était mise en œuvre telle qu’elle a été signée, cela voudrait dire que l’Iran continue à enrichir son uranium à 20%. C’est illogique : s’il y a un accord avec le Brésil et la Turquie, c’est précisément pour fournir de l’uranium enrichi à 20 % au réacteur de recherche de Téhéran. Pourquoi l’Iran continuerait-il donc à enrichir à 20 % ? Nous pouvons simplement constater que poursuivre cet enrichissement rapproche l’Iran d’une capacité militaire.

Q : Comment le texte a-t-il été reçu au Conseil de sécurité et quand est-ce qu’il pourra être voté ?

Il s’agissait là d’une présentation préliminaire du texte. Les membres du Conseil vont l’envoyer à leurs capitales et travailler sur cette base. Comme vous pouvez l’imaginer, ces consultations seront confidentielles, je ne peux donc pas vous en parler ici.

Q : Le Brésil nous a dit qu’il refusait de participer à la discussion…

Vous avez donc la réponse !

Q : Pensez-vous arriver à un consensus ?

Pourquoi pas ? Il y a une négociation, nous verrons ce qu’il en sera à la fin. Il est impossible de le dire aujourd’hui.

Q : Préférez-vous aller vite vers une résolution non consensuelle ou prendre le temps et essayer d’avoir un maximum de voix ?

Nous voulons aller vite vers une résolution consensuelle.

Q : Pour quand la prochaine réunion est-elle prévue ?

Ce sont maintenant les experts qui travaillent.



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