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1er mars 2010 - Bilan de la présidence française du Conseil de sécurité - Entretien de M. Gérard Araud avec la Radio des Nations unies

Q : Gérard Araud, vous êtes le représentant permanent de la France, vous venez de présider le Conseil de sécurité durant tout le mois de février, un mois qui malgré le fait qu’il ne compte que 28 jours a quand même été assez dense en terme d’actualités. Vous aviez annoncé le programme de travail de ces travaux du Conseil de sécurité en prenant la présidence. Est-ce qu’on a suivi ce programme, est-ce que les grandes questions envisagées ont été abordées ? Je pense notamment au Soudan et à l’Irak.

Commençons par le Soudan : est-ce que, du côté du Conseil de sécurité, certains éclaircissements ont été apportés, est-ce qu’aujourd’hui on y voit plus clair, notamment à l’approche des élections ?


Je suis convaincu que le Soudan dans toutes ses composantes, y compris le Darfour ou le Sud Soudan, sera le défi des Nations unies pour l’année 2010. Comme vous le savez, il va y avoir des élections dans l’ensemble du Soudan au mois d’avril. Le pays ira ensuite au référendum sur le Sud Soudan en janvier, rendez-vous capital puisque c’est un référendum qui pourrait conduire à l’indépendance du Sud Soudan et à l’apparition d’un nouvel Etat en Afrique avec des conséquences à l’échelle nationale car il y a d’autres régions du Soudan qui ont un contentieux avec Khartoum, et notamment le Darfour, mais aussi des conséquences d’ordre continental. Le rôle des Nations unies est d’essayer de gérer cette transition au mieux.

Au-delà de la routine du Conseil de sécurité, du renouvellement des mandats, le Conseil en février s’est félicité de cette petite lueur au bout du tunnel qu’a constitué il y a quelques jours la signature d’un accord entre le principal mouvement d’opposition, le JEM et le gouvernement central de Khartoum. C’est un premier pas et il fallait que le Conseil de sécurité s’en félicite et appelle les autres mouvements rebelles à rejoindre cette négociation.

Q : Si on parle maintenant de l’autre grand rendez-vous : l’Irak. Des élections se rapprochent également puisque c’est au printemps, est-ce que là également le mois de février et la présidence française ont permis de faire avancer ce dossier ?

Au mois de février, nous avons continué le travail de normalisation de l’Irak, avec pour objectif le plein retour de l’Irak dans la communauté internationale. Nous avons adopté une déclaration présidentielle qui ouvre la voie à la levée des sanctions contre l’Irak en ce qui concerne les armes de destructions massives et leurs vecteurs. Si les Irakiens remplissent les conditions qui ont été posées, et c’est possible de le faire assez rapidement, ce sera un nouveau pas très important pour le retour de l’Irak dans la communauté internationale.

Q : On a évoqué beaucoup de sujets pendant ce mois de février, je pense notamment à l’Afrique de l’Ouest, il y a des sujets qui sont traités directement par le Conseil et d’autres qui font parfois l’objet de consultations. Si on prend par exemple la situation en Guinée, on a là également assisté à une évolution plutôt positive de la situation. Comment le Conseil a-t-il réagi sous votre présidence ?


C’est en effet un miracle, il faut croiser les doigts naturellement mais aussi ne pas oublier l’affreux massacre du 28 septembre où plus de 150 civils ont été tués, avec des viols massifs. Nous avons vu un scenario quasiment de guerre civile se mettre en place. Les Nations unies sont intervenues, à la demande de la France d’ailleurs ; le Secrétaire général a créé une commission d’enquête et le président Compaoré du Burkina Faso, a conduit une médiation. Il a réussi finalement à obtenir un accord politique. Un processus politique est donc en marche, le président Konaté, président par intérim, a accepté la perspective d’élections générales à court terme et a nommé un premier ministre issu de l’opposition : nous avons donc un processus politique en place. Par ailleurs, la commission d’enquête sur les événements du 28 septembre a rendu son rapport, un rapport très clair qui conclut qu’il y a eu peut-être des crimes contre l’humanité et c’est un élément très important : la paix et la justice doivent avancer ensemble, l’une n’est pas imaginable sans l’autre. Le Conseil a reconnu ces avancées, dans le domaine de la justice et dans le domaine politique. Il a apporté son plein soutien aux efforts qui ont été conduits par le président Compaoré du Burkina Faso et par le président Konaté de Guinée.


Q : Toujours pour l’Afrique de l’Ouest, il y a également le cas de la Côte d’Ivoire qui a connu un nouveau report des élections. Le Conseil de sécurité est en principe saisi de cette question, est-ce qu’il y a eu des consultations sur cette question même si formellement on n’a rien vu venir pour réagir à la nouvelle crise ?


Je viens d’en parler avec le président gabonais du Conseil de sécurité, il y aura des consultations sur la Côte d’Ivoire le 17 mars. Nous sommes évidemment très vigilants. Il y a eu une crise politique en Côte d’Ivoire, les Ivoiriens eux-mêmes, avec une fois de plus d’ailleurs le rôle du président Blaise Compaoré du Burkina Faso, ont semble-t-il réussi à surmonter cette crise. Un nouveau gouvernement a été créé, une nouvelle commission électorale indépendante a été constituée. Maintenant que cette crise a été surmontée il faut voir quelles sont les conséquences sur le calendrier électoral. C’est un long feuilleton que nous vivons depuis maintenant près de cinq ans. Nous allons attendre le rapport du Représentant spécial du Secrétaire général et nous espérons naturellement que les élections auront lieu le plus rapidement possible, en tout cas avant l’été.


Q : Un autre pays de la région a fait parler de lui durant ce mois de février, le Niger. Après ce coup d’Etat -puisqu’il faut l’appeler ainsi-, la situation a complètement changé. Le Conseil de sécurité s’est prononcé sur ce sujet. Quel est aujourd’hui le climat qui règne au sein du Conseil de sécurité par rapport à cette nouvelle crise ?

Sur cette crise, comme sur beaucoup d’autres, et c’est un évènement nouveau ces dernières années, nous laissons les organisations sous-régionales et régionales gérer la crise : je veux parler aussi bien de la CEDEAO que de l’Union africaine. Le gouvernement qui a été renversé, comme vous le savez, était déjà un gouvernement non-constitutionnel. Il avait d’ailleurs été suspendu de la CEDEAO. Nous avons condamné la prise de pouvoir non-constitutionnelle, mais nous devons attendre la concrétisation des intentions du nouveau régime à Niamey. Les premières déclarations annoncent la tenue d’élections, nous faisons confiance à nos amis africains pour convaincre les nouvelles autorités nigériennes d’aller aux élections le plus rapidement possible.

Q : Nous parlons des crises, notamment en Afrique de l’Ouest. Cela m’amène au débat, l’un des temps forts que vous souhaitiez organiser, sur cette fameuse transition après les opérations de maintien de la paix et cette responsabilité de la communauté internationale d’accompagner les pays qui sortent de crise. Que retirez-vous du débat marathon qui a été organisé et qui a vu la présence de plusieurs chefs de missions, je pense notamment à la RDC, à la Sierra Leone ou encore au Libéria.

Comme vous le savez, les Nations unies avaient 20 000 hommes déployés il y a dix ans. Maintenant, il y en a plus de 120 000. Nous avons assisté à une explosion des missions, non seulement en volume mais également en exigence. Or, les structures et les procédures des Nations unies n’ont pas suivi.

Depuis maintenant deux ans, avec nos amis britanniques, nous travaillons à essayer d’améliorer la gestion des opérations de maintien de la paix. C’est lent parce que la bureaucratie des Nations unies est ce qu’elle est, parce que les sensibilités des 192 membres sont ce qu’elles sont. Nous essayons donc d’être pragmatiques, nous n’essayons pas de bouleverser la maison mais de faire en sorte d’avoir une gestion plus professionnelle, plus militaire des opérations de maintien de la paix. D’ailleurs, les moyens du bureau des affaires militaires ont été doublés. C’est déjà un pas. Ensuite, il y a aussi la question des transitions. Les Nations unies ne sont pas si mauvaises que ça pour envoyer des contingents. Ensuite ces contingents doivent se retirer mais on ne peut pas partir du jour au lendemain et, souvent, se pose la question de la construction des structures de l’Etat, de la mise en place d’une armée, d’une police, d’une justice qui soient capables d’assurer l’ordre après le départ des forces des Nations unies. Et cela, les Nations unies sont moins armées pour le faire parce que cette transition n’est pas faite seulement par les Nations unies. Il y a d’abord toutes les agences et fonds des Nations unies qui sont parfois difficiles à gérer ou à coordonner et s’y ajoutent d’autres intervenants comme les banques régionales de développement, la Banque mondiale, l’Union européenne. C’est donc tout un ensemble d’intervenants qu’il faut faire travailler ensemble et ce n’est pas facile.

L’un des principaux enseignements de ce débat, en nous référant aux expériences de nos représentants spéciaux et notamment de M. von der Schulenburg en Sierra Leone, qui a fait un très bon travail et qui a donné un bon exemple de transition, est que dès que l’on lance une opération de maintien de la paix il faut déjà penser à la transition. Dans la dimension maintien de la paix, il faut préparer la reconstruction de l’Etat et avoir déjà l’accompagnement du retrait à l’esprit.

Parallèlement, à l’Assemblée générale, nous sommes en train de réviser la commission de consolidation de la paix qui travaille également dans le même esprit, mettre en place des sous-commissions qui permettent de rassembler les intervenants pour coordonner leurs interventions sur le terrain.

Ce débat était un modeste pas pour améliorer ce que font les Nations Unies sur le terrain. Evidemment il y a des choses à améliorer et je crois que nous sommes sur la bonne voie.

Q : Une autre des dimensions du Conseil de sécurité est de suivre l’actualité, en particulier celle d’Haïti avec le tremblement de terre du 12 janvier. Vous avez été informé directement par la présence du Secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires mais également par M. Le Roy le Secrétaire général adjoint aux Opérations de maintien de la paix : qu’est ce que ce genre d’informations directes apporte au Conseil de sécurité ?

La catastrophe qu’a connue Haïti est sans précédent. Les Nations unies à Haïti ont été décapitées. Il a fallu faire face dans ces conditions à un désastre épouvantable : la destruction d’une ville entière, presque d’un pays entier, déjà extrêmement pauvre, avec des infrastructures extrêmement faibles. C’était donc une opération très lourde et difficile. J’en parlais avec Bernard Kouchner, notre ministre des Affaires étrangères, qui a quarante ans d’expérience de l’action humanitaire : les gens ne se rendent pas compte de la difficulté sur le terrain et comme il me le disait, cela ne marche jamais parfaitement. Il suffit d’imaginer ce que cela signifie : il faut rassembler, acheminer et distribuer de la nourriture. Cela peut sembler simple mais c’est en réalité extrêmement compliqué : comment repérer les gens qui en ont prioritairement besoin ? Comment le faire sans provoquer des émeutes ? En quel endroit ? Comment conserver la nourriture ?

Ce sont des opérations très lourdes et il n’y avait plus à Haïti de structures étatiques, de structures de sécurité pour le faire. C’était donc un vrai défi. On peut toujours critiquer, rien n’est jamais parfait dans un tel chaos, mais je crois que les Nations unies ont essayé de réagir et on a quand même fait du bon travail. Il était important qu’elles viennent nous expliquer ce qu’elles faisaient pour que les nations comprennent les besoins d’Haïti. Il y a eu un déferlement de charité et d’aide, mais encore faut-il que cette aide soit la bonne : en ce moment, par exemple, un des problèmes centraux, le défi auxquels font face les Nations unies aujourd’hui, est de loger un million de personnes sans abri. Le climat le permettait jusqu’ici mais la saison des pluies torrentielles arrive et la question de l’hébergement se pose donc. Par saison de cyclones, les tentes peuvent être dangereuses et il faut trouver de l’espace… Tout cela est très complexe.

Le 31 mars il y aura ici, à New York, une conférence pour la reconstruction d’Haïti. Les Nations unies vont naturellement jouer un rôle central dans cette reconstruction, un rôle de coordination. C’est le travail le plus ingrat car tout le monde la requiert mais chacun, pays, agence ou organisation, veut dans le même temps travailler dans son coin et n’accepte pas toujours facilement les décisions du coordinateur.

Q : En début d’entretien vous parliez de la routine du Conseil de sécurité, il y a des sujets récurrents, revus périodiquement par le Conseil : il y a le Moyen-Orient mais aussi le Timor-Leste et d’autres questions. Est-ce que tous ces dossiers ont la même importance ou est est-ce qu’il faut hiérarchiser ?

Il ne faut surtout pas hiérarchiser ! Ils ont tous de l’importance. Timor-Leste par exemple : après l’erreur du retrait accéléré en 2006 il a fallu revenir et il faut que l’action de la communauté internationale soit couronnée de succès. Nous sommes dans une voie de désengagement des Nations unies mais il faut que la transition permette aux autorités de ce pays d’assurer la sécurité lorsque les forces de l’ONU seront parties. C’est un test, d’une certaine manière, sur la réussite d’une opération.

On pense qu’il y a de la routine mais il y a toujours des éléments nouveaux. Cette affaire sera traitée par nos amis gabonais qui assurent la présidence du Conseil de sécurité au mois de mars, mais nous avons déjà ouvert le débat sur la MINURCAT, la force des Nations unies au Tchad. Les autorités tchadiennes nous ont fait savoir qu’elles voulaient que cette force se retire à partir du 15 mars alors qu’elle aurait du rester une année de plus. Cela nécessite des discussions avec le gouvernement tchadien, qui est un gouvernement souverain, pour obtenir, si retrait il y a, qu’il se fasse dans les meilleures conditions aussi bien pour le Tchad que pour les Nations unies et surtout pour les personnes déplacées et les réfugiés dont la MINURCAT assure la sécurité. C’était aussi un des sujets de discussion, nous en avons parlé en consultations : avec un mandat du Conseil de sécurité, Alain Le Roy, le Secrétaire général adjoint aux Opérations de maintien de la paix, s’est rendu à N’Djamena. Il s’y trouve aujourd’hui même pour en discuter avec le Président Déby.

Q. Dans les autres questions, on peut traiter de celles qui n’ont pas été traitées justement. Quid de la résolution 1888 ? Il y avait un débat annoncé sur le rôle des femmes dans les conflits armés. Pourquoi ce sujet n’a-t-il pu être abordé ?


Pour des raisons techniques. Nous attendons pour le faire un rapport du Secrétaire général. C’est ce rapport qui doit ensuite permettre d’avoir une discussion au Conseil de sécurité sur la façon de mettre en œuvre la résolution 1888 sur les femmes. Ce rapport n’a pas encore été transmis. Je pense qu’il le sera au mois de mars.

Je voudrais aussi attirer l’attention sur un autre débat que nous avons organisé, qui est sur les menaces transversales. C’est un sujet qui est nouveau pour le Conseil de sécurité. Il concerne les trafics de drogue, d’êtres humains, les trafics d’armes, la criminalité organisée, que l’on peut considérer comme des sujets finalement de politique intérieure… certains membres du Conseil de sécurité sont très sensibles sur la question d’ingérence dans les affaires de politique intérieure. Mais en réalité ces menaces atteignent une telle importance qu’elles compromettent l’existence même, la stabilité d’un certain nombre d’Etats. Et nous pensons à l’Afrique occidentale vers laquelle les trafics de drogue on t été détournés, se heurtant aux efforts des Européens pour les intercepter. Un certain nombre de pays se trouvent vraiment menacés de l’intérieur par la corruption et la violence qu’entraînent ces trafics de drogue. Mais il y a d’autres exemples, et nous avons fait venir M. Costa, le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, pour nous expliquer la situation sur un plan technique. C’est un processus pédagogique. Le Conseil doit comprendre que le monde change, que les menaces à la paix et à la sécurité internationales, qu’il est supposé traiter, changent également de forme et que son action peut également évoluer. C’est un peu lent parce que certains y voient la menace de l’ingérence dans les affaires intérieures, mais nous avons réussi non seulement à tenir ce débat, mais à produire un texte politique, une déclaration présidentielle qui reconnaît la pertinence de la saisine du Conseil sur ces questions.

Q. Il y aurait d’autres questions qui ont été abordées en consultations, mais qui sont des questions permanentes, je pense à l’Iran, à la Corée du Nord, pays qu’a visité Lynn Pascoe, Secrétaire général adjoint aux Affaires politiques. De façon plus générale, en tant que diplomate chevronné, en tant que représentant de la France ici, est-ce que ça n’a pas été dur à la fois de transmettre le discours du Conseil de sécurité, et en même temps de garder séparée la position de votre pays ?


80% des sujets du Conseil de sécurité, et cette rencontre le prouve, sont des sujets africains. Il y a évidemment des nuances, des sensibilités différentes, mais il y a une unité remarquable du Conseil sur la nécessité de traiter de ces crises. Il n’y a pas eu vraiment de problème. Je ne suis ici que depuis six mois. Je suis frappé par l’unité du Conseil plutôt que par ses divisions. Il peut y en avoir, par exemple sur la Birmanie, mais ces divisions ne sont apparues, par le hasard du calendrier, sous présidence française.


Q. Et quid de la méthodologie, vous l’avez qualifiée parfois de déconcertante.

Ce qui est un peu décevant, et j’ai une expérience de la diplomatie multilatérale, c’est de voir le formalisme des travaux du Conseil. En public on peut le comprendre, mais en consultations le travail est quand même assez formaliste. Donc j’ai essayé modestement de le rendre un peu plus interactif, sinon ça n’a pas beaucoup de sens d’avoir des consultations confidentielles si c’est pour ne pas avoir un vrai débat d’idées. J’ai essayé de faire un peu progresser les débats, mais nous sommes encore loin d’avoir une vraie interactivité telle que je l’appelle de mes vœux.


Q. Vous allez reprendre vos fonctions comme membre non-président du Conseil. Comment évaluez-vous ce mois passé ? Comment allez-vous appréhender le mois qui vient ?

Faire fonctionner cette machine qu’est le Conseil de sécurité au mieux des intérêts de la paix et de la sécurité internationales, et le faire en partant du principe que les quinze membres partagent les mêmes objectifs même s’ils ont des sensibilités différentes, donc le faire de manière amicale et ouverte avec mes collègues. Je suis frappé, de nouveau, en tant que nouvel ambassadeur par l’excellente atmosphère qui règne au Conseil de sécurité en ce moment. Cela étant, s’il y avait une crise majeure, nous rentrerions chacun dans nos tranchées, mais pour le moment, ce n’est pas le cas et c’est très bien.



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