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5 octobre 2013 - Visite du Conseil de sécurité en Afrique - Entretien de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies, avec la radio Okapi

Q : Monsieur l’Ambassadeur, bonjour. Les membres du Conseil de sécurité sont en visite dans la région des Grands Lacs, une région déchirée par des conflits armés et en proie à l’insécurité. Quel message clair et net y apportez-vous ?

Cela fait 15 ans que le Conseil de sécurité est impliqué au côté des Congolais pour les accompagner pour sortir de cette crise dans laquelle est plongée le pays, pour stabiliser la République démocratique du Congo. Le Conseil de sécurité est impliqué plus largement aux côtés des pays de la région des Grands Lacs pour régler les préoccupations qui s’expriment et les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Le Conseil de sécurité est auprès de tous les habitants de la région, de tous les Congolais qui souffrent, de manière à assurer une meilleure protection contre les exactions commises par les groupes armés.

C’est donc une présence qui remonte déjà à la fin des années 90 et qui se poursuit. C’est année le Conseil de sécurité est venu à Kinshasa – puis nous irons à Kigali et en Ouganda – parce que cette année il s’est passé des choses importantes. Les pays de la région ont adopté, à Addis-Abeba, en février dernier, un accord-cadre qui prévoit une solution politique de sortie de crise avec un ensemble d’engagements pris par les signataires. Nous sommes venus voir, avec l’ensemble de ces signataires, où ils en sont de la mise en œuvre des engagements qu’ils ont eux-mêmes pris. Nous allons voir avec eux comment, le cas échéant, nous pouvons les aider pour que ces engagements soient mis en œuvre de la meilleure manière. Donc vous voyez, nous sommes aux côtés des Etats de la région pour les aider à mettre en œuvre les engagements qu’ils ont pris de manière à sortir la région de la crise. C’est un aspect très important qui justifiait la visite du Conseil de sécurité dans la région.

Il y a un deuxième aspect, capital, qui est la protection de la population. Cela se rapporte au deuxième événement important de cette année : l’adoption de la résolution 2098. Cette résolution a donné à la MONUSCO la capacité de mettre en œuvre de façon robuste le mandat de protection des civils, mandat exigeant que le Conseil de sécurité lui a donné. 6 mois après la création de ce que l’on appelle la Brigade d’intervention, nous sommes venus voir comment ça se passe, quel est le premier bilan que nous pouvons tirer de cette brigade, comment, le cas échéant, nous pouvons nous aussi aider à faire qu’elle mette en œuvre de la manière la plus efficace son mandat. Le sentiment est positif, nous avons l’impression que le travail effectué par la brigade aux côtés des forces armées congolaises a été efficace car il a permis de mettre fin aux attaques de groupes armés au mois d’août, contre la ville de Goma, contre la population civile, à un prix fort : beaucoup de soldats congolais sont morts dans cette tâche, deux casques bleus ont également étaient tués. Nous pensons à chacun d’entre eux et adressons nos condoléances. Mais le travail réalisé, me semble-t-il, a été une belle réussite.

Nous souhaitons voir maintenant comment nous pouvons aller au-delà pour une mise en œuvre de la meilleure manière.

Donc voilà les deux points sur lesquels cette mission du Conseil de sécurité va travailler dans les jours qui viennent.

Q : Les fauteurs de troubles dans la région sont connus : le M23 soutenu par le Rwanda. Tout le monde le sait, les Nations unies le savent aussi. Mais visiblement les Nations unies ne se limitent qu’à les dénoncer et les condamner. Pourquoi n’utilisent-elles pas des sanctions exemplaires contre le Rwanda qui soutient le M23 ?

On ne peut pas dire que les Nations unies se contentent de dénoncer. Les Nations unies ont mis sous sanctions le M23. Et vous avez vu vous-même ce qui s’est passé au mois d’août. La Brigade d’intervention, aux côtés des forces armées congolaises, a neutralisé les activités du M23 qui bombardaient les populations civiles à Goma, tiraient sur les camps de réfugiés. Grâce à cet effort collectif, la Brigade d’intervention, aux côtés des forces armées congolaises, a repoussé ce groupe armé qui a été mis hors de portée des populations civiles à Goma. C’est un début mais c’est important. Vous savez, cette Brigade d’intervention a été créée de manière à permettre de laisser le temps aux autorités congolaises de créer leurs forces de réaction rapide. C’est aux forces congolaises elles-mêmes d’assurer la protection des civils. C’est leur mandat premier. Le temps que cette force d’intervention rapide soit mise en place, la Brigade d’intervention a été créée pour assister les forces congolaises et je pense que ce qui s’est passé au mois d’août est une belle illustration de cette volonté d’aider les forces congolaises à répondre, neutraliser ce problème des groupes armés.

Q : La recherche de la paix dans la région des Grands Lacs doit avoir une approche globale estiment beaucoup d’analystes. Cette approche globale, proposée par le Président tanzanien, voudrait que le Rwanda et l’Ouganda prennent aussi le dialogue avec les rebellions respectives. Pourquoi les Nations unies ne soutiennent-elles pas cette approche globale, car pour la RDC on a exigé le dialogue avec le M23 ?

Un cadre a été fixé, c’est celui de l’accord d’Addis-Abeba. Ce cadre prévoit à la fois une sortie de crise pour la République démocratique du Congo, qui repose sur des engagements pris par les autorités congolaises. Il prévoit également une sortie de crise pour l’ensemble de la région en reposant sur des engagements pris par les chefs d’Etat de la région. Mettons en œuvre ce cadre. C’est ainsi que l’on pourra sortir de la crise. Il faut que les Etats de la région mettent en œuvre ce cadre de bonne foi. C’est comme ça que l’on avancera dans le règlement de cette crise. Nous, Conseil de sécurité, nous Nations unies, sommes aux côtés de l’ensemble des signataires de l’accord-cadre d’Addis-Abeba pour les aider à mettre en œuvre leurs engagements. Ce n’est pas nous, Nations unies, communauté internationale, qui allons faire ce que les Etats de la région doivent faire. C’est aux Etats de la région de le faire et nous sommes à leurs côtés pour les aider à mettre en œuvre les engagements qu’ils ont pris.

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