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8 octobre 2010 - Mission du Conseil de sécurité en Ouganda et au Soudan - Entretien de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies, avec la radio des Nations unies

Q : Bonjour, vous êtes le représentant de la France auprès de cette délégation au sein du Conseil de sécurité, une mission de visite en Afrique, notamment sur le dossier soudanais. Vous avez effectué plusieurs visites : Kampala, Juba, El Fascher, vous êtes maintenant à Khartoum. Aujourd’hui quel est le premier bilan que vous pouvez faire des différents contacts que vous avez eus sur le terrain ?

Cette visite s’inscrit dans la continuité de la réunion de haut niveau qui avait eu lieu le 24 septembre à New York, à l’initiative du Secrétaire général, et qui a marqué toute l’importance que les Nations unies, la communauté des Nations, accordent au Soudan et aux deux problèmes principaux qu’il connaît aujourd’hui : l’avenir du Sud-Soudan et le Darfour.

Le but de cette mission du Conseil de sécurité a été d’aller voir sur le terrain comment se passaient les choses et d’apporter notre soutien, nos encouragements à la fois aux autorités locales et aux parties concernées pour progresser vers la paix et la stabilité ainsi qu’aux acteurs des Nations unies, la MINUS , la MINUAD, mais aussi aux ONG et à tous les acteurs internationaux.

S’il est encore un peu tôt pour tirer un bilan très détaillé de la visite, je peux dire c’est que cela a été très instructif. Nous avons pu rencontrer tous les gens que nous souhaitions jusqu’à présent. Ce n’est pas terminé puisque demain nous verrons longuement les représentants du gouvernement soudanais. Mais au Sud-Soudan nous avons pu faire le point sur la préparation des référendums sur l’autodétermination du Sud Soudan qui se tiendront, nous l’espérons, le 9 janvier. La visite au Darfour nous a permis de faire le point à la fois sur la situation sécuritaire et la situation humanitaire qui restent mauvaises mais également de parler processus du politique de Doha et du soutien que nous lui apportons tous. Nous avons enfin pu constater sur le terrain l’action des Nations unies.


Q : Sur la visite à Juba, sur le Sud-Soudan, est-ce qu’aujourd’hui cette échéance du 9 janvier semble raisonnable, est-ce qu’elle pourrait être tenue ?

Nous ne sommes pas des diseurs de bonne aventure… c’est donc difficile à dire. Ce que l’on voit sur le terrain, c’est une très forte volonté des autorités locales de parvenir à ces référendums le 9 janvier et la mise en œuvre de moyens pour y parvenir. Nous avons rencontré les personnes responsables des opérations électorales qui sont conscientes des délais très courts et qui veulent tout faire pour y parvenir. L’histoire dira si ce sera le 9 janvier ou non. En tout état de cause, il y a une attente très forte des gens sur le terrain, qui se traduit par une volonté et par de l’action. Ils n’attendent pas de façon passive.

Il est important que la communauté internationale représentée par le Conseil de sécurité insiste sur l’importance que cette date soit tenue et que les trois mois qui restent soient pleinement utilisés pour préparer les référendums. Il n’y a pas que les référendums, il y a aussi tout ce qui suit derrière avec des questions assez complexes, toutes les questions sur l’après référendums quelque soit le choix qui sera fait par les Sud-Soudanais et là encore, il y a beaucoup de travail.

Q : On parle également du Darfour, avec l’étape d’El-Fascher, étape plus récente, les agences de presse font état d’un accueil mouvementé par les populations là-bas et également c’est arrivé dans un contexte où encore une fois on constate des violences, y compris contre le personnel humanitaire puisqu’encore hier un membre du personnel de l’ONU a été kidnappé. Quelle est aujourd’hui la situation au Darfour telle que vous avez pu la voir et quelles sont les perspectives ?

N’étant restés qu’une journée au Darfour, nous n’avons pas une vision très approfondie et géographiquement étendue des problèmes, mais les rapports qu’on nous en a faits, les discussions que nous avons pu avoir montrent une situation qui reste encore très mauvaise. La presse a rapporté de nouveaux problèmes ces derniers jours. Il y a eu cet enlèvement hier soir qui témoigne de la difficulté de la mission des personnels des Nations unies sur le terrain. La situation de sécurité reste très difficile, de même que la situation humanitaire avec des problèmes d’accès à la fois des Nations unies et des ONG aux populations dont notre mission est de les protéger.

En ce qui concerne les manifestations, il y a eu en effet des manifestants à l’arrivée à El-Fascher, comme il y en a eu d’ailleurs à l’arrivée à Juba, avec des motivations différentes. Cela n’a pas perturbé le cours de la mission du Conseil de sécurité.

Q : Concernant la dernière étape, la rencontre à Khartoum, capitale du Soudan, avec les autorités, on sait que la mission ne rencontrera pas le Président El-Bachir puisqu’il est inculpé, c’est la raison qui a été invoquée, par la Cour pénale internationale, en tout cas le procureur. Est-ce qu’aujourd’hui vous avez quand même des interlocuteurs représentatifs du gouvernement ou est-ce que ce ne sont entre guillemets que des seconds couteaux ?

Des entretiens avec de très hauts responsables soudanais sont prévus, en particulier avec le ministre des Affaires étrangères.


Q : De façon générale, même si c’est un peu prématuré de dresser un bilan, quelle est l’impression générale que vous tirez de cette tournée en Afrique et en particulier au Soudan et comment allez-vous témoigner à votre façon dans ce groupe du Conseil de sécurité ?

Face aux problèmes qui demeurent à la fois sur le dossier du Sud Soudan avec la préparation des référendums et les questions post-référendaires que sur le Darfour avec la situation humanitaire et de sécurité, il faut que la communauté internationale reste vraiment très impliquée dans les mois à venir ; c’est d’ailleurs pour cela que le Conseil de sécurité y est allé. C’est aussi pour cela que nous estimons qu’à la fois la MINUS au Sud Soudan et la MINUAD au Darfour jouent un rôle extrêmement important aussi bien pour faire face aux échéances de court terme, le référendum le 9 janvier au Sud Soudan et au Darfour face à la situation sécuritaire, mais aussi sur une plus longue durée car les enjeux pour la stabilité de ces deux régions sont énormes.

En un un mot le plein engagement de la communauté internationale dans les mois à venir sur ces deux dossiers est nécessaire.



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