Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

30 mars 2011 - Côte d’Ivoire - Remarques à la presse de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

(En anglais et en français )

We have just adopted unanimously resolution 1975. I want to insist first on the unanimity and second point that it was negotiated very quickly since it was tabled on Friday and was adopted today.

This sense of urgency is obvious since the confrontation is extending in Côte d’Ivoire and the situation is worsening by the hour.

In a sense, this resolution is maybe the last message that we wanted to send to Gbagbo which is very simple : Gbagbo must go.

It is the only way to avoid a full fledged civil war and maybe bloody violence in the streets of Abidjan.

This resolution is saying :

— first Gbagbo must go.

— It also says that UNOCI will implement its mandate in the most robust way and, in particular, as President Sarkozy has requested, to prevent the use of heavy weapons in Abidjan, because you know that the Gbagbo people have used heavy mortars in Abidjan against civilian population.

— The resolution imposes targeted sanctions against Gbagbo and the first circle. I think that, maybe more than the sanctions themselves, it is a political signal which is sent to this small group. There will be accountability. It is not only on a political crisis, there will be judicial follow up if they don’t give up.

— It recalls in this respect that the atrocities which are committed may constitute a crime against humanity and that the International Criminal Court may have to deal with this crime.

— I think also, as I told you in different circumstances, there is a new reference to the Responsibility to Protect, which is a concept which is dear to the French.

To summarize, the situation on the ground is very fluid. Yamoussoukro has fallen. Maybe in the coming hours or the coming days, the confrontation will move to Abidjan. So we do hope that our message will be heard by the Gbagbo people, they will accept the decision of the African union, the decision of the ECOWAS and the Security Council and they will open the negotiation which will allow first of course President Ouattara to be the full President of Côte d’Ivoire and also the creation of a national unity government.

Thank you.



En français.

Nous venons d’adopter la résolution 1975, c’est une résolution qui a été adoptée à l’unanimité et c’est une résolution qui a été votée très rapidement puisqu’elle a été mise sur la table du Conseil vendredi et qu’elle a été votée aujourd’hui.

L’unanimité, l’urgence, tout simplement parce que la situation sur le terrain l’exige.

Comme vous le savez, les affrontements s’étendent et le risque est que demain la guerre se déroule dans les rues mêmes d’Abidjan avec tout ce que l’on peut craindre en termes de pertes civiles.

Donc le Conseil voulait lancer un dernier message politique pour demander à M. Gbagbo de partir, de laisser le pouvoir à M. Ouattara, mais également pour permettre la création du gouvernement d’Union nationale, c’est-à-dire un gouvernement qui inclurait aussi des partisans de M. Gbagbo comme l’Union africaine l’a demandé.

Dans cette résolution, vous trouverez également une référence à la Cour pénale internationale et au fait que les atrocités qui sont commises peuvent constituer un crime contre l’humanité.

Enfin, la résolution comporte une liste de cinq personnes soumises à sanctions. Ce sont Laurent Gbagbo et ses conseillers les plus proches. C’est un message politique. Nous disons à Laurent Gbagbo que, au-delà de la crise politique, il y aura un après et que la justice internationale n’oubliera pas ce qui a été fait et ce qui est fait dans les rues d’Abidjan.

Aujourd’hui, d’après le représentant de Côte d’Ivoire, nous en sommes à 860 morts. C’est 860 de trop. Nous aimerions que ces atrocités s’arrêtent et nous aimerions que la Côte d’Ivoire redevienne le pays prospère, démocratique, qu’elle a été.

Merci.

Q. Quelles sont les sanctions que vous allez prendre contre Laurent Gbagbo et son entourage et par quel moyen les forces de l’ONU vont empêcher l’utilisation des armes lourdes ? Est-ce que cette interdiction s’applique aussi aux forces de M. Ouattara ?

La première question, ce sont des sanctions financières et des sanctions d’interdiction de voyage. Donc ils ne peuvent plus quitter la Côte d’Ivoire sauf dans des cas très spécifiques d’exemptions si, par exemple, ils veulent se rendre à Addis Abeba pour négocier la fin de la crise, ils pourront. Mais sinon ils ne peuvent plus et leurs biens sont saisis en dehors de la Côte d’Ivoire.

En ce qui concerne les armes lourdes, l’ONUCI a déjà commencé. L’ONUCI a déjà tiré sur un groupe qui utilisait un mortier contre des populations civiles. L’ONUCI peut déjà empêcher l’utilisation de toutes sortes d’armes. Nous ne changeons pas vraiment le mandat de l’ONUCI. Nous lui demandons simplement d’apporter une attention particulière à cette utilisation des armes lourdes dans l’exercice de son mandat.

Q. Est-ce que cela s’applique aussi à M. Ouattara ?

L’utilisation de toutes les armes lourdes à Abidjan évidemment, y compris celles de M. Ouattara. Mais pour le moment ce n’est pas la question.

Q. What seems to be a criticism from India and Brazil, that ONUCI should be impartial. There are reports by the UN about firing at the UN helicopters by the forces of Ouattara and his invisible commandos. Are you calling for any restraint on that side ?

Of course. We are calling to stop all violence against the ONUCI, all violence against the civilian population. I think the Indian and the Brazilian concerns are pretty legitimate. You have a civil war, you have violence growing, you have the prospect of maybe fighting in Abidjan. The Indians, especially because they are a major troop contributor, and Brazilians simply don’t want the ONUCI to become part of this fighting, part of the civil war. And again, about violence against civilians, we are addressing the same message to both sides.

Q. Do you think the Ouattara forces should stop their advances or you’re sort of cheering them on ?

I think President Ouattara is the president of Côte d’Ivoire and the legitimate forces of the legitimate president are under his authority.

Thank you.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU