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10 avril 2013 - Conférence de presse - Présentation du rapport sur la situation de la peine de mort en 2012 par Amnesty International - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies


Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,

La peine de mort n’est pas la justice, c’est une manifestation de son échec. La peine de mort n’est pas un simple instrument de politique pénale, c’est une violation des droits de l’Homme. Irréparable et irréversible, elle a fait la preuve de son inefficacité pour lutter contre la criminalité.

C’est pour cette raison que, depuis plus de 30 ans, la France est engagée dans le combat pour son abolition universelle.

Année après année, on ne le note pas assez, ce combat progresse : plus de 140 Etats ont aujourd’hui aboli, en droit ou en fait, ce châtiment. Une majorité toujours croissante d’Etats soutient l’appel de l’Assemblée générale à établir un moratoire universel sur les exécutions. 111 Etats de toutes les régions du monde en voté en faveur de ce texte en décembre 2012. La prise de conscience mondiale en faveur de l’abolition progresse. Nous devons poursuivre ce combat.

Pourtant, et le rapport publié aujourd’hui par Amnesty nous le montre, le combat est loin d’être gagné : récemment, plusieurs pays ont repris les exécutions, alors qu’ils avaient interrompu cette pratique depuis un certain temps. D’autres continuent à exécuter, parfois en secret. Nous devons donc redoubler d’efforts.

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a décidé de prolonger ce combat en mobilisant la diplomatie française partout dans le monde pour une campagne en faveur de l’abolition de la peine de mort

C’est pourquoi nous sommes aujourd’hui présents, aux côté de mes collègues du Bénin et du Costa Rica, pour soutenir le travail accompli par Amnesty International. Ce travail est indispensable. Il nous permet de mesurer chaque année les progrès accomplis mais également les défis qui nous attendent dans la marche vers l’abolition universelle. Nous continuerons à lutter contre la peine de mort tant qu’elle n’aura pas été abolie, car l’idée que l’on puisse tuer au nom de la justice va à l’encontre de nos valeurs et des valeurs de l’humanité elle-même.

Le travail accompli par les ONG, notamment Amnesty, est l’un des symboles de ce combat. C’est une action décidée et déterminée des ONG, des autorités politiques et de la société civile qui nous permettra d’atteindre notre objectif.

En 1981, l’opinion publique française était en majorité contre l’abolition de la peine de mort. La décision été prise néanmoins par les dirigeants politiques française de l’époque. Trente après, l’abolition de la peine de mort fait partie de l’identité nationale française. Elle est d’ailleurs inscrite dans notre Constitution.

La bataille pour l’abolition ne pourra pas être gagnée seul. C’est ensemble que les acteurs engagés que nous y parviendront.

Je vous remercie.

***


Q : Y a-t-il une échéance dans la campagne diplomatique pour l’abolition de la peine de mort ?

R - L’an dernier à l’Assemblée générale nous avions choisi comme angle d’attaque les pays qui ont effectué un moratoire et non une abolition de la peine de mort afin de consolider une sorte de consensus au moins sur un non recours à la peine de mort.

Pour la prochaine Assemblée générale nous n’avons pas encore décidé de la thématique mais la France, notamment M. Laurent Fabius, veut continuer à porter cet effort. Donc nous déciderons d’une thématique.

Nous avons deux grands sujets dans le domaine des droits de l’Homme : l’abolition de la peine de mort et la dépénalisation de l’homosexualité. Ce sont donc les deux sujets sur lesquels nous voulons progresser. Ce sont deux sujets qui sont, de manière différente, extrêmement difficiles et extrêmement délicats.

En savoir plus sur la campagne pour l’abolition de la peine de mort.



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