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18 août 2011 - Syrie - Déclaration à la presse de M. Martin Briens, Chargé d’affaires a.i de la France auprès des Nations unies



Les membres du Conseil de sécurité viennent d’entendre les rapports de Mme Navi Pillay, Haut Commissaire aux droits de l’Homme, de Mme Valérie Amos, secrétaire générale adjointe aux Affaires humanitaires et de M. Lynn Pascoe, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques.


Le tableau qui nous a été dressé par ces trois personnalités indépendantes, crédibles, impartiales, est effroyable. La situation en Syrie ne cesse de se dégrader en dépit des demandes répétées de la communauté internationale, du Conseil de sécurité mais aussi des pays de la région. Depuis la mise en œuvre d’une répression féroce contre des manifestants pacifiques qui a causé des milliers de morts et de disparitions, les violations des droits de l’Homme ont un caractère systématique, les manifestants pacifiques sont délibérément pris pour cible : comme l’a souligné Mme Pillay, les forces du régime tirent pour tuer, à l’écart du regard des travailleurs humanitaires, des journalistes et de l’ONU, dont la présence a été interdite dans le pays. Ainsi que l’a recommandé Mme Pillay, les responsables de ces crimes devront en rendre compte devant la justice.


Le déchaînement de violence des autorités syriennes contre leur propre peuple n’est pas seulement une violation de leurs obligations internationales et une tragédie humanitaire. C’est aussi un élément de déstabilisation de la région et par conséquent de la paix et de la sécurité internationale.


Et les promesses entendues récemment de cessation des opérations militaires ne se traduisent pas dans les faits. Nous avons entendu des mots mais dans les faits les atteintes aux droits de l’homme se poursuivent encore aujourd’hui. Les réformes promises qui n’ont jamais été engagées sont un écran de fumée derrière lequel Bashar Al Assad et ses fidèles se sont abrités pour duper la communauté internationale et réprimer les légitimes aspirations du peuple syrien.


C’est pour cela que ce matin, le Président de la République Nicolas Sarkozy, le Premier ministre David Cameron, la Chancelière Angela Merkel ont clairement indiqué que le Président Assad portait la responsabilité de cette situation, avait perdu toute légitimité et ainsi qu’il ne pouvait plus prétendre à diriger le pays. Dans l’intérêt supérieur de la Syrie et de l’unité de son peuple, ils l’ont appelé à tirer les conséquences du rejet total de son régime par le peuple syrien et à quitter le pouvoir. Ils ont également rappelé et nous l’avons, nous aussi rappelé aujourd’hui au Conseil : les violences doivent cesser immédiatement, les prisonniers de conscience doivent être libérés et une transition pacifique et démocratique doit être mise en œuvre. Il est aussi extrêmement important que les Nations unies puissent conduire une mission d’évaluation de la situation sans entrave.


Les autorités syriennes se sont montrées sourdes aux appels de plus en plus pressants de la communauté internationale. Leur attitude et dégradation de la situation en Syrie justifie que ce Conseil prenne acte de cette obstination et assume pleinement ses responsabilités en adoptant sans délai une résolution de sanctions. C’est ce à quoi nous allons travailler dans les jours à venir.



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