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31 août 2012 - Fin de présidence de la France au Conseil de sécurité - Remarques à la presse de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Nous venons d’adopter une déclaration présidentielle. Les négociations ont été beaucoup trop longues : trois semaines. Mais de façon paradoxale, la déclaration présidentielle ne dépend pas de la présidence, elle ne dépend pas de nous. Nous avons donc à présent ce texte fort qui résulte d’un compromis. Je pense que le Conseil aurait dû adopter un texte plus court exprimant simplement notre soutien à M. Mbeki. Ce n’était pas possible, mais nous avons fini par avoir un texte.

Concernant la Présidence française du Conseil de sécurité, quand je vous avais rencontré au début du mois, je vous avais dit que le calendrier ne dépendait de nous, car le Conseil de sécurité a son calendrier, mais que nous pourrions avoir des événements inattendus.

Premier point, j’ai dit que nous pourrions avoir quelque chose sur le Mali, mais la Cedeao et le Mali ne sont pas venus vers nous. Intervenir ou valider une intervention militaire dépend de l’organisation sous-régionale et d’autres pays. Nos amis maliens et de la Cedeao ne sont pas venus vers nous. Nous n’avons donc pas à agir dans le cadre de la résolution 2056. Peut-être qu’ils viendront le mois prochain, je ne sais pas. Mais c’est à l’organisation de réagir en premier.

Le deuxième point, qui était quelque chose d’inattendu, sont les incidents en Côte d’Ivoire qui sont inquiétants pour la situation sécuritaire. Nous attendons les rapports de ce qui s’est passé et de ce que nous allons faire. Il est évident qu’il y aura des conséquences sur la posture militaire des Nations unies. Mais nous devons attendre d’abord l’analyse de nos spécialistes militaires pour voir ce que nous allons faire.

Troisièmement, la Syrie : comme je l’ai déclaré à maintes reprises le Conseil est profondément divisé. Nous n’avons pas eu trois vetos sur le même sujet depuis la guerre froide. Donc, en termes politiques, il est presque impossible d’aller de l’avant. Hier, nous avons essayé de tenir au moins une réunion sur les questions humanitaires. Mais je peux vous dire que, même sur les questions humanitaires, il était impossible d’obtenir un résultat. Il était impossible de trouver un terrain d’entente. Mais nous espérons que, même avec la forte limitation du Conseil, nous avons mobilisé la communauté internationale sur la situation humanitaire en Syrie.

Je laisse maintenant les commandes à nos amis allemands et qui auront à organiser le débat de haut niveau de l’Assemblée générale.

Nous vous remercions d’avoir suivi la présidence française.

Questions

Q : Monsieur l’Ambassadeur, je sais qu’il y a une réunion de l’Assemblée générale sur la Syrie mardi, et que le ministre britannique des Affaires étrangères a fait des commentaires concernant la possibilité de soulever à nouveau la question dans les prochaines semaines. Y a-t-il des attentes de résultats qui pourraient faire avancer les choses pour mettre fin à la violence et engager un processus politique ?

Il y aura une réunion. M. Brahimi ayant été nommé par l’Assemblée générale, il est donc normal qu’il aille à l’Assemblée générale. Sur la question de savoir si quelque chose est possible, on a l’impression que les deux parties sont pour le moment déterminées à se battre jusqu’à la fin. Un processus politique n’est possible que lorsque l’une ou les deux parties décident qu’il est nécessaire de trouver un processus politique. Pour le moment, pour être franc, il n’y a pas de signal de cela. Et nous ne pouvons pas l’imposer aux deux parties.

Les choses peuvent changer du jour au lendemain. Si le régime conclut qu’il n’est pas possible de vaincre l’opposition, il peut accepter l’idée d’une transition politique.

Q : A propos de la déclaration du Soudan : il semble qu’au début elle demandait au gouvernement du Soudan d’accepter pleinement et sans réserve cette carte frontalière, et maintenant elle incite fortement à l’accepter. Est-ce la raison pour laquelle il a fallu si longtemps ?

Il n’y a pas que ça. Cela a été l’un des éléments. Mais ce fut une bataille très longue, sur un grand nombre de points. Vous mettez l’accent sur l’un d’eux, mais il y avait beaucoup de questions différentes. Fondamentalement, il y avait un combat classique entre les pays qui sont plus proches du Soudan et ceux pays qui sont plus proches du Soudan du Sud. C’était inutile. Le moment était venu de soutenir ce que le président Mbeki nous a dit. Il y a eu un long débat entre les deux parties du Conseil. A la fin, nous avons trouvé ce compromis.

Q : Où en est-on de l’idée d’un Envoyé pour le Sahel ?

L’idée est que le Secrétaire général présentera en septembre au Conseil son rapport sur la stratégie. Nous souhaitons une stratégie globale sur le Sahel. La France a demandé au Secrétariat d’avoir une stratégie intégrée sur le Sahel, cette stratégie devrait être présentée. Nous nous attendons à ce que la nomination d’un Envoyé spécial au Sahel fasse partie de la stratégie. Je pense que le vrai moment sera à la réunion de haut niveau sur le Sahel, qui sera présidé par le Secrétaire général en marge du segment de haut niveau de l’Assemblée générale, et qui devrait avoir lieu le 26 septembre.

Q : Même si cette déclaration présidentielle arrive très tardivement, y a-t-il un message pour les deux pays ?

Le message aurait du être que le président Mbeki avait obtenue une vraie avancée : l’impression que les deux côtés, avec toutes leurs réticences, venant d’une longue histoire de lutte, avait décidé de choisir la voie diplomatique. Mais le problème est qu’il y a beaucoup de problèmes techniques, alors on pourrait dire de l’avancée que le verre est à moitié plein ou à moitié vide. Une partie disait à moitié plein, l’autre disait à moitié vide, et elles se battaient sur chaque virgule, chaque mot, ce qui est aussi le reflet de la tension au sein du Conseil. Après ce qui s’est passé sur la Syrie, ce Conseil est un conseil polarisé. C’est également un élément d’importance et j’espère que nous allons surmonter cette division.



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