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6 novembre 2013 - RDC - Remarques à la presse de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

(En français et en anglais)

M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, briefe la presse à l’issue des consultations du Conseil de sécurité sur la République démocratique du Congo
New York - 6 novembre 2013 - UN Photo/Amanda Voisard


Nous venons d’entendre le chef de la mission de l’ONU au Congo, M. Kobler, et l’Envoyée spéciale du Secrétaire général, Mme Robinson, qui nous ont présenté un point sur la situation en République démocratique du Congo.

Des nouvelles encourageantes nous reviennent du Congo.

Sur le terrain, la situation est désormais claire. Après avoir battu le M23, l’armée congolaise a rétabli l’ordre dans l’ensemble des Kivus et nous pouvons espérer que les populations civiles souffriront moins.

C’est un succès pour l’armée congolaise ; c’est aussi un succès pour les Nations unies et la MONUSCO qui agit sur la base de la résolution 2098 adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité à la demande des autorités françaises.

Le résultat est là. La force a pleinement joué son rôle pour la protection des civils.

Nous avons tous rendu hommage à l’action déterminée du chef de la MONUSCO, au commandant militaire de la Force, et à tous les casques bleus.

Mais ce succès n’est qu’un début pour cette région d’Afrique qui connait la guerre depuis 20 ans. D’abord, les combattants du M23 doivent être désarmés. La MONUSCO jouera un rôle actif pour le faire. Deuxièmement, il faut que l’administration congolaise revienne très vite dans les zones reprises au M23 et restaure l’autorité de l’Etat en fournissant des services de base aux populations.

Il faut également désarmer les autres groupes armés, notamment les FDLR, les ADF-Nalou, les groupes Maï-Maï.

Enfin, les Etats de la région doivent traiter des causes profondes des conflits récurrents dans cette région. Un accord politique a été signé par tous les chefs d’Etat de la région à Addis Abeba en février dernier. Cet accord doit maintenant se concrétiser. C’est le travail de Mme Robinson à laquelle nous avons renouvelé notre confiance.

***


The Security Council was just updated on the situation in the Democratic Republic of the Congo.

The news we are getting from Congo are good news.

On the ground, the M23 has been fully defeated by the Congolese army. The M23 has officially announced it would put an end to its armed rebellion. After having endured many violations of human rights, the civilians on the ground now have one threat less to worry about. This is a success for the Congolese army, but also for the UN and MONUSCO, which has acted on the basis of Resolution 2098 which had been tabled and proposed by France.

We are now witnessing the results of this policy. MONUSCO has successfully implemented its role of protection of civilians.

We are commending the determined action of SRSG Kobler, of MONUSCO’s Force commander and of the peacekeepers.

But this success is only a beginning for this region of Africa.

The M23 combatants must now be disarmed. The Congolese administration needs to get back to the areas which have just been recovered and provide the basic services to the population.

All other armed groups besides the M23 which threaten civilians in Kivu need to be neutralized. With the support of MONUSCO, the Congolese authorities need to deal with the FDRL, the ADF-Nalu and the Maï-Maï.

Finally, the States of the region must deal with the root-causes of the conflict. Leaders of the region have signed in Addis Abeba in February a Framework Agreement. This commitment needs now to materialize through concrete projects. It will be the task of Special Envoy Mary Robinson to assist these efforts.

We have renewed our trust to Mrs Robinson and we all commended the action of Martin Kobler who is a remarkable Special Representative.


***


Q : Did Mr Kobler in his briefing speak about the role of the Intervention Brigade in the last days ? Was this role decisive ? Could this lead to some new pattern or trend in UN peacekeeping ?

Last time I came to the stake out I explained that at some moments the intervention brigade had to intervene to protect the civilians. There were several instances, the last one being when the M23 started to shell the border city of Bunagana. So they intervened.

As for the lessons we are going to draw, my Russian colleague was saying it is a sort of experiment. At some moment I guess the Security Council, maybe in one of its retreats, should look at it and see if it is a new model for peacekeeping or if it is a one time example. Personally I’m not drawing any conclusion, it is too early

Q : What is necessary to make concrete the agreement you are talking about and what is the time frame ?

Neither Martin nor Mary gave a time frame. Mrs Robinson gave an impressive list of everything that has to be done, for instance the safe return of refugees – there are more refugees now after the last fighting.

There is also the enduring problem of the control of the border : how to have a mechanism, and this mechanism has to be effective.

There is also the wider problem of the economic and financial cooperation between the States of the region.

Mrs Robinson has defined each element, but you should ask her spokesperson, or DPA, about parameters or benchmarks. Now we are going to enter into this concrete implementation.

She has insisted on the fact that there was a summit between SADC and the Great Lake Conference. She said it was the first time it happened because there used to be some rifts between the two organizations. The Security Council agreed it was a very positive move that these countries are going to work together.

Q : Quels impératifs ont présidé à la métamorphose de la MONUSCO sur le terrain, qui a été véritablement décisive ces dernières semaines ? Est-ce que le Rwanda se trouve sur la sellette ?

En ce qui concerne la deuxième question, le Rwanda ne se trouve pas sur la sellette. Le Rwanda est un pays qui est voisin des combats, il est tout à fait normal qu’il exprime des préoccupations. Il y a des milliers de réfugiés sur son territoire, il y a eu des obus qui sont tombés sur son territoire donc il a exprimé des préoccupations tout à fait légitimes.

Deuxièmement, l’ambassadeur du Rwanda a rappelé que les FDLR étaient un groupe génocidaire et que donc il était du devoir des Nations unies de combattre les FDLR, non seulement parce que c’est un groupe armé mais aussi parce qu’il porte une idéologie génocidaire. Là il y a un accord de tout le monde.

Enfin, le Rwanda a une préoccupation de long terme sur la sécurité de sa frontière étant donné l’instabilité récurrente dans le Kivu. Donc le Rwanda n’est pas du tout sur la sellette mais il a ses préoccupations particulières et légitimes dont nous devons tenir compte.

En ce qui concerne la Force, c’est assez simple : nous avons adopté un nouveau mandat, le mandat de la résolution 2098 et le Conseil de sécurité a créé à l’unanimité une Brigade d’Intervention. Cela était très clair dès le vote de ce mandat que c’est un nouveau pas pour le maintien de la paix. D’une certaine manière, jusqu’à maintenant les forces de maintien de la paix ne s’engageaient pas dans des opérations militaires actives et offensives et là, la brigade d’intervention l’a fait. Il y a eu aussi les forces armées de la République démocratique du Congo qui ont été efficaces et ce sont elles qui ont porté l’essentiel des combats.

Q : Is it France’s expectation that the government of the DRC would actually sign an agreement with the M23 ? Also what do you make of Ambassador Power’s proposal of having a court, some kind of domestic or international court. She said in a statement yesterday that there should be no impunity. Would you support such a court and should it apply also to the Minova rapes units of the DRC army or only to M23 ?

As for the proposal of the court I don’t have any idea because I did not hear about it. So I cannot respond to this part of the question.

For the first part of the question, there won’t be a signing. What I understand from what Martin Kobler explained, the idea is not the signing of an agreement but there will be a sort of document. I understand that both sides don’t accept now the idea of an agreement. But there should be a sort of understanding which could be agreed between both sides. You have to ask more precisely the question to Martin Kobler, to the Spokesperson of MONUSCO because it appears there are some hesitations on the side of the DRC authorities, now that the rebellion movement has been crushed, to sign a sort of agreement between equals. But at the same time the DRC authorities have reaffirmed they will behave in good faith for reconciliation.

Q : Quel a été le rôle principal de la MONUSCO dans cette neutralisation du M23 et quelles seront les prochaines étapes de ce processus de libération de l’est de la RDC ?

Le vainqueur de ces combats est l’armée congolaise, c’est l’armée congolaise qui a fait l’essentiel. La MONUSCO n’est intervenue qu’en soutien, soutien logistique. D’un point de vue militairement actif, il n’y a eu que deux interventions de la MONUSCO. L’essentiel est une victoire de l’armée congolaise.

Pour les étapes suivantes, il y aura d’abord les étapes politique, juridique, de mise en œuvre de l’accord cadre. Il y a également l’importance de rétablir l’administration congolaise, il faut rouvrir les écoles, il faut que la population puisse vivre normalement. Et du côté de la MONUSCO et du côté de la FARDC, c’est la neutralisation des groupes armés, notamment la neutralisation des FDLR, ce qui est un point important.

Q : Was there any update on the looting of resources in Eastern Congo, by whom and where to ?

It didn’t come up. It was more a meeting about something quite dramatic that has just happened in the last days, to have information about the victory at the expense of the M23 and what were the prospect ahead of us, political prospects and security prospects as for the future expected and neutralization of the armed groups, especially the FDLR

Q : The Rwandan Ambassador said that the Security Council has to make sure that the FDLR is the next target and that this needs to be done immediately. Is this going to happen and do you expect the Council to be putting out some kind of statement in response to what happened with the M23, and when ?

As for the second part of your question, France is going to table a presidential statement. We will circulate the text in the coming hours. It will be negotiated in the coming hours, maybe the coming days.

As for the FDLR, the fighting with the M23, as a priority, was the result of the situation : the M23 was the major threat, they even took Goma. The general consensus was that now we have to handle the other armed groups, among which, in the front line, the FDLR. Not only it is an armed group, but it is a group of “genocidaires”. In this sense we also have to take care of the FDLR.

It was a request, and I think it is quite legitimate, by the Permanent Representative of Rwanda. Around the table there was of course a general agreement on the question.

Thank you.


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