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11 novembre 2010 - Assemblée générale - Réforme du Conseil de sécurité - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Rapport du Conseil de Sécurité

Réunion sur les " Représentation équitable au Conseil de sécurité, augmentation du nombre de ses membres et questions connexes "

Monsieur le Président,

Je remercie le Représentant permanent du Royaume Uni, en sa qualité de Président du Conseil de Sécurité, pour la présentation du rapport annuel du Conseil adressé à l’Assemblée Générale.

La qualité croissante des rapports annuels du Conseil de Sécurité participe de la poursuite de l’amélioration de ses méthodes de travail, dans le sens d’une transparence renforcée et d’une meilleure interaction avec les tous Etats membres de notre organisation.

La France est attentive à cet aspect de la nécessaire évolution du Conseil de sécurité, de même qu’elle est attachée aux autres questions auxquelles il faudra répondre pour qu’enfin le Conseil entre dans le 21e siècle : la question de la représentation régionale, celle des catégories de membres ou encore celle de sa taille.


I. Une réforme du Conseil de Sécurité des Nations unies doit être ambitieuse et lui permettre de renforcer encore son efficacité tout en confortant sa représentativité.

Des éléments de convergence se sont fait jour durant les travaux accomplis sous l’égide du Président des négociations intergouvernementales, M. l’Ambassadeur Tanin, lors de la 64e session de l’Assemblée générale.

Parmi ces éléments qui recueillent un soutien de plus en plus important, nous trouvons l’élargissement du Conseil dans les deux catégories de membres.

Il faut que nous travaillions sur ces convergences, afin d’engager de véritables négociations et pour éviter le rabâchage de déclarations unilatérales, les unes à la suite des autres.

Il faut bâtir sur le progrès que constitue le document dont nous disposons grâce aux efforts du facilitateur.

Il est temps maintenant de travailler à obtenir un texte sensiblement plus court, plus opérationnel, qui nous permettra de nous engager pleinement dans de vraies négociations. Nous engageons donc l’Ambassadeur Tanin de tout faire pour atteindre cet objectif avant la fin de l’année.

II. Sur le fond, la réforme du Conseil doit tenir compte de l’émergence des nouvelles puissances qui ont la volonté d’assumer la responsabilité d’une présence permanente au Conseil de Sécurité et qui sont, conformément à la Charte des Nations Unies, en mesure d’apporter une contribution importante à l’action du Conseil au maintien de la paix et de la sécurité internationales.

A ce titre, nous soutenons l’accession à un siège de membre permanent de l’Allemagne, du Brésil, de l’Inde et du Japon. Nous appuyons aussi une présence plus importante des pays africains au Conseil de sécurité, notamment parmi les membres permanents.

Se pose également la question de la présence d’un pays arabe parmi les membres permanents du Conseil de sécurité.

III. Mais, en l’absence de progrès, c’est-à-dire en l’absence de négociations lors de cette session, il faudrait en tirer les conséquences et réfléchir à l’option d’une réforme intérimaire, qui a été proposée conjointement par le Président de la République française et le Premier Ministre britannique.

Certains nous demandent de préciser les paramètres de cette proposition. Ma délégation est convaincue que ces paramètres doivent être le résultat d’une négociation ; qu’ils ne peuvent être préemptés, mais doivent faire l’objet d’une appropriation par tous les membres.

Encore faut-il qu’un consensus se dégage, dans cette Assemblée, pour s’engager dans la voie de cette négociation. Si c’était le cas, je suis convaincu que des Etats de bonne volonté sauraient alors présenter les documents de travail nécessaires.

Monsieur le Président,

L’alternative qui nous est offerte est désormais claire. Nous connaissons les positions de chacun, pour les avoir entendues de nombreuses fois.

Soit nous continuons cette répétition stérile et la réforme du Conseil mourra lentement à la satisfaction de certains et aux dépens de tous. Soit, au contraire, nous commençons une négociation. C’est une question de volonté politique ; c’est à cette décision que la France vous appelle./.



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