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14 octobre 2010 - Assemblée générale - Deuxième commission - Intervention de M. Frédéric Doré, Secrétaire général de la délégation française à la 65ème Assemblée générale des Nations unies

" Suivi et mise en œuvre des textes issus de la Conférence internationale de 2002 sur le financement du développement et de la Conférence d’examen de 2008 "



Madame la Présidente,


La France remercie le Bureau de la 2ème commission pour l’organisation de ces discussions et par sa volonté de reforme des méthodes de travail de la 2ème Commission.

Elle s’associe au discours prononcé par la Belgique au nom de l’Union européenne. La France souhaite faire quelques remarques complémentaires dans la perspective de la prochaine présidence française du G20. Elle saisit cette occasion pour saluer la présidence coréenne et lui souhaiter le plus grand succès pour le prochain sommet de Séoul.


Madame la Présidente

Nous avons tous fait le constat des dégâts causés par la crise économique et financière et nous devons travailler de façon coopérative à ce que les failles du système financier et économique international qu’elle a contribué à révéler ne restent pas béantes.

Les discussions des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale qui se sont déroulées à Washington le week-end dernier et qui nous ont été présentées avant-hier, ont confirmé la nécessité de rester vigilants sur le suivi du traitement de la crise mais également de maintenir le haut degré de coopération entre acteurs, qui a été la clef de notre succès collectif.

Madame la Présidente,

Pour que les promesses auxquelles nous avons tous souscrit à Monterrey et à Doha se réalisent pour faire progresser le développement, nous devons, de façon déterminée, jeter les bases d’une croissance inclusive, durable et plus équilibrée.

Dans un contexte où la crise a révélé toute l’importance des filets de sécurité pour faire face à l’impact social de la crise, nous devons approfondir la voie de la protection sociale. Dès juin 2009, le Président de la République française, avait insisté sur la nécessité de lier progrès économique et progrès social dans son discours au sommet de l’OIT sur la crise mondiale de l’emploi. Le constat est désormais confirmé : pour effacer durablement les conséquences de la crise, la croissance devra être créatrice d’emplois.

L’un des axes de notre présidence du G20 en 2011 sera donc de soutenir la mise en œuvre d’un socle universel de protection sociale. Nous comptons pour cela travailler étroitement avec l’OIT et l’OMS.

Madame la Présidente,

L’autre écueil que la France souhaite voir éviter est que le financement du développement pâtisse durablement et structurellement de la crise. La France, lors de sa présidence du G20, aura à cœur de poursuivre ce chantier, déjà lancé par la présidence coréenne, et veillera à la prise en compte par le G20 des besoins spécifiques des pays en développement et en situation particulière.

Il nous reste cinq ans pour remplir les Objectifs du Millénaire pour le Développement. Beaucoup de progrès ont été réalisés mais il nous faut faire plus.

La France est convaincue qu’il nous faut inventer de nouveaux modèles du financement du développement et des biens publics mondiaux. L’aide publique au développement " traditionnelle " ne peut pas tout. Le Président de la République à la tribune des Nations Unies l’a rappelé : " il faut trouver de nouvelles sources de financement pour la lutte contre la pauvreté " et pour la réalisation des OMD.

Une déclaration a déjà été signée par la présidence japonaise du Groupe pilote, la Belgique, la France, l’Espagne, la Norvège et le Brésil en faveur des financements innovants du développement, et en particulier d’une contribution infime des transactions financières. Les rapports d’expertise ont conclu à la faisabilité technique, juridique et économique de cet instrument. De nouveaux pays rejoignent cette initiative amorcée par six pays du Groupe pilote. C’est une piste que la France entend faire avancer lors de sa présidence du G8 et du G20. Elle souhaite travailler étroitement avec les Nations unies sur ce sujet.


Madame la Présidente,

La France est persuadée que nous nous ne pouvons pas continuer avec la gouvernance héritée du XXème siècle. Pour reprendre les propos du Secrétaire général, l’année qui vient est celle de tous les possibles. La France souhaite participer à cette réforme pour contribuer à l’émergence d’une nouvelle gouvernance mondiale, porteuse d’une plus grande solidarité.

La réforme de la gouvernance mondiale sera à cet égard une des grandes priorités de la France, avec la réforme du système monétaire international et la lutte contre la volatilité des prix des matières premières.

La France souhaite en particulier œuvrer à une meilleure articulation entre le G20 et le système des Nations Unies qui est, de façon incontestable, la seule organisation jouissant de la légitimité universelle.

Nous sommes persuadés que les relations de travail entre ces enceintes, complémentaires par ailleurs, doivent évoluer et se renforcer dans un esprit coopératif. Le suivi de la crise économique et financière doit nous encourager à poursuivre ce dialogue confiant qui nous a permis d’éviter des conséquences encore plus dramatiques de la crise.

A cet égard, la France salue l’initiative du président de l’Assemblée générale d’organiser des réunions informelles avant et après le sommet de Séoul. La France entend apporter à cette occasion sa contribution aux débats et, tout au long de sa présidence du G20, poursuivre le dialogue avec l’Assemblée générale.

Je vous remercie.



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