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17 février 2010 - Assemblée générale - Commission de consolidation de la paix - Intervention de Mme Isabelle Dumont, représentante de la France

Madame et Messieurs les co-facilitateurs,

Souscrivant pleinement à la déclaration prononcée par l’Union européenne, j’aimerais, brièvement, ajouter quelques éléments :

— Je souhaiterais avant tout féliciter les trois co-facilitateurs fraichement nommés, qui engagent aujourd’hui officiellement la révision de la Commission de consolidation de la paix, décidée de concert par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité en 2005. Je veux aussi les remercier d’avoir organisé cette réunion qui doit dégager de premières pistes de réflexion.

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,

— Cette révision prévue en 2010 est une étape primordiale pour la CCP. De notre point de vue, il n’est ni nécessaire ni souhaitable de tout remettre à plat mais il serait bienvenu de procéder à un examen sincère, avec pour objectif de faire apparaître les atouts mais aussi les faiblesses de la CCP, et d’en tirer les conclusions adéquates. Cet examen devrait ainsi conduire à la fois à préciser ou redéfinir le niveau d’ambition qui devrait être celui de la Commission, mais aussi à proposer des améliorations aux méthodes de travail et au fonctionnement de la CCP. Pour pouvoir être mise en œuvre, une stratégie doit en effet s’appuyer sur des moyens.

— La CCP n’a pas encore montré toute sa valeur ajoutée. Plusieurs autres pays pourraient bénéficier de ce cadre, mais hésitent à se porter candidats. C’est une réalité que nous devons analyser et à laquelle nous devons apporter des réponses.

Qu’attendons-nous de cette Révision ? Nous la voulons concrète, efficace, ambitieuse tout en étant pragmatique. Permettez-moi de mentionner quelques points qui semblent particulièrement importants.

— La CCP gagnerait sans doute à mieux mesurer son impact, par exemple en précisant davantage les mesures qui doivent être mises en œuvre au titre de la relation qui s’engage entre la CCP et le pays qui entre à son ordre du jour. Des cadres stratégiques plus détaillés, et adossés à un calendrier au moins approximatif, pourraient permettre de mieux les mettre en œuvre, tout en renforçant l’appropriation nationale, tellement essentielle à la consolidation de la paix.

— Nous voulons que cet examen permette à la CCP de renforcer son rôle de coordination et de cohérence tant sur le terrain qu’ici à New York. La commission doit être au cœur des échanges entre les capitales, New York et le terrain, afin de répondre plus efficacement aux besoins des gouvernements et des populations sortant de conflits. Cela suppose notamment de développer les vidéoconférences, de mieux préparer les voyages de la commission sur le terrain, et d’intensifier les échanges avec les capitales des Etats engagés sur place. Il est essentiel que les Présidents des formations-pays, ainsi que le Bureau d’appui à la consolidation de la paix, bénéficient directement des informations venant du terrain. Concrètement, il faut que la CCP ait au sein de chaque mission un relais bien identifié qui transmette les informations pertinentes, et que les différents responsables à New York puissent contacter.

— L’essentiel de l’effort doit porter, de notre point de vue, sur les missions de terrain : c’est là que le lien avec les gouvernements sont les plus forts, et c’est là que les Nations unies apportent concrètement leur expertise. Mais pour que la CCP ait une véritable valeur ajoutée, il est nécessaire que la coordination qui se fait à New York au sein des formations-pays ait un équivalent sur le terrain : à quoi serviraient des réunions de concertation à New York si cette concertation n’a pas d’équivalent sur place ? Les missions des Nations unies dans les pays à l’ordre du jour de la CCP doivent véritablement prendre en compte ce rôle essentiel, en relayant sur place les messages de New York, et inversement.

— Si la CCP en tant que telle n’a jamais eu comme vocation principale d’apporter une aide financière aux pays inscrits à son agenda, elle doit jouer un rôle plus important en matière de dialogue avec les institutions financières internationales et avec l’ensemble des bailleurs bilatéraux et internationaux, en développant ainsi sa valeur ajoutée de cohésion dans ce domaine.

— Nous espérons ainsi que de nouveaux mécanismes seront mis en place grâce à cette Révision, pour renforcer les capacités d’analyse de la CCP. Elle pourra alors jouer pleinement le rôle de conseil qui lui a été attribué en 2005. Souvenons-nous : la CCP a été crée voici 5 ans pour mieux prendre en compte la transition entre maintien de la paix et consolidation de la paix. Lors du débat qui s’est tenu le 12 février au sein du Conseil de sécurité sur les stratégies de transition et de sortie, de nombreux Etats membres ont souligné l’importance de la CCP et leur volonté de la voir jouer un rôle plus important en matière d’avis et de recommandation vis-à-vis du Conseil de sécurité. Beaucoup reste à faire en la matière : la CCP doit se montrer plus ambitieuse dans ce domaine pour être plus crédible et mieux jouer son rôle. Comme beaucoup d’autres intervenants l’ont noté, une implication plus stratégique du Bureau d’appui à la consolidation de la paix est essentielle pour permettre à la CCP de répondre à toutes les attentes.

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,

— Pour parvenir à ces objectifs, notre travail de réflexion doit commencer dès aujourd’hui. Il ne s’agit pas de réfléchir à la forme que prendra la révision, ni aux aspects institutionnels - cette question se posera en temps voulu - mais de s’interroger en profondeur sur le rôle de la CCP et les moyens concrets de mieux l’assumer.

— Nous encourageons vivement tous les Etats concernés à participer à cette révision afin qu’elle soit un processus ouvert, transparent et flexible, et à nouveau nous apportons tout notre soutien aux trois co-facilitateurs./.



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