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19 septembre 2011 - Plénière de l’Assemblée générale - Intervention de M. Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé à la réunion de haut niveau sur les maladies non transmissibles

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M. Xavier Bertrand - 19 septembre 2011 -New York - UN Photo/Marco Castro


Monsieur le Secrétaire général,

Monsieur le président,

Madame le Directeur général de l’OMS,

Mesdames et messieurs les présidents et chefs de gouvernements,

Mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues,

Madame le Directeur général,

Mesdames, Messieurs,


Les maladies non transmissibles (MNT) sont un des défis majeurs auxquels nos systèmes de santé sont aujourd’hui confrontés. Nous connaissons le nombre de victimes, 36 millions. Nous connaissons les objectifs ambitieux, moins 25%. Mais je le dis, cela ne sera possible que s’il y a une réelle prise de conscience, un changement des comportements mais certainement aussi des mesures plus contraignantes et des financements innovants.


C’est un défi parce que contrairement aux maladies transmissibles les MNT ont de multiples causes, sanitaires, mais aussi culturelles et sociales.


Certains modes de vie, certains comportements, comme le tabagisme, la sédentarité, l’usage nocif de l’alcool et une alimentation déséquilibrée en sont la cause. La seule réponse sanitaire n’est donc pas suffisante. Soigner ne suffit pas et il faut aussi prévenir.


Prenons par exemple la lutte contre l’obésité : c’est un fléau. Ce sont de multiples causes et il faut mener la lutte sur plusieurs fronts : en amont de la prise en charge médicale des personnes obèses, je crois à l’éducation pour changer les comportements, pour prendre des habitudes alimentaires saines, et pour promouvoir l’exercice physique à tout âge, c’est lutter aussi contre les inégalités sociales qui jouent un rôle si important dans les problèmes d’obésité. C’est aussi agir sur l’offre alimentaire pour faciliter l’accès à une alimentation équilibrée. C’est l’approche du plan obésité que nous portons en France, en complément d’un Programme National Nutrition Santé (PNNS), mais je le dis, il faut certes inciter, mais il faut aussi travailler sur d’autres mesures, plus contraignantes, si nous voulons voir changer les comportements, notamment ceux des fabricants. De la même façon, les recommandations de l’OMS sur la taxation des produits sucrés et des boissons sucrés pour faire changer les comportements est aussi une voie qu’il faut explorer. Avec le Plan Cancer, nous voulons dans mon pays intégrer toutes les dimensions de la question, la lutte contre les causes multiples, le dépistage, la prise en charge, l’accompagnement, le rôle des aidants et bien évidemment la recherche.


Je veux saluer le rôle de l’OMS pour coordonner cette action avec toutes les organisations internationales que ce soit dans le domaine du travail, de l’environnement, du développement ou de l’éducation, qui jouent un rôle clef pour la prévention.


J’ai eu l’occasion de le dire à l’OMS, à Genève, en mai dernier et je veux le redire aujourd’hui : nous devons agir pour que l’ensemble des pays prennent conscience de l’enjeu des MNT et inscrivent cette problématique dans l’agenda du développement au niveau mondial. Entendons-nous bien : tout est important en matière de santé. Tout est important - la sécurité sanitaire, les maladies infectieuses - mais il s’agit aussi d’inscrire les MNT au cœur de notre agenda.

En donnant accès à la prévention et aux soins de santé primaires, et je pense notamment que la convention cadre de lutte contre le tabac initiée par l’OMS est exemplaire. Une convention signée, c’est bien, mais une bonne convention -comme c’est le cas- appliquée, c’est encore mieux. Nous savons quelles sont les actions. En 2006 pour ma part, j’ai voulu mettre en place en France l’interdiction de fumer dans les lieux publics, pour lutter contre le tabagisme passif, pour changer les comportements, mais il nous faut encore aller plus loin.


Par ailleurs, cette lutte contre les MNT s’inscrit ainsi pleinement dans l’une des priorités du G20, et au titre de la présidence française nous voulons renforcer la protection sociale, à travers le développement de socles de protection sociale adaptés à la situation de chaque pays.


Nous avons bien évidemment des besoins importants : il faudra des moyens plus importants, et il faut réfléchir aux financements innovants.


Je l’ai dit, tout est important en matière de santé, mais face aux contraintes des pays pour augmenter l’aide publique, chacun sait que les financements innovants seront une nécessité pour demain et après-demain, par exemple la réflexion portée par l’OMS sur une contribution des fabricants de tabac n’est pas pour moi une question taboue. Si nous n’avançons pas dans ces voies aussi, les moyens engagés ne seront pas suffisants pour relever ces défis.


Mesdames et messieurs,


Le rôle de la communauté internationale est de permettre l’accès de tous aux soins essentiels, aux traitements essentiels, et de trouver les meilleures réponses pour prévenir et lutter contre les MNT.


En lien avec l’OMS, nous avons toutes et tous une responsabilité majeure en tant que ministres notamment pour agir en ce sens.


Je vous remercie.



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