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25 octobre 2011 - Assemblée générale
Réunion informelle sur le sommet du G20 de Cannes - Intervention de Monsieur Jean-David Levitte, conseiller diplomatique du Président de la République

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M. Jean-David Levitte lors de la réunion informelle sur le sommet du G20 de Cannes - 25 octobre 2011 - Photo/Franceonu - Asrar Yassin Mohamed


Monsieur le Président de l’Assemblée générale,

Monsieur le Secrétaire général,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Chers collègues,


C’est pour moi un honneur d’être à nouveau parmi vous à New York. Je voudrais tout d’abord remercier de son invitation le Président de l’Assemblée générale. Je salue également la présence du Secrétaire Général des Nations Unies et je le remercie de son importante contribution au succès du sommet de Cannes.

Je me réjouis de cette rencontre entre la présidence en exercice du G20 et la communauté internationale. Je m’en réjouis parce qu’elle devient désormais un rendez-vous incontournable et je voudrais saluer le travail réalisé l’année dernière par la Corée, pour informer et associer l’ensemble des Nations unies aux travaux du G20.

La France s’est engagée avec beaucoup de détermination dans le sillon ainsi tracé et je suis heureux de revenir devant vous aujourd’hui. La France accorde en effet une importance capitale à l’ouverture du G20 à l’ensemble de la communauté internationale. Le G20 ne peut pas, et ne doit pas, être un club fermé. Même si les pays membres du G20 représentent 85% du PIB mondial, l’ouverture aux autres est une condition de sa légitimité.

Comme vous le savez, le Président Sarkozy a consacré beaucoup de temps, dès le début de la présidence française, aux consultations. Il s’est rendu au Sommet de l’Union africaine en janvier à Addis-Abeba. Il a beaucoup consulté, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du G20, les chefs d’État et de gouvernement, les dirigeants des organisations internationales, mais aussi ceux des syndicats, des entreprises et de la société civile.


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Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,


Nous avons voulu une année de présidence du G20 utile, avec des résultats et des avancées tout au long de l’année plutôt qu’une concentration de tous les enjeux sur un événement unique : le Sommet annuel. Je reviendrai dans un instant sur ces travaux et je veux d’ores et déjà remercier les organisations internationales, à commencer par l’ONU et ses institutions spécialisées qui ont apporté leur concours très efficace à l’agenda de notre présidence.


Mais bien entendu, compte tenu de la situation économique mondiale, le Sommet de Cannes devra avant toute chose se concentrer sur la réponse à la crise, qui affecte non seulement la zone euro, non seulement les Etats-Unis, mais aussi les économies émergentes et par voie de conséquence l’ensemble des pays en développement.


Le G20 a montré en novembre 2008 à Washington, puis en avril 2009 à Londres, qu’il était efficace pour faire face à la crise. Le message à cette époque était clair : il fallait « réparer » le système financier, s’engager à renoncer au protectionnisme pour éviter la répétition des erreurs commises dans les années 1930 et coordonner les efforts de relance. J’ajoute bien sûr la réforme des institutions financières internationales, qui a permis un rééquilibrage devenu indispensable en faveur des pays émergents.


Nous avions pu croire en 2010 que le G20 devrait à l’avenir se réinventer pour gérer l’après-crise, mais les récentes évolutions économiques enregistrées tant dans les pays développés que désormais dans les pays émergents nous ramènent malheureusement vers la gestion de crise. Ce sera donc la priorité absolue du Sommet de Cannes.


Nous souhaitons qu’à Cannes, le G20 puisse adopter un véritable plan d’action pour la croissance et les emplois. Le sommet sera d’abord et avant tout jugé sur ce sujet. Il devra pour cela s’appuyer sur des mesures de politique économique concrètes prises par les principales puissances. Je pense bien sûr aux Etats-Unis, à la Chine, aux Etats de la zone euro, mais aussi au Japon, au Royaume-Uni ou au Brésil. Je ne vais pas détailler ici ce que nous attendons collectivement de chacun mais il est important de saisir que désormais les politiques économiques des uns ont des répercussions importantes sur la croissance économique des autres. Nos économies sont devenues interdépendantes. C’est la réalité du 21ème siècle à laquelle le G20 doit répondre.


Je n’ai pas besoin non plus de souligner devant vous la difficulté de la tâche. Si le message de Londres pouvait être de manière univoque la relance, et celui de Toronto, la consolidation budgétaire, celui de Cannes devra être plus différencié : certains Etats ont besoin de se concentrer sur les mesures de soutien à l’économie, d’autres sur la consolidation de leurs finances publiques, d’autres encore sur le rééquilibrage de leur modèle économique en faveur de la consommation intérieure.


Je sais que beaucoup dans cette salle estiment qu’il revient d’abord aux pays de la zone euro de régler leurs problèmes avant de demander aux autres de faire un effort. J’ai pour vous aujourd’hui deux messages.


Le premier est que la zone euro fait son travail. Le Conseil européen et le sommet de la zone euro de samedi et dimanche derniers ont permis d’enregistrer de bons progrès sur tous les sujets en discussion : le traitement durable de la dette grecque ; la mise en place d’un Fonds européen de stabilité financière doté d’un effet de levier puissant de nature à rassurer les marchés ; la recapitalisation des banques européennes au niveau nécessaire ; enfin le renforcement du gouvernement économique de la zone euro. Demain mercredi nous aurons une nouvelle réunion au sommet des 27 pays de l’Union européenne puis des 17 pays de la zone euro pour adopter le détail des mesures. L’Union européenne apportera ainsi une contribution majeure à la stabilisation et à la croissance de l’économie mondiale.


Mon deuxième message, c’est qu’il est vain de chercher les responsables de la crise. Il faut se concentrer sur les solutions à apporter. Après la faillite de Lehman Brothers, nous ne nous sommes pas tenus au bord du chemin en attendant que les Etats-Unis s’occupent de leur système bancaire. Nous avons tout de suite voulu mettre en place une coopération plus forte entre les pays principalement impactés par la crise financière, car c’était la seule manière d’être à la hauteur de l’enjeu. Aujourd’hui, c’est la même chose : personne n’est à l’abri de la crise économique et ce ne serait pas un bon calcul de spéculer sur l’échec des autres puisque l’interdépendance de nos économies assure une rapide transmission des déséquilibres. C’est pourquoi la France appelle tous les pays du G20 à prendre des mesures adaptées à la situation et tous les pays non membres du G20 à soutenir les efforts collectifs qui seront entrepris pour restaurer la confiance.

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Pour autant, le Sommet de Cannes, même dominé par le thème de la croissance et de la restauration de la confiance, ne se limitera pas à ce plan d’action.


Nous voulons marquer des progrès sur les nouveaux sujets mis à l’agenda du G20 par la France à la fin de l’année 2010, comme la réforme du système monétaire international ou la lutte contre l’excessive volatilité des prix. Ils sont non seulement utiles pour une meilleure régulation de la mondialisation, mais ils sont dès maintenant des éléments complémentaires du plan d’action pour la croissance.


Qui ne voit qu’il est indispensable de progresser vers un nouvel ordre monétaire international, reflétant les nouvelles réalités économiques et évitant les déséquilibres des marchés des changes qui avaient failli dégénérer en guerre des changes il y a un an seulement ? Qui ne comprend que les désordres sur les marchés des matières premières, qui ont conduit à des fluctuations excessives des prix agricoles ou énergétiques, sont un frein à la croissance et plus grave encore, sont directement responsables de catastrophes humanitaires ?

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Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,


Permettez-moi de rentrer un peu plus dans le détail en ce qui concerne le système monétaire international, élément indispensable d’une croissance durable, forte et équilibrée :


Le G20 s’est accordé sur 9 axes précis de réforme, depuis le séminaire réussi de Nankin le 31 mars dernier, co-organisé par la Chine et la France. Je signale à votre attention les 4 principaux axes :

— 1er axe : la composition des droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international : le G20 travaille en particulier sur les critères d’intégration de nouvelles monnaies dans le panier des Droits de Tirage Spéciaux (DTS).

— 2ème axe : un cadre de référence pour la gestion des flux de capitaux : il s’agit d’avoir des références communes pour répondre à des brusques entrées ou sorties de capitaux et éviter des réactions de type protectionniste qui seraient déstabilisatrices.

— 3ème axe : le renforcement de la réponse aux chocs systémiques à travers la mise en place de nouvelles facilités de liquidité du FMI, en cas de crise régionale. Nous souhaitons par ailleurs que le FMI articule au mieux ses instruments avec les fonds mutuels de soutien créés par l’Europe avec le Fonds européen et par l’Asie avec l’accord de Chiang Mai.

— 4ème axe enfin : le G20 travaille sur le renforcement de la surveillance, bilatérale et multilatérale, du FMI, portant notamment sur les effets de contagion économique et financière d’un pays, ou d’une zone, vers le reste du monde.

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Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,


Parmi les réponses structurelles à la crise, je voudrais souligner combien il est important que l’agenda économique intègre un agenda social ambitieux. Le Secrétaire général a eu raison de le souligner.


Nous avons réussi, à la demande du Président Sarkozy, à ancrer la dimension sociale de la mondialisation dans l’agenda de travail du G20. Pas pour en faire un thème de plus. Mais pour souligner que la réponse à la crise ne sera efficace que si elle inclut une préoccupation renouvelée et partagée pour l’emploi, pour la protection sociale et pour les droits sociaux.


Fin septembre, les Ministres de l’emploi ont scellé un accord qui permettra au G20 de progresser dans ce domaine essentiel au cours des prochaines années.


Nous avons obtenu le soutien de tous les membres du G20 au concept de « socles de protection sociale » et à l’initiative des Nations unies élaborée dans ce sens. Les conclusions de la Conférence internationale du travail qui s’est tenue à Genève en juin dernier, de même que les recommandations du Groupe consultatif présidé par Michelle Bachelet, ont été totalement prises en compte. Bien entendu, les socles de protection sociale sont définis au niveau national et doivent prendre en compte les spécificités de chaque pays, mais leur utilité a été soulignée par tous.


Les organisations internationales jouent un rôle central dans la mise en œuvre de l’agenda du G20, je l’ai déjà dit. C’est particulièrement vrai dans le champ social : l’OIT a donné son accord au G20 pour instaurer un mécanisme de coordination et de consultation, et pour fournir des plateformes de partage des connaissances sur les bonnes pratiques en matière de protection sociale. Ils devront être opérationnels d’ici le Sommet du G20 au Mexique en juin 2012. Et je voudrais ici remercier Juan Somavia, directeur du BIT pour sa contribution et sa présence.


Le Président Sarkozy souhaiterait par ailleurs la création au plus vite de postes d’observateurs croisés entre l’OMC et l’OIT pour renforcer encore la cohérence du travail de ces deux organisations.


La France souhaiterait aussi que les 8 normes fondamentales de l’OIT soient partout ratifiées, respectées et qu’il en soit rendu compte. Je sais l’âpreté des débats sur cette question et combien il sera difficile de progresser, mais la France est déterminée à poursuivre ce combat.


Enfin et surtout, la réunion des Ministres du travail du G20 a placé l’emploi en tête des priorités de ses travaux. C’est une préoccupation que nous partageons tous. C’est pourquoi il a été décidé avec la présidence mexicaine qu’une nouvelle réunion ministérielle des ministres de l’emploi aurait lieu en 2012 et qu’un groupe de travail du G20 serait dédié aux questions de l’emploi des jeunes (« task force ») et associerait les organisations internationales et les partenaires sociaux. Pour la première fois cette année, la présidence du G20 a facilité l’organisation d’un « Labour 20 » en parallèle à celle du « Business 20 ». La France espère que le Mexique et les présidences qui le suivront renouvelleront chaque année cette expérience.


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Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,


Permettez-moi maintenant d’en venir aux thèmes de Cannes qui ne sont pas nouveaux sous présidence française, mais pour lesquels nous avons beaucoup travaillé pour enregistrer des avancées concrètes.


En matière de régulation financière, la stratégie du G20 est fondée sur un principe simple depuis le Sommet de Washington : tous les acteurs, tous les marchés et tous les produits doivent être soumis à des règles et à une surveillance appropriée. La régulation de la mondialisation passe aussi, et je dirais peut-être surtout, par les règles applicables au secteur financier.


Sous présidence française, le G20 a travaillé à la mise en œuvre des engagements pris lors des derniers sommets, en particulier celui de Pittsburgh, et sur de nouveaux objectifs.


D’ores et déjà, le G20 a adopté des mesures renforcées pour les grandes banques systémiques. Nous travaillons maintenant sur l’élargissement de la régulation aux entités et aux activités non-bancaires, comme la supervision du système bancaire parallèle, encore appelé shadow-banking, la protection des utilisateurs de services financiers, et la régulation des dérivés de matières premières.


Nous avons aussi réalisé de nouveaux progrès dans la lutte contre les pays et territoires non coopératifs, et notamment les paradis fiscaux et ce sera un sujet important à Cannes. Nous travaillons à une évaluation approfondie des progrès accomplis par une soixantaine de pays en matière de respect des règles pour les échanges d’informations, de lutte contre le blanchiment d’argent ou le financement du terrorisme.


A Cannes, nous espérons que le G20 signera la convention multilatérale sur l’assistance administrative en matière fiscale. La quasi-totalité des pays du G20 se sont engagés à la signer, mais il nous reste toutefois à décider quelques partenaires.


*


Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,


S’agissant maintenant de l’agenda pour le Développement, nous mettons en œuvre le mandat de Séoul. La France est animée d’une conviction : il n’y aura pas de croissance durable pour l’économie mondiale sans développement partagé. Les pays les moins avancés ne sont pas un problème pour la croissance mondiale, mais une partie de la solution pour la renforcer et la pérenniser.


Sous notre présidence, et en étroite association avec la Corée et l’Afrique du sud, qui ont co-présidé le groupe de travail avec la France durant toute cette année, comme l’a souligné le Secrétaire général, nous avons bien avancé sur les 9 piliers qui constituent le plan d’action de Séoul.


De plus, pour la première fois, le G20 a tenu une réunion ministérielle sur le développement, le 23 septembre dernier à Washington. Notre présidence a organisé le 21 octobre à Paris, une Conférence de mobilisation en faveur du développement afin que la société civile joigne ses efforts à ceux des gouvernements.


Avec l’accord de tous nos partenaires du G20, nous nous sommes surtout concentrés cette année sur trois thèmes particulièrement cruciaux : la sécurité alimentaire, les infrastructures et le financement du développement, avec un intérêt marqué pour les financements innovants.


En matière de sécurité alimentaire d’abord, nous avons déjà obtenu des résultats, même si bien entendu, la priorité de la communauté internationale s’est portée ces derniers mois sur la situation humanitaire catastrophique de la Corne de l’Afrique.


Les Ministres de l’agriculture du G20 ont adopté en juin dernier un plan d’action, dont je voudrais souligner deux mesures déjà mises en place :

— tout d’abord, un système d’information sur les données physiques agricoles hébergé par la FAO, appelé AMIS, qui renforcera la transparence des marchés et permettra de mieux les stabiliser ;

— ensuite, un Forum de réaction rapide, lui aussi à la FAO. Il associe les pays qui jouent un rôle significatif sur les marchés agricoles mondiaux et il est destiné à améliorer la coordination internationale d’urgence. L’idée est qu’un pays producteur signale sans délai dans cette enceinte tout problème d’offre qui pourrait avoir un impact sur les pays consommateurs, tandis que les grands pays consommateurs signaleraient mieux leurs besoins.


La France est très engagée également pour obtenir du sommet du G20 un soutien à des initiatives destinées à protéger les pays les plus vulnérables des conséquences de la volatilité excessive des prix des matières premières agricoles. Je pense en particulier au projet pilote, placé sous l’égide de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de réserves alimentaires humanitaires d’urgence pré-positionnées. La réussite de ce projet permettra d’élargir ensuite cette initiative à d’autres régions.


La présidence française veut aussi encourager les pays du G20 à s’engager à ne pas imposer de restrictions aux exportations dont a besoin le Programme alimentaire mondial en cas d’urgence humanitaire.


Enfin, vous le savez bien, la France estime que la principale politique à conduire pour améliorer durablement la sécurité alimentaire mondiale, est de renforcer l’investissement dans l’agriculture. Nous devrons augmenter la production mondiale de 70% d’ici 2050 pour nourrir la population de notre planète. C’est dans toutes les régions du monde que nous devrons encourager la production, mais bien entendu, il nous faut consacrer notre priorité à l’Afrique.


Deuxième sujet prioritaire de notre agenda pour le développement : les infrastructures. L’absence d’infrastructures est l’un des principaux obstacles au développement dans de nombreuses régions du monde, notamment en Afrique. Le G20 a chargé le Panel de haut niveau pour les infrastructures, dont nous avons confié la présidence à M. Tidjane Thiam, de préparer des recommandations concrètes et innovantes pour encourager et renforcer l’investissement dans les infrastructures dans les pays en développement.


Nous avons identifié pour Cannes des projets exemplaires d’infrastructures qui privilégieront autant que possible le niveau régional et qui auront un impact maximal sur le développement économique. Nous œuvrerons pour que les efforts du G20 en matière d’infrastructures restent concentrés sur les pays à faible revenu.


S’agissant du financement du développement, le Président Sarkozy a demandé à Bill Gates de présenter des propositions à Cannes aux Chefs d’État et de gouvernement, pour renouveler les engagements et innover en faveur de nouveaux modes de financement.


Nous avons souhaité que le rapport de Bill Gates évoque les objectifs communs en matière d’APD, auxquels la France est très attachée, et pour lesquels elle a maintenu son effort budgétaire, malgré la situation actuelle des finances publiques (0,50% du PIB de la France en 2010). Mais le rapport comprendra aussi un « menu d’options » concernant des mécanismes de financements innovants. Nous proposerons à chaque pays du G20 de se déterminer sur ce menu et de mettre en œuvre au moins l’une de ces options.


La France considère, avec l’Allemagne, que la taxe sur les transactions financières est le mécanisme le plus efficace. Cette taxe est techniquement réalisable. La Commission européenne a présenté un projet précis et détaillé. Avec le soutien de la société civile et de l’opinion mondiale, qui demandent aux gouvernements de faire mouvement sur cette question, nous souhaitons convaincre non seulement de la faisabilité d’une telle taxe mais aussi de sa nécessité pour faire face aux grands défis du développement. Plusieurs pays non membres de l’Union européenne ont fait part de leur intérêt, notamment de nombreux partenaires africains tels que le Mali, le Bénin, le Burkina Faso, le Congo, la Guinée, la Mauritanie, le Sénégal et le Togo, et je voudrais lancer un appel à la mobilisation de vos pays en faveur de cette idée.

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Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,


Le commerce apporte une contribution absolument majeure à la croissance mondiale. Je ne voudrais donc pas finir cette présentation sans évoquer les questions commerciales.


La huitième conférence ministérielle de l’OMC aura lieu à Genève, du 15 au 17 décembre. Nous savons tous que la poursuite des négociations dans le cadre du mandat de Doha est très difficile. Pour cette raison, la présidence française souhaite que le G20 lance une dynamique de réflexion sur le renforcement de l’OMC. Notre objectif est de montrer l’attachement de tous nos pays au multilatéralisme commercial. L’OMC est le meilleur rempart contre la loi de la jungle et sa capacité à régler les différends doit non seulement être préservée mais elle doit encore être renforcée.


Je ne voudrais pas en dire plus alors que les experts qui se voient chaque jour à Genève échangent entre eux des messages codés par eux seuls déchiffrables, mais la France souhaite qu’un message de confiance dans l’OMC et de lutte contre le protectionnisme soit adopté à Cannes. Nous voudrions aussi bien sûr que des mesures en faveur des pays les moins avancés puissent être adoptées le plus vite possible car c’est tout de même le cœur du mandat des négociations commerciales en cours.

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Mesdames et Messieurs, chers amis,


Vous le voyez, l’agenda du Sommet de Cannes est lourd et nous sommes face à une crise d’une ampleur considérable, qui implique des décisions concrètes, des décisions fortes et un message très clair sur la croissance.


Nous avons beaucoup progressé cette année sur des enjeux de long terme et nous sommes confiants dans l’engagement du Mexique avec succès de poursuivre ce travail en 2012.


Nous sommes aujourd’hui à exactement 8 jours du Sommet de Cannes, qui débute le 3 novembre. Il reste encore du travail à faire. La synergie entre le G20, les Nations Unies et toute la communauté internationale est essentielle pour assurer le succès du sommet. Plus que jamais, nous avons besoin de vous tous. Je suis à votre écoute.


Je vous remercie.



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