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26 juillet 2011 - Assemblée générale - Réunion de haut niveau sur la jeunesse - Intervention de Mme Nicole Ameline, Députée, Vice-Présidente du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes

Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire général

Mesdames, Messieurs,


Je remercie les Nations unies d’avoir organisé ce sommet de haut-niveau sur la jeunesse. Une jeunesse qui a trop souvent été oubliée et qu’il est primordial de replacer au centre du dialogue social, économique et politique.

La France s’associe à la déclaration qui sera faite au nom de l’Union européenne et souhaiterait ajouter quelques éléments à titre national.

La France a toujours considéré la jeunesse comme la pierre angulaire du développement. Nous nous souvenons particulièrement du sommet France-Afrique de 2005 au titre évocateur : "La jeunesse africaine : sa vitalité, sa créativité et ses aspirations". Pour la première fois, des jeunes venus des cinq régions d’Afrique ont pu à cette occasion exprimer leurs ambitions et leurs attentes.

Nous sommes convaincus que l’avenir des jeunes passe d’abord et avant tout par une éducation de qualité pour tous. En France, le budget du ministère de l’Education Nationale constitue le premier poste du budget de l’Etat (21% en 2010) et notre pays est l’un des premiers bailleurs internationaux de l’aide au développement en matière éducative avec un montant total d’aide publique d’environ 1,5 milliards d’euros en 2009.

Outre le soutien à l’éducation de base, dans les pays en développement, la France apporte aussi une aide à l’enseignement supérieur. Elle a accueilli cette année 278.000 étudiants étrangers dans ses universités, ce qui représente environ 12% de l’ensemble des étudiants.

Mais l’éducation, pilier fondamental du développement social et économique des sociétés, doit être en lien direct avec les exigences du monde professionnel. C’est pourquoi nous intervenons aussi en matière de formation et d’insertion professionnelle. Permettez-moi de citer ici simplement et à titre d’exemple l’action que mène la France au Mali et en Côte d’ Ivoire.

Au Mali, entre 2008 et 2010, le Projet d’appui à la jeunesse malienne a permis de former près de 600 jeunes à l’entreprenariat et de financer sous forme de prêts 300 projets de micro-entreprises. Ce projet a connu un réel succès dès sa mise en place et a en outre permis son appropriation par le pays. En effet, des organismes publics et privés maliens en assurent aujourd’hui la pérennisation.

En Côte d’Ivoire, le Projet d’appui à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes, démarré en 2007, a contribué à la mise en place d’un dispositif d’insertion sous la forme d’un réseau de Plateformes de Services. Le Programme des Nations unies pour le Développement a retenu ce projet comme un outil d’insertion modèle dans son Programme régional " emploi jeunes et cohésion sociale ". A ce jour, environ 20.000 jeunes se sont présentés dans les missions locales et 3.500 d’entre eux sont considérés comme insérés.

Enfin et pour conclure, Monsieur le Président, je souhaiterais retenir votre attention sur la situation des jeunes filles, thème qui me tient particulièrement à cœur en tant que Vice-présidente du Comité CEDAW. Aujourd’hui, pas moins de 600 millions de jeunes filles dans le monde vivent des situations de grande vulnérabilité. Elles subissent des difficultés d’accès à l’éducation, des mariages et des grossesses précoces, des inégalités sociales et professionnelles. Un enfant né d’une mère qui sait lire a 50% de chances en plus de vivre après l’âge de 5 ans. Les femmes qui ont bénéficié d’une éducation post-primaire sont 5 fois plus susceptibles d’être informées sur le VIH/SIDA que les femmes analphabètes. Près de 2/3 des 792 millions d’analphabètes dans le monde sont des femmes. En 2010, seuls 9 des 151 chefs d’Etats élus étaient des femmes. La convention CEDAW est un outil particulièrement utile pour lutter contre les discriminations à l’égard des femmes et la mise en œuvre des engagements pris par les Etats dans ce cadre est essentielle.

Nous devons donner la priorité à notre jeunesse et particulièrement aux jeunes filles pour construire un monde et un développement durable plus justes et sans pauvreté.

Merci de votre attention.



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