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28 juin 2011 - Assemblée générale - Débat thématique sur la place des Nations unies dans la gouvernance mondiale - Panel sur la gouvernance économique mondiale - Intervention de M. Jean-Sébastien Conty, Direction générale de la mondialisation au ministère des Affaires étrangères et européennes



Monsieur le Président,

La France souhaite tout d’abord s’associer à la déclaration prononcée par l’Union européenne et tout particulièrement saluer l’organisation de ce débat thématique sur la gouvernance mondiale, ainsi que ce panel consacré à la gouvernance économique mondiale.

Les termes de mon intervention reprendront, en les précisant, les éléments déjà présentés dans la contribution nationale au rapport du Secrétaire général consultable en ligne.

En premier lieu la gouvernance économique mondiale s’inscrit dans une triple réalité, celle de l’interdépendance, de la souveraineté et de la diversité.

L’interdépendance tout d’abord : Les différentes crises qui se sont succédé (financière, économique, sociale, alimentaire, énergétique), ont montré l’étendue de cette interdépendance tout comme la nécessité de tenir compte des limites et des contraintes de la planète.

La souveraineté ensuite, qui demeure au cœur du système international, mais qui doit tenir compte des nouvelles réalités du XXIe siècle. Il est ainsi essentiel de pouvoir définir un équilibre entre souveraineté et action collective.

La diversité enfin : la gouvernance économique mondiale ne saurait imposer un modèle unique applicable à tous. Elle doit prendre en compte à la fois les aspirations universelles des peuples - comme exprimées récemment dans le monde arabe - tout en reconnaissant les spécificités de chaque pays, de chaque peuple. Vous connaissez l’attachement de la France à la diversité culturelle.

Quels sont dès lors les principales lacunes de la gouvernance économique mondiale ?

Les lacunes de la gouvernance économique mondiale sont patentes. Le multilatéralisme se heurte à deux grands écueils :

— celui du déficit de représentativité : le système international actuel ne reflète pas de façon adéquate les réalités du XXIe siècle ;

— celui d’un manque d’efficacité : le système international devient de plus en plus complexe et peu cohérent, donnant souvent lieu à des doublons et à une fragmentation. Il devient illisible pour les citoyens.

La France, qui assure la Présidence du G20 en 2011, estime que les Nations Unies et les groupes informels comme le G20 sont complémentaires. Les groupements d’Etats jouent un rôle utile pour donner les impulsions politiques mais ne peuvent décider au nom de tous. Ils peuvent permettre une réponse rapide à la crise et contribuent à coordonner les politiques macro-économiques. Ils ne peuvent en revanche pas porter à eux seuls la réforme de la gouvernance économique mondiale.

L’un des grands enjeux de la réforme de la gouvernance économique mondiale consistera dans ce contexte à combiner la légitimité des institutions universelles, l’efficacité du G20 et l’expertise des organisations spécialisées et des institutions financières internationales selon un " triangle de cohérence ", opportunément décrit par P. Lamy.

Monsieur le Président,

Comment améliorer la gouvernance économique mondiale ?

La meilleure approche consiste à s’appuyer sur l’expertise existante, en particulier aux Nations Unies.

La France souhaiterait souligner à cet égard quelques axes clés de sa vision de la nécessaire réforme de la gouvernance économique mondiale.

— L’efficacité : la poursuite de la réforme des organisations internationales est nécessaire (par exemple, la réforme de la FAO et la création d’un mécanisme de réaction rapide aux crises alimentaires).L’ECOSOC doit pour cela être réformé pour être pleinement l’organe de coordination des activités des Nations Unies dans les domaines économiques, sociaux et connexes, en tant que forum visant à accroître la cohérence du système. Des propositions doivent être formulées pour améliorer et développer la gouvernance dans les domaines où elle reste insuffisante (notamment environnement et eau).

— La redevabilité : La pratique initiée par la Corée puis par la présidence française du G20 consistant à organiser des séances d’information sur les réunions du G20 à l’Assemblée générale des Nations Unies devrait être poursuivie par les présidences suivantes, avec l’appui du Secrétariat des Nations Unies et de la présidence de l’AGNU. Cela passe également par la participation systématique du Secrétaire général des Nations Unies, de son sherpa et de ses équipes à l’ensemble du processus du G20.

— La redevabilité consiste aussi à améliorer les méthodes de travail non seulement entre les Nations Unies, le G20 et les institutions financières internationales mais aussi au sein du système des Nations Unies lui-même par l’approfondissement et la généralisation de la réforme " Unis dans l’action " décidée en 2006. Concernant les activités de terrain, il convient de franchir une nouvelle étape tout en garantissant un maintien des flux financiers de l’aide, afin d’aboutir à un meilleur partage des responsabilités.

— La cohérence : dans la perspective de la Conférence Rio+20 de juin 2012, le développement durable - dont un des piliers est économique - représente un enjeu de mise en cohérence et de gouvernance que les Nations Unies ne doivent pas manquer.

— La valeur ajoutée : une attention prioritaire doit être portée à la rationalisation du système multilatéral, notamment des Nations Unies, pour éviter les duplications d’organes et de mandats, en veillant à ce que les agences et les fonds se recentrent sur leur cœur de métier.

La France tient à conclure en remerciant le Président de l’Assemblée générale qui a su donner corps au débat sur la réforme de la gouvernance mondiale et plus particulièrement à la redevabilité exigée à l’égard de l’action du G20.

Je vous remercie de votre attention.


Pour en savoir plus, consultez notre fiche sur la présidence française du G20.



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