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8 novembre 2011 - Assemblée générale
Réforme du Conseil de sécurité - Intervention de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Vous avez souhaité faire de la réforme des Nations unies l’une des priorités de votre mandat. Dès votre discours inaugural, vous avez mis l’accent sur la réforme du Conseil de sécurité et sur la nécessité de poursuivre les efforts consentis jusqu’ici.

Vous avez raison, il faudra nous appuyer sur le processus et les initiatives de la 65ème session de l’Assemblée générale pour aller au-delà des discours convenus et pour espérer voir un Conseil reflétant davantage la réalité du monde d’aujourd’hui, un Conseil adapté aux défis nouveaux, un Conseil capable d’assumer pleinement ses responsabilités face aux grandes crises qui menacent la paix et la sécurité internationales.

Beaucoup de chemin a été parcouru depuis que nous sommes entrés en 2009 dans le processus des négociations intergouvernementales conduit par l’Ambassadeur Tanin. Ce chemin, nous l’avons fait grâce aux efforts du facilitateur, des Présidents successifs de l’Assemblée générale et des Etats membres. Il nous a permis de mettre en évidence des éléments de convergence que nous pourrions creuser, par exemple s’agissant de l’élargissement du Conseil dans les deux catégories de membres, permanents et non permanents. Il faut maintenant que nous fassions preuve d’un peu d’imagination pour entrer dans le vif du sujet. Par respect pour le travail accompli, le sur-place ou le retour en arrière ne sont pas envisageables.

Les exigences sont simples, toujours les mêmes : la réforme du Conseil doit tenir compte de l’émergence des nouvelles puissances qui ont la volonté et la capacité d’assumer la responsabilité d’une présence permanente au Conseil de sécurité et qui sont, conformément à la Charte des Nations unies, en mesure d’apporter une contribution importante à l’action du Conseil au maintien de la paix et de la sécurité internationales.
C’est dans ce contexte que la France soutient la présence, parmi les membres permanents, de l’Allemagne, du Brésil, de l’Inde et du Japon, ainsi qu’une représentation des pays Africains. La question de la représentation d’un pays arabe se pose également.

Au-delà, la position de la France n’a pas changé : nous nous tenons prêts, comme de nombreux Etats de bonne volonté dans cette Assemblée, à travailler activement pour dépasser les blocages et les positions de principe.

Cela pourrait passer par l’examen d’une solution intérimaire, selon une idée proposée conjointement il y a plus de trois ans par le Président de la République française et le Premier Ministre britannique. Les modalités et les paramètres de cette solution ne sont pas prédéterminés ; ils devront être le fruit des négociations des Etats membres.

Monsieur le Président,

Cette réforme ne doit pas passer au deuxième rang de nos priorités, car elle risque d’y rester indéfiniment. Avec le président des négociations intergouvernementales, il est en votre pouvoir, monsieur le Président, de donner une impulsion décisive aux discussions.

Faire entrer les Etats membres dans une véritable négociation relève d’une volonté politique partagée : les orientations que vous donnerez seront essentielles à cet égard. Une réforme ambitieuse du Conseil de sécurité – qui pourrait intervenir après une période de transition – demandera de l’audace et de la persévérance.

La France est prête à vous apporter toute sa contribution et son soutien dans la poursuite de cet objectif.



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