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9 mars 2011 - Assemblée générale - Groupe de travail du G20 sur le développement - Intervention de M. Tomasi, Directeur de l’économie globale et des stratégies de développement

Je vous remercie pour l’opportunité qui m’est donnée de m’exprimer devant vous.

Il nous tient à cœur de monter les raisons de l’entrée du développement dans le G20, d’en expliquer le processus et de montrer l’articulation et la complémentarité qui peuvent exister entre les travaux du G20 et les travaux que vous menez ici même aux Nations unies sur le développement. Il me semblait indispensable avant de tenir la première réunion du groupe de travail sur le développement qui se réunira les 21 et 22 mars prochain à Paris d’avoir cet échange avec vous ici sur l’agenda du développement du G20.

D’abord, pourquoi le développement au G20 ?

Je suis souvent interrogé sur la légitimité du G20 pour aborder la question du développement. Ce n’est pas tant la question de la légitimité qui m’intéresse que la question de l’utilité. Il me semble qu’en effet, si le G20 peut être utile en matière de renforcement de la coopération économique internationale, il a un devoir d’aborder aussi la question du développement et de la situation des pays les plus vulnérables. Mais au-delà de cette réflexion, l’entrée du développement au G20 est sans nul doute une marque des évolutions profondes que nous avons connues depuis une quinzaine d’années au niveau international.

Un premier constat qui s’impose est que la mondialisation ne permet plus un traitement séparé des questions de coopération économique globale et des questions de développement. Nous vivons dans un monde d’interdépendances, les questions sont étroitement liées, il n’y a pas de développement d’une économie séparée de façon totalement autonome qui n’interfère pas avec la situation économique de ses voisins.

Le deuxième constat qui s’impose est que les bénéfices de la mondialisation, qui ont porté notamment sur la croissance des grands pays émergents et la sortie de la pauvreté de centaines de millions d’êtres humains au cours des deux dernières décennies, se heurtent désormais à des problèmes de gouvernance et de régulation au niveau mondial, régulations des économies qui sont sources de déséquilibres. De fait, le G20, en inscrivant les questions de développement à son agenda, ne fait que prendre acte des évolutions de ces dernières années :

Il ne peut plus y avoir une politique séparée, celle de la coopération au développement qui serait réduite à un outil spécifique qui est l’aide au développement. Il y a désormais un enjeu universel de prospérité mondiale qui doit mobiliser tous les outils de la coopération économique pour assurer un développement plus durable, plus équilibré. C’est un renversement de perspectives important qu’exprime parfaitement le " consensus sur le développement " que nous avons approuvé au G20 de Séoul. Je veux insister sur le fait que, c’est au G20 de Toronto qu’il a été décidé d’inscrire la question du développement au G20, mais c’est donc au G20 de Séoul que sous la présidence coréenne - et qui était plus légitime au sein du G20 que la Corée étant donné son parcours et sa trajectoire économique pour inscrire ce sujet au G20 ? - on a fait évoluer la thématique sur la croissance. Vous savez que depuis quelques années on parlait au sein du G20 de cet objectif d’un cadre pour une " croissance forte, durable et équilibrée ", équilibrée au sens où il fallait réduire les grands déséquilibres macroéconomiques mondiaux. Au G20 de Séoul dans le consensus sur le développement on a introduit la notion de " croissance partagée ". Ce n’est pas ici, dans cette enceinte où on connait le sens des mots, que j’expliquerai que parler de croissance partagée, a une signification tout à fait particulière.

L’autre élément qui me paraît important dans ce " framework " que nous avons adopté sur le développement au G20, c’est aussi une approche positive des pays en développement qui consiste à dire que les pays en développement ne sont pas un problème qui appelle un traitement séparé, je dirais presque pathologique, mais au contraire c’est peut être là que se trouve la solution pour relancer la croissance mondiale sur la base d’une augmentation de la consommation et de l’investissement des pays en développement. Il y a une vision optimiste du rôle que les pays en développement peuvent jouer dans la croissance mondiale et la recherche d’une croissance plus équilibrée.

Un mot sur la Corée encore parce que je trouve que c’est assez emblématique que ce soit la Corée qui ait pris cette initiative d’inscrire le développement à l’agenda du G20. L’histoire de la Corée nous montre qu’il n’y a pas de fatalité au sous-développement. La Corée au début des années 1970 avait le développement de nombreux pays africains, d’un pays moins avancé. Aujourd’hui c’est la quatorzième puissance économique mondiale. Elle a présidé le G20. Elle est un donateur du comité d’aide au développement. Ces dynamiques renouvèlent en profondeur pour nous les grilles de lecture du développement. La théorie classique du développement en effet enseignait que les pays en développement souffraient d’un déficit d’épargne qui devait être compensé par les pays donateurs par des aides à la balance des paiements et des aides à l’investissement, les budgets nationaux ne pouvant prendre en charge que les dépenses courantes. Or, aujourd’hui, on voit bien qu’on est en situation de front renversé à l’échelle mondiale où ce sont des pays en développement, les pays émergents, qui accumulent des capacités d’épargne, donc des réserves de change, et nous avons des économies avancées qui au contraire, elles, accumulent des déficits internes et des déficits externes. Tout cela doit nous amener à revoir nos schémas et nos approches des problématiques de développement. Or le G20, qui représente d’abord deux tiers de la population mondiale (on dit souvent que le G20 représente 85% du PIB mondial mais il représente d’abord deux tiers de la population mondiale), nous semble disposer d’un certain nombre de leviers pour influer positivement sur les grands chantiers économiques nécessaires à la prospérité commune. Il appartenait donc d’intégrer au cœur de son agenda la question du développement. Il est en effet, me semble-t-il, particulièrement bien placé pour adresser des questions touchant à la cohérence des politiques économiques et touchant à la question d’une meilleure redistribution des fruits de la mondialisation.

Cette inscription du développement à l’agenda du G20 traduit aussi la conviction que si le G20 a su répondre efficacement à la crise économique des années 2008-2009, nous sommes toujours face à des déséquilibres structurels très importants et qu’il convient maintenant de s’attaquer à ces problèmes structurels. Parmi les déséquilibres qui nous semblent être porteurs de crises potentielles à venir, il y a bien sur les déséquilibres nés des écarts de développement. L’histoire récente est en effet celle de la différenciation croissante des trajectoires de développement entre les pays en développement, entre ceux qui ont émergé, qui ont un rôle de puissance économique mondiale, et puis les pays les plus pauvres, notamment les Pays les moins avancés. Force est de constater que les écarts de revenus dans le monde se sont beaucoup creusés ces vingt dernières années. Ainsi le revenu par habitant dans les PMA a augmenté moins vite que la moyenne mondiale. En moins d’une décennie, l’écart entre les revenus du milliard le plus riche et du milliard le plus pauvre de la planète a augmenté de 60%. Depuis 1990, l’écart du PIB par habitant entre le pays le plus élevé et le pays le plus faible en Afrique a plus que doublé. On voit bien qu’au sein même des régions, parfois même des Etats, se creusent des inégalités porteuses de déstabilisation sociale et politique. Enfin, les pays pauvres ont aussi été affectés de manière disproportionnée par la crise financière de 2008. En réponse à cette crise, il nous semble qu’il importe d’évaluer les réformes de structure que nous pouvons mettre en place à l’aune aussi de leur impact sur la situation des pays les plus pauvres.

Comment allons-nous travailler au G20 ?

D’abord, il y a un groupe spécifique d’experts sur le développement qui a été mis en place. Mais nous allons y travailler de manière transversale parce que les questions de développement ne peuvent pas être limitées à une filière ou uniquement à des questions touchant spécifiquement les pays en développement. Nous aurons l’occasion d’aborder ces sujets à travers la filière développement que je copréside avec mes collègues sud-africain et coréen. Elle rendra compte aux sherpas qui eux-mêmes feront des recommandations finales aux présidents, aux chefs d’Etat et de gouvernement du G20.

Nous aborderons aussi certains thèmes à travers les filières " finance ", à travers la réunion des ministres de l’Agriculture (et vous avez eu il y a peu la visite de Bruno Lemaire) et à travers aussi une réunion des ministres en charge des questions d’emploi et des questions sociales. Bien sûr, les sherpas auront la responsabilité d’assurer la cohérence de tous ces sujets. Nous pensons en effet que loin d’être un risque il y a là une opportunité de mieux articuler encore une fois les questions de développement, les questions sociales et les questions économiques, la question du développement, la question de la régulation des économies et la question de la dimension sociale de la mondialisation.

Cela étant dit, devant l’ampleur des défis que nous avons à relever, nous nous sommes beaucoup interrogés sur la valeur ajoutée du G20 sur ces questions. Nous avons essayé de définir un plan d’action et des thèmes de travail qui soient cohérents avec le mandat du G20. Il ne s’agissait pas pour nous de nous attaquer à l’intégralité des questions, à l’intégralité des sujets, mais d’essayer de travailler sur les sujets qui sont étroitement corrélés avec le mandat général du G20. C’est pour ça que nous avons décidé d’identifier neuf piliers où nous essayons de nous concentrer sur l’objectif intermédiaire de la croissance économique. Ce n’est pas l’objectif final qui bien sûr est le développement humain, les OMD. Il s’agit de voir comment on peut utiliser des leviers pour accélérer la croissance économique, donc l’accès à l’emploi, donc la création de la valeur ajoutée, donc la distribution de revenus par habitant plus importants et par ce biais favoriser l’accès aux services sociaux de base. C’est là que nous pensons pouvoir être utiles et jouer de la complémentarité avec le travail qui est fait au sein du système des Nations unies sur les questions particulièrement liées aux OMD.

Pour résumer, les pays membres du G20 essaient de se concentrer sur les moteurs de la croissance dans les pays en développement et notamment dans les pays à faibles revenus. Par cela, nous actons deux choses : d’une part la vocation du G20 de travailler sur les questions de coopération économique et de renforcer la coopération économique, et d’autre part un attachement à une division du travail et à une complémentarité à rechercher avec le travail fait dans d’autres enceintes, et notamment bien sûr au sein du système des Nations unies, des banques de développement, et aussi au sein d’organisations internationales comme l’OMC.

Pour nous, France, il nous semble que le système des Nations unies demeure donc le lieu de construction des légitimités représentatives et normatives à l’échelon international. Ce n’est pas le rôle du G20. C’est d’ailleurs l’un des consensus fort au sein du G20 que de s’en tenir strictement à son rôle de forum de coopération économique. Les Etats membres du G20 tiennent, et la France en particulier, à s’inscrire dans l’agenda international du développement et à veiller à donner une impulsion politique au plus haut niveau en privilégiant les actions concrètes qui feront l’objet d’un suivi.

En 2011 aussi, nous allons essayer bien sûr de nous articuler étroitement avec les grandes conférences qui sont programmées sur l’agenda du développement. Je pense en particulier à la conférence des PMA à Istanbul où nous organiserons un " side event " pour dialoguer avec les PMA sur leurs priorités, sur leurs requêtes, sur leurs attentes vis-à-vis du G20, et puis bien sûr au forum de haut niveau de Busan sur l’efficacité de l’aide puisqu’il sera organisé par nos collègues coréens.

Le plan d’action du G20 en matière de développement.

Vous le savez, nous avons identifié neuf piliers qui recouvrent 24 actions sur un certain nombre de thématiques étroitement articulées avec les questions de croissance économique et de régulation économique.

- Le premier pilier ce sont les infrastructures, sujet qui nous paraît central. Vous savez qu’il y a eu beaucoup d’études récemment qui ont montré l’impact de l’absence ou des dysfonctionnements en matière d’infrastructures dans les pays en développement. Un récent rapport de la Banque mondiale rappelait qu’on estime que l’insuffisance d’infrastructures en Afrique fait perdre 2% de taux de croissance par an à l’Afrique et qu’elle réduit en moyenne de 40% la productivité des économies.

- Il y a bien sûr la question des ressources humaines que nous n’avons pas voulu approcher par la question de l’accès à l’éducation de base puisqu’elle est déjà prise en compte par l’objectif du millénaire de l’accès pour tous à l’éducation de base, mais plutôt via la question de l’accès à l’emploi, de l’employabilité de la main-d’œuvre et des questions touchant à la formation professionnelle.

- Il y a un troisième pilier qui est bien sûr le commerce. Les questions traitées concernent l’accès au commerce, l’accès au marché des pays en développement, mais aussi comment l’aide internationale peut favoriser le renforcement des capacités en matière commerciale.

- Le pilier quatre, c’est l’investissement privé et la création d’emploi. Il nous paraît central. Je prendrai encore une fois l’exemple du cas de l’Afrique. Avec les perspectives actuelles de croissance démographique, on estime qu’il y aura environ 400 millions de personnes qui arriveront en âge de travailler en Afrique sub-saharienne dans les vingt prochaines années. La question de la création de l’emploi est centrale et pour cela il faut renforcer l’investissement privé.

- Le cinquième pilier c’est la sécurité alimentaire, notamment pour les pays les plus pauvres. Vous savez que nous devons augmenter, vu les tendances démographiques, de 70% la production alimentaire mondiale d’ici 2050 et nous faisons face à un ralentissement des gains de productivité et de l’investissement dans l’agriculture, en tout cas dans les pays en développement. Avec la flambée nouvelle des prix des denrées alimentaires nous sommes tous assez inquiets des risques de crise alimentaire. Le Président de la République a souhaité mettre un accent particulier sur la question de la réduction de la volatilité des prix des produits agricoles.

- Le sixième pilier tient à ce qu’on appelle la croissance résiliente. J’étais ce matin dans un débat sur les PMA. Ce qui caractérise les PMA c’est leur vulnérabilité, leur vulnérabilité économique, leur vulnérabilité financière et surtout leur vulnérabilité aux chocs exogènes. Ce qu’on a vu dans la crise de 2008 c’est qu’elle est venue des pays du Nord, des économies avancées, elle s’est propagée très rapidement du fait des interdépendances. La question est aussi comment nous aidons à mettre en place des mécanismes de croissance économique plus résilients à ces chocs exogènes. Nous avons identifié deux sous-thèmes : le premier c’est la protection sociale, comment renforcer les mécanismes de protection sociale donnant un certain nombre d’assurances pour l’accès aux services sociaux de base. Le second concerne les transferts des migrants dont on sait qu’ils peuvent jouer un rôle contra-cyclique en cas de crise. Comment pouvons-nous aider à la réduction des coûts des transferts des migrants, à l’augmentation des volumes et à leur orientation vers des investissements plus productifs ?

- Le septième thème est la finance inclusive, c’est-à-dire l’accès des populations les plus pauvres aux systèmes financiers. C’est de toute façon un thème qui était traité dans le cadre de la filière " finance " mais que nous voulons investir d’un point de vue " développement ".

- Le huitième est la mobilisation des ressources domestiques. C’est un sujet central. Comment prémunir aussi les pays en développement contre une excessive dépendance à l’aide ? Parce que la résilience d’une économie dépend aussi de sa capacité à générer des ressources fiscales domestiques. On l’a bien vu pendant la crise de 2008 où un certain nombre de pays étaient confrontés à la faiblesse de leurs recettes fiscales les empêchant d’avoir une action contra-cyclique soit pour relancer l’économie soit pour protéger les populations les plus vulnérables.

- Le neuvième et dernier pilier, qui me paraît être un pilier extrêmement important auquel les pays émergents membres du G20 sont très attachés, à juste titre, c’est un pilier qu’on a appelé le partage des connaissances. Ce pilier doit ouvrir la discussion à deux sujets : (i) comment mieux coopérer ensemble à travers la coopération Nord-Sud, la coopération Sud-Sud, la coopération triangulaire, l’efficacité de l’aide internationale ? (ii) comment mieux assurer la dissémination des meilleures expériences de trajectoires économiques et de trajectoires de développement ? Cela me paraît extrêmement important. Là aussi, nous assistons à un mouvement important dans la réflexion sur le développement : non seulement un consensus est en train de se créer sur le fait qu’il n’y a pas qu’un seul modèle de développement qui viendrait des expériences des économies avancées transférées vers les économies du Sud, mais qu’il y a au Sud, en Amérique latine et en Asie notamment, des trajectoires en matières de développement, des " success story " très importantes qui méritent d’être mieux connues, mieux explicitées. Il importe donc de faire connaître et de disséminer les expériences et les leçons apprises de ces trajectoires.

Nous nous sommes organisés pour travailler sur ces neuf piliers en utilisant l’expertise des organisations internationales. Nous ne prétendons pas tout inventer. Nous avons besoin de l’expertise des organisations internationales. Donc nous les avons réunies dans un groupe de travail technique, de soutien technique, et nous avons demandé aux organisations les plus compétentes sur les différents piliers, de nous préparer des rapports, des analyses, qui viendront alimenter nos discussions et nous permettre d’élaborer des recommandations pour nos chefs d’Etat et de gouvernement.

Un mot sur ce travail des organisations internationales. D’abord, nous avons fait l’effort d’essayer d’arriver à une démarche inclusive mettant à bord toutes les organisations internationales. J’ai fait le compte exactement ce matin, nous avons à travers ces neuf piliers, 23 actions à délivrer et nous avons demandé aux organisations internationales de travailler ensemble mais en identifiant à chaque fois une ou deux organisations chargées de coordonner le travail. Nous sommes arrivés à un équilibre où les IFI au sens large - Banque mondiale, FMI, banques multilatérales, banques régionales de développement, WTO, et je mets l’OCDE dans cette catégorie - sont citées une quinzaine de fois comme ayant un rôle de coordination des travaux et les agences des Nations unies stricto sensu, du PNUD aux agences spécialisées comme l’OIT, sont cités treize fois. Donc nous sommes parvenus à un équilibre. La deuxième chose, c’est que nous avons demandé à ces organisations de travailler ensemble et de nous présenter des rapports conjoints. Nous ne voulons pas recevoir des rapports séparés de chaque organisation qui viendrait défendre la position propre de ses instances. Nous souhaitons utiliser l’expertise internationale disponible et travailler sur la cohérence et la complémentarité des organisations en les amenant à travailler ensemble et à nous produire des rapports communs, quitte bien sûr à faire à l’intérieur de ces rapports état de nuances ou de réserves sur certaines options. Je vous signale cela parce que c’est aussi un argument de gouvernance internationale : faire en sorte que les organisations internationales travaillent ensemble, jouent sur leur valeur ajoutée comparative plutôt que sur leurs différences.

S’agissant maintenant des priorités pour la présidence française, nous avons une vraie difficulté à gérer : nous sommes en présidence pour un an, la présidence du G20 est calée sur l’année civile mais en fait le sommet se tiendra début novembre à Cannes. Et donc nous avons neuf mois utiles pour préparer des recommandations aussi pertinentes que possibles pour nos chefs d’Etats et de gouvernement. C’est un calendrier très contraint compte tenu de l’ambition du plan d’action de Séoul.

Le Président Sarkozy a mis l’accent sur deux thèmes dont j’ai parlé, qui sont les thèmes des infrastructures et les thèmes de la sécurité alimentaire, parce que nous pensons que sur ces deux thèmes nous pouvons peut-être arriver à faire bouger les choses. Sur les infrastructures il s’agit surtout, compte tenu de la recapitalisation des banques multilatérales de développement, de faire en sorte qu’elles soient maintenant en capacité de mobiliser leurs financements pour des infrastructures, notamment régionales, très utiles dans le domaine des transports, de l’eau, et notamment de l’énergie. Dans le domaine de la sécurité alimentaire, j’ai dit aussi pourquoi nous avons pensé qu’il était important d’essayer d’atteindre des résultats sur ce sujet.

Mais nous voulons essayer de travailler sur l’ensemble des piliers et d’aller aussi loin que possible sur l’ensemble de ces piliers pour être en mesure de délivrer des actions concrètes que nous pourrions ensuite mettre en œuvre à travers nos instruments bilatéraux de coopération ou à travers les agences multilatérales. Dans les autres sujets sur lesquels nous voulons notamment travailler, il y a cette question de la croissance résiliente et de la protection sociale, notamment en lien avec les travaux demandés par le Secrétaire général des Nations unies à la commission Bachelet sur la question du socle universel de protection sociale. C’est un sujet qui nous paraît important. Il y a aussi la question de la mobilisation des ressources domestiques, et puis le sujet du partage des connaissances.

Voilà pour les priorités, l’agenda et le processus. Sachant encore une fois que, en la matière comme dans les autres sujets qui sont à l’agenda du G20, le G20 ne décide pas. Le G20 est une instance de concertation pour essayer de mettre en place des stratégies plus coopératives pour affronter des questions globales qui supposent des réponses collectives. Le G20 fera des recommandations, fixera des orientations. Ensuite il faudra mettre en œuvre ces orientations soit à travers l’action des administrations nationales des pays membres du G20 et de tous ceux qui souhaiteront nous accompagner, soit à travers les instruments de coopération internationale et les agences multilatérales de développement. Il faudra donc ensuite que ces sujets soient abordés dans les instances de gouvernance de ces agences. Le G20 ne peut être qu’en impulsion et en proposition pour mieux articuler les décisions de coopération économique et les questions de développement, et s’attacher enfin à faire en sorte que les premières aient l’impact le plus positif possible sur les pays en développement.

Je vous remercie pour votre attention et je suis à votre disposition pour vos commentaires, vos suggestions ou vos questions si vous avez besoin d’éclaircissements.



(…)



Il y avait beaucoup de questions. Je vais essayer de structurer les réponses. Tout d’abord sur les questions du dialogue et de la concertation, nous avons vraiment souhaité faire un effort pour que notre présidence soit aussi inclusive que possible. Par exemple, pour parler du sujet sur lequel je suis mobilisé, ce groupe de travail sur le développement nous le coprésidons à trois, et je vous l’assure comme j’en ai assuré mes deux co-chairs la semaine dernière que nous allons effectivement et concrètement co-présider ce groupe de travail ; et je trouve que cela fait beaucoup de sens qu’il soit présidé par un représentant d’un pays donateur, la Corée, j’ai dit tout à l’heure le parcours de ce pays, et puis un représentant d’Afrique du Sud qui apportera cette sensibilité africaine. A l’intérieur du groupe aussi, je n’ai pas voulu rentrer dans les détails, mais nous avons pour chaque pilier, identifié des responsables qui sont chargés de préparer nos réunions, de préparer les réflexions et d’animer la coordination. Et pratiquement tous les pays se sont portés volontaires pour animer la réflexion sur un thème particulier.

Enfin, pour répondre aux questions sur les organisations régionales, d’abord nous avons effectivement au sein du G20 des pays qui sont des pays en développement, en tout cas toujours classés comme tel par le Comité d’aide au développement de l’OCDE et qui assurent la présidence de certains groupes régionaux informels : l’Argentine est en présidence du G77, l’Indonésie préside l’APEC. Nous inviterons, vous savez qu’il est tradition qu’à chaque réunion au sommet du G8 il y ait des pays invités, la Guinée Equatoriale qui préside l’Union Africaine, et l’Ethiopie qui préside le NEPAD. Je souligne que ce sont deux PMA. Tous ces pays seront associés au processus préparatoire qui mènera au sommet de Cannes. Et puis nous inviterons aussi les Emirats Arabes Unis qui président le Conseil de coopération du Golfe et Singapour qui coordonne les réflexions du 3G, notamment ici au sein des Nations unies. Nous pensons que de cette façon nous avons une présidence plus ou moins inclusive qui permet d’associer plus de sensibilité que celle représentée par les vingt pays membres du G20.

Sur le rôle du G20, je partage tout à fait ce qu’a dit le représentant mexicain et c’est logique puisque le Mexique présidera l’année prochaine le G20, il succédera à la France et je vois qu’il est déjà dans son rôle et qu’il est déjà en état d’assurer cette présidence !

Sur les questions d’information, je souhaitais avoir ce premier contact avec vous, avant la première réunion du groupe de travail développement, car il est important de voir quels sont vos sujets de préoccupation, vos idées. Je ne suis pas en état de répondre précisément à toutes vos questions parce que nous n’avons pas vraiment débuté le travail, nous allons vraiment le lancer le 21 mars. Ensuite nous allons élaborer ensemble, au sein du groupe de travail, par consensus comme on le fait ici, j’espère, des solutions. Les réponses qui sortiront du sommet de Cannes ne seront pas les réponses de la présidence française. Ce seront des réponses portées par la présidence française mais négociées, imaginées et préparées par l’ensemble des pays du G20, donc il est encore un peu tôt. Je suis tout à fait disposé dans le courant de l’année, si vous le jugez nécessaire de revenir faire des séances d’information. Je pense qu’une réunion importante de notre groupe sera fin juin-début juillet, parce que là nous aurons beaucoup de rapports qui vont arriver des organisations internationales, donc nous allons vraiment rentrer dans la substance. Puis nous aurons une troisième réunion du groupe en septembre, et ce sera vraiment la réunion finale où nous devrons préparer nos recommandations pour les leaders. On peut prévoir une séance d’information ou d’autres sessions d’information si vous le jugez utile, avant cette troisième réunion, et je peux le faire d’ailleurs avec mes collègues coréen et sud-africain.

Sur les questions touchant au fonctionnement du groupe et de dialogue avec les Nations unies, la place des Nations unies. D’abord nous allons essayer de mener beaucoup de sessions " outreach " dans beaucoup de pays qui ne sont pas membres du G20 sur des thématiques particulières, on va essayer justement d’associer le maximum de pays. Ensuite, nous avons décidé, je dirais presque de suivre, certaines des recommandations du groupe 3G. Mais je lisais dans l’avion hier un document de l’ECOSOC qui citait certaines propositions du 3C : (i) il y avait cette idée de consultation avant les réunions du G20 avec les Etats membres des Nations unies et je crois que c’est important, c’est pour cela que nous y accordons de l’importance et que je suis là. (ii) La participation du Secrétaire général des Nations unies et de son sherpa dans toutes les réunions préparatoires est actée, effectivement ce n’est pas formellement écrit parce que, comme l’a très bien dit le Mexique, le G20 n’est qu’un forum informel de dialogue et de coopération. Il n’y a pas de texte fondateur, pas plus qu’on ne peut écrire que la France est membre du G20, on ne peut écrire que le Secrétaire général des Nations unies participe à toutes les réunions, mais en fait la pratique, la coutume va imposer la pratique. Le Secrétaire général participe donc au sommet, M. Jomo le représente aux réunions des sherpas, et le PNUD siège au groupe de travail développement. Ensuite, comme je l’ai dit, nous allons bien inviter un certains nombre de pays qui ont des responsabilités en matières de présidence d’organisations régionales. Nous ne descendons pas au niveau des organisations sous-régionales, mais les organisations régionales seront bien invitées.

Il y a eu une question sur les engagements, d’abord les engagements du G8 en matière d’APD : est ce qu’on va les suivre ou est ce qu’on les abandonne et on les jette par la fenêtre ? et puis les engagements du G20. Pour le G8, je peux répondre précisément : vous savez qu’au sommet du G8 du Muskoka nous avons publié un rapport sur la façon dont globalement l’ensemble des membres du G8 et individuellement chaque pays, nous avons mis en œuvre nos engagements pris en matière d’aide publique au développement depuis le sommet de Gleneagles de 2005. Il a été décidé à Muskoka de faire un nouveau rapport au sommet de Deauville qui aura lieu en mai prochain. Cette fois-ci, nous avons décidé de le cibler sur les engagements pris dans deux secteurs particuliers dans lesquels le G8 est engagé, qui sont le secteur de la santé et le secteur de la sécurité alimentaire. Pour le G20 : cela dépendra des discussions à venir et de la volonté de l’ensemble des partenaires du G20 de mettre en place un système de monitoring de nos discussions et nos engagements. Il n’y a pas encore de décision, nous avons dans le plan d’action clairement dit que nous voulons mettre en place un système de monitoring mais le G20 est un groupe, je dirais, moins homogène que le G8, il y a certains pays qui ne se considèrent pas comme des donateurs traditionnels donc je ne sais pas si nous aurons le même type d’engagements et le même type de suivi des engagements.

Il y avait une question sur les paradis fiscaux, là je peux rassurer, il y a toujours un travail qui est mené sur les juridictions non coopératives qui est fait à travers le Global fiscal forum logé à l’OCDE. C’est l’OCDE mais il rassemble 97 pays donc bien au-delà des 34 Etats membres de l’OCDE. Ce travail est en cours et nous attendons des recommandations de ce groupe pour le sommet de Cannes mais ce sera abordé à travers la filière " finance ". Cela étant dit, au niveau de la filière " développement ", nous avons demandé au FMI, aux Nations unies, à l’OCDE de travailler sur la question, comme je l’ai dit, de la mobilisation des ressources fiscales et au Global Fiscal Forum de nous faire un travail spécifique sur l’impact justement de l’évasion fiscale et des paradis fiscaux sur les pays en développement, pour voir éventuellement quelles sont les mesures de coopération que l’on pourrait prendre pour notamment renforcer la capacité des pays en développement à rentrer dans ce processus d’échange d’information fiscale et de développer leur capacité en matière de lutte contre l’évasion fiscale.

Il y avait une autre série de questions qui touchaient à la sécurité alimentaire. D’abord, sur la sécurité alimentaire, là aussi le champ est ouvert, le plan d’action de Séoul a cité plusieurs questions sur lesquelles nous pouvons travailler. Je ne peux pas bien sur encore vous dire quelles seront les questions sur lesquelles nous serons en capacité d’identifier des solutions, mais dans celles-ci il y a la question de la production. Personnellement, je pense qu’on ne fera pas face à l’augmentation des besoins sans faire des efforts de réinvestissement dans le secteur agricole. Vous savez que l’APD dévolue au secteur agricole dans les années 90 représentait 15% de l’aide au développement total, elle est tombée à 5% dans les années 2000. Je pense qu’il y a déjà besoin de réinvestir en matière d’aide publique au développement les appuis à la production. C’est toute la question des partenariats privés et l’investissement privé dans le domaine de l’agriculture.

On a aussi prévu de débattre des questions d’investissements responsables dans le domaine agricole. Il y a ensuite la question de la transparence des marchés et de la réduction de la volatilité des prix, mais il y aussi la question des infrastructures, les pistes rurales, les questions de commercialisation. Je pense que dans le cadre du travail sur les infrastructures, nous ferons le lien avec ces questions au-delà des questions de production stricto sensu. Toujours sur l’agriculture, vous avez posé la question de l’impact des subventions agricoles. Là, il y a deux façons de répondre. D’abord je n’ai pas de difficultés puisque Bruno Lemaire lui-même, qui est mon ministre de l’Agriculture, dans cette salle, a rappelé que la France s’était prononcée pour la suppression de toutes les restitutions à l’exportation dans le cadre de la politique agricole commune. Mais la difficulté que nous allons avoir sur ce sujet comme sur le sujet plus large du commerce et de l’accès aux marchés, c’est que bien sûr nous avons les discussions en cours du cycle de Doha. Certains pays ne souhaitent pas avoir des discussions parallèles et considèrent que le lieu naturel de ces discussions c’est au sein de l’Organisation mondiale du Commerce. Je pense cependant que nous pouvons quand même essayer d’aborder quelques sujets comme l’aide au commerce, les facilitations en matière de commerce, et la question de l’accès, puisqu’on a cité dans le plan d’action de Séoul, le sujet de l’accès des produits des PMA aux marchés, libres de droits et de quotas. Je pense qu’il faut qu’on ouvre la discussion sur ce sujet même si nous ne pourrons pas épuiser la discussion, naturellement abordée dans le cadre de l’Organisation mondiale du Commerce.

Il y avait une question sur les flux des migrants, bien sûr ce sont des flux privés. Simplement vous savez qu’on estime que les flux formalisés de migrants représentent quand même trois fois le montant annuel de l’APD. L’APD mondiale c’est 120 milliards, on estime qu’il y a 320 milliards de flux de migrants qui partent de pays de destination des migrants vers leur pays d’origine. Ce sont des sources importantes qui participent au financement du développement, qui participent à des actions contra cycliques, notamment d’accès aux services sociaux de base pour les familles. Simplement il y a, vous le savez, depuis quelques années, une initiative qu’on appelle " 5 fois 5 " qui était née au G8 mais j’espère qu’on pourra quand même en parler au G20. Elle visa à réduire par 5 le coût des transactions des flux de migrants en 5 ans. Cela me parait important parce que plus on diminue les couts de flux de ces migrants, et plus la part qui arrive aux familles est importante. Or quand on fait une comparaison internationale il y a des écarts énormes dans le coût. Ensuite, il y a des initiatives qui ont été prises pour par exemple créer des comptes d’épargne et avoir des avantages fiscaux qui incitent les migrants à placer sur des comptes d’épargne mutualisés et orientés vers de l’investissement productifs ou des investissements dans les villages qui ne soient pas l’achat d’une maison mais par exemple la construction d’une école ou d’un dispensaire. Et je parlais tout à l’heure de l’importance que j’accordais au pilier 9 qui est le " Knowledge Sharing ", il y a l’expérience du Mexique, très intéressante, où quand un migrant met un dollar de transfert vers son pays d’origine, la collectivité locale met un dollar et l’Etat mexicain met un dollar, donc il y a un effet de levier très incitatif pour accélérer et augmenter le volume de ces flux de migrants. Je pense que ce sont des expériences intéressantes dont on pourrait s’inspirer.

Sur le G8, j’ai répondu. Sur les PMA et les pays à revenus intermédiaires, et les petits pays insulaires, à ce stade le G20 n’a pas décidé, comme je le disais, de s’attaquer à tous les problèmes et de rentrer dans des discussions catégorie par catégorie de pays. Il a cité les PMA au sujet de l’accès au marché, et sinon nous essayons d’appréhender l’ensemble des pays en développement et notamment les pays à faibles revenus qui intègrent par définition les PMA et les autres pays cités. Mais je pense qu’il y a des éléments qui sont absolument centraux pour les PMA dans nos discussions. La question de la volatilité des prix par exemple, je disais ce matin : en 2000, les PMA avaient consacré 7 milliards de dollars à financer des importations de denrées alimentaires ; en 2009 ils y ont consacré 25 millions de dollars. On voit donc que la facture s’est multipliée par trois et demi en moins de dix ans. Et il est clair que l’augmentation actuelle des prix des denrées alimentaires va poser un problème de financement des balances des paiements, mais aussi probablement des problèmes sociaux et politiques dans les pays les plus vulnérables, qui sont dépendants des importations alimentaires. Donc si nous arrivons à traiter cette question de comment réduire la volatilité des prix, je pense que nous aiderons les PMA. La question de la croissance résiliente est majeure pour les PMA, puisque la définition même des PMA c’est que ces pays présentent des vulnérabilités économiques très fortes et sont très sensibles aux chocs exogènes.

Autre question qui a été soulevée, c’est la question des filières, de la cohérence dans les filières. Comme je l’ai dit effectivement nous avons une filière " développement ", nous avons une filière " finance ", nous avons une filière " agriculture ", nous avons une filière " emploi ". Un metteur en scène français disait que pour définir la Nouvelle Vague, il fallait de demander " Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? ". J’ai toujours considéré que l’aide au développement c’était un peu la même définition, on a toujours tendance à faire très compliqué quand on pourrait faire beaucoup plus simple. Cela étant dit, au-delà de l’anecdote, il y a une rationalité dans tout ça. Et ce peut être la valeur ajoutée du G20. Depuis longtemps, je pense que les questions de développement doivent sortir d’une approche purement compassionnelle, spécialisée, où on s’intéresse à des pays pauvres par charité. Au contraire, il faut en faire un sujet majeur, politique, de gestion de l’économie mondiale. Et quelque part, tous ensemble, on est en train de construire je pense une politique publique globale qui vise à assurer une meilleure redistribution du revenu mondial, pour faire en sorte que les écarts de revenus se réduisent et que grâce aux OMD, tout le monde ait accès à des services sociaux essentiels. Donc le fait d’aborder, quand on parle d’agriculture, le sujet agricole sous l’angle de l’impact des politiques agricoles sur les pays en développement, cela me paraît essentiel. Aborder la question de l’emploi et des normes sociales en intégrant la problématiques des pays en développement, ca me parait tout à fait essentiel. Ce qu’on a décidé, c’est que en tout cas tous les rapports qui avaient été commandés par la filière développement, que ce soit sur la protection sociale, que ce soit sur le volet agricole, passerons d’abord dans le groupe de travail développement. Nous en débattrons, nous ferons des analyses et des propositions, et ensuite ces rapports pourront aller, pour certaines parties dans les réunions des ministres des finances, pour d’autres parties dans les réunions des ministres de l’agriculture, mais avec nos analyses et nos propositions. Donc les ministres, quand ils en débattront, auront l’analyse des experts du développement. Et il y a clairement des sujets qui relèvent de ces filières là. Par exemple pour la volatilité des prix, il y a le sujet de l’impact des marchés dérivés. La régulation des marchés dérivés relève des ministres des finances, et ne relève pas des ministres de la coopération. Sur la question agricole, nous avons quand même la question de la gouvernance mondiale de l’agriculture, et cela relève aussi de la responsabilité des ministres en charge des questions agricoles. Donc il faut que nous articulions nos réflexions et nos travaux.

Une dernière question mais qui n’était pas tout à fait liée au G20 développement, c’est la question des distorsions économiques créées par les variations des taux de change, et les problèmes des réserves de change et du rôle des DTS. Mais n’abordons pas directement ce sujet dans le groupe de développement, il est abordé au sein du G20 finance. Vous savez que la première réunion des ministres des finances du G20 s’est tenu à Paris il y a deux semaines. Je trouve personnellement qu’ils sont arrivés à un très bon résultat, puisqu’on a eu un accord sur un cadre identifiant des indicateurs permettant de se mettre d’accord sur comment mesurer les déséquilibres macroéconomiques mondiaux, à travers une batterie d’indicateurs. Et c’est déjà un très bon résultat d’être arrivés à un accord sur les indicateurs. Ensuite la France n’est pas du tout dans une logique de dire " c’est au G20 de dire quelle doit être la composition des réserves de change d’un pays. ". C’est le marché qui en la matière oriente les choses, et ce sont les banques centrales qui décident de la composition de leurs réserves de change. Simplement notre analyse c’est que dans l’histoire économique, chaque fois qu’il y a eu des modifications dans les devises utilisées sur le plan international et que des nouvelles devises sont apparues et ont joué un rôle croissant sur les réserves de change, cela a souvent eu un impact en termes de volatilité des prix, des taux, et a souvent eu un impact sur la balance des paiements. Il faut donc se préparer à ces évolutions, parce que nous voyons bien qu’elles sont en cours, qu’il y a de nouvelles devises qui arrivent et jouent un rôle de plus en plus massif en matière de réserve de change, et il faut donc anticiper ces questions et leur impact éventuel au plan macroéconomique. Il faut donc une concertation sur ces questions. Mais encore une fois, il n’est pas question pour nous de dicter à qui que ce soit quelle doit être la composition de ses réserves de change ou le niveau adéquat de son taux de change.

Je pense que j’ai essayé de répondre à l’essentiel des questions. Je vous remercie pour votre attention.



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